BRIGITTE, EMMA
BRIGITTE
Cet homme est singulier Je me trompe peut-être.
Mais je ne pense pas qu'il soit bon à connaître. Il a dans le regard quelque chose de faux.
EMMA
Vous êtes bien adroite à trouver des défauts. Monsieur Francbourff est bon.
B RIGITT E.
Hélas ! ma jeune amie, Ne nous fions jamais à la superficie : Mais laissons ce monsieur; je voudrais , chère enfant, D'un tout petit projet vous parler un instant. Enfin, grâce à mes vœux, aux soins de la famille. Vous voilà sur le point d'être heureuse , ma fille. La princesse vous aime; et je pense qu'Emma De tous mes tendres soins un jour se souviendra.
EMMA, finement.
Vous voulez
BRIGITTE
A la cour il faut aider les vôtres.
EMMA
Tous mes parents, ce soir, les uns après les autres,
Viendront me supplier Ah! rien n'est si plaisant
Convenez que je dois trouver très-surprenant Que l'on me flatte ici comme un grand personnage.
Cet ^ir respectueux me semble un persiflage Qui m'excite à répondre avec un ton railleur. Je finirai bientôt par prendre de l'humeur. v
Lorsque j'aurai le droit d'approcher la princesse ^ Faudra-t-il l'obséder , lui demander sans cesse , Tantôt pour le neveu , tantôt pour le cousin , Pour l'ami d'un ami , pour tout le monde enfin ? Je prévois que l'emploi me deviendra pénible : Mais , madame , pour vous je ferai l'impossible. Que voulez- vous ?
BRIGITTE
Oh ! rien ! . . . Certain poste vacant Où semblent m'appeler mes vertus , mon talent. C'est la direction des jeunes demoiselles Dont l'auguste princesse accepte les tutelles.
EMMA
Quoi! Cet asyle heureux.... ! Mais, voilà votre sœui.