BELVAL, JUSTINE
JUSTINE
.Personne en ce salon !...Bien !... Vous pouvez entrer.
BELVAL
Ali! Justine, est-il vrai ? quoi ! je puis espérer
D'être admis en ces lieux, de voir celle que j'aime!
Ce bonheur. . .
JUSTINE
Est certain , grâce à mon stratagème.
Oui , monsieur , tout est prêt. Marcel me fait la cour 5 Marcel est confident , factotum de Valcour , J'ai su le faire agir , et son maître, vous dis-je , Veut bien vous attacher au journal qu'il rédige. Je vais vous présenter -, et vous aurez l'honneur D'être reçu tantôt apprenti rédacteur.
Seconde édition . ï .^^
BELVÀL.
Que ne te doîs-Je pas ! quel doux espoir me flatte ! Je vais donc tous les jours me trouver près d'Agathe !
JUSTINE
Soyez prudent , songez à nos conventions •
Souvenez-vous surtout de mes instructions.
Cest à Valcour d'abord qu'il faut tâcher de plaire 5
Il règle tout céans , on l'aime , on le révère ,
C'est notre oracle *, ici depuis qu'il est logé ,
D'habitudes , de goûts nous avons tous changé.
Monsieur menait jadis une vie assez triste;
Maintenant , engoué de son cher journaliste,
Et cédant avec joie à ses moindres désirs ,
Il appelle chez lui les arts et les plaisirs ;
Chaque semaine il donne un diner littéraire 5
Des gazettes il fait sa lecture ordinaire ,
Il juge les auteurs , à leurs œuvres souscrit,
Et croit avec Valcour apprendre de l'esprit.
Ce n'est point tout encor. Saint-Clair, mon jeune maître.
Agit comme son père , et va plus loin peut-être :
Il a quitté son droit , et veut se faire auteur.
De notre journaliste ardent admirateur ,
Il n'écoute que lui , s'est mis à son école ,
En a fait son amâ , son héros , son idole ,
Et soumet à ses lois son cœur et sa raison :
C'est une rage enfin ; à toute la maison
Cet homme merveilleux a tourné la cervelle.
Il n'est pas , en un mot , jusqu'à mademoiselle...
BELVAL
Qu'entends-je !
JUSTINE
Eh mais , Valcour est aimable , galant ,