‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 374 sur 453 · JULES, CHARANÇON · texte numérisé non relu

JULES, CHARANÇON

JULES , un moment seul.

Or, maintenant ma plus pressante affaire, C'est que mon tilbury quitte enfin la fourrière ; Que j'en puisse au plus tôt acquitter la rançon. Ah! tu viens à propos, mon pauvre Charançon. Il faut, mon bon ami, que tu me sauves.

CHARANÇON

Qu'est-ce ?

De l'argent encore:*

JULES

Oui. Si mon sort t'intéresse ; Si tes soins mainte fois m'ont tiré d'embarras , C'est aujourd hui surtout...

CHARANÇON

Je ne vous comprends pas.

Votre profusion vraiment me désespère.

Vous avez pour tuteur votre sage grand-père : Jamais vous n'attendez après la pension Qu'il vous fait sur vos biens et par provision...

JULES, V interrompant»

Voilà comme on se trompe à croire l'apparence : Ce revenu toujours est consommé d'avance ; Tu vois, sur ce pied-là, que je l'attends toujours. Mais laissons de côté les frivoles discours. II n'est pas question ici d'un vain caprice : Si je n'ai ton secours , il faut que je périsse ; Il faut que je me mette aux mains des usuriers ; Et je n'en vois pas un...

CHARANÇON

Et quand vous en verriez!...

JULES, le cajolant.

Toi seul, mon bon ami...

CHARANÇON, continuafit.

Par actes ni paroles , Vous n'en tireriez pas seulement deux oboles. Par trop de débouchés leur esprit diligent Sait faire circuler et profiter l'argent.

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