‹ Pièces de théâtreChapitre 100 sur 1241 · II. MARQUIS. Présomptueux !... VOUS · texte numérisé non relu

II. MARQUIS. Présomptueux !... VOUS

croyez encore être une grand* dame !

i.\ PHÉsini mt.. Et je ne le suis pas.. {A part,) Prénom l'oprit de mou rdle*

LE CHATEAU DE MA NfECE.

LE MARQUIS. Vous n'êtes plus qu'une jolie femme.

l\ I'UÉsideate. Ai-je gagné ou perdu au change ?

le M\uoiis. Gagné cent pour cent!...

et nous donc?

I A IMîÉSIDEME. NOUS?

LE M.vr.Qi IS. Heureux celui qui peut fane leconnaître ses droits.

la phéside.mte. Ou ne perd pas de temps pour Ils faire valoir, à ce qu'il me parait.

le muuuis. Le succès en toute chose se dispute ici à la course ; le prix est à celui qui va le plus vite.

LV PRÉSIDENTE. Ail !

LE M vhqms. On coiiimencepar se plaire, par s'aimer.

i.\ l'iusiniNT!:. Avant de se connaître?

-t p« ■ui-eiic prudent.

LE MXRQUIS. Vous pensez?

i \ iMÉsi m:\TE. Il y a tant de gens qu'on ne peui plus aimer quand on les connaît!

i | M \r.(U IS. Heureusement, je ne puis premlie (tla pour une personnalité, car VOUS ne n:e connaisse/, pas.

LV présidente. < )1* î qui ne connaît pas le marquis de Stain ville, l'iiomme le plus spirituel de la cour, dont les bons mots sont cités pai tout?

i i \i tAQUlf. Si l'on vous a dilcela, vous allez (loue que je garde mou esprit pour une nieilleure occasion.

LA l'UÉS IDENTE souriant. Ali! l'on ne peut pas penser que M. le maïquis toit pour l'esprit comme les autres jiour l'ai - ;;< nt , qu'il vienne à la campagne afin de taire des économies?

11: >i vit(»t is. A quoi hou f.iire des économies?.. \c ne compte plus lieu depen-

i.\ i'uimdi.me. Que voulez-vous dirai

i I mxrqi is. Que je mus initié dans la i pelle et positive.

l \ Mil sini.viK. Quelle plaisanterie! M. SJAftQUIA. .leur plii- inle f>lus.

i \ i'Ki snn \ 1 1 . \ eus, c !i ni;'- sVainusee m au roi '

I I ■ IHQ1 is Si fai perdu l'esprit qu'il faut pniu i cl i '

i \ iiiisiiiiMi . riant. Çomnient seraitil | » 1 1 1 1 '

I I haiqi is. D'abord, il faudrait saroir comment il m'était \ nm,

LA PRÉSIDENTS. Vous, n'avez eu qu'à

pai 1er.

i.i siAïQi is. Au contraire ! . je n'ai i ieu du.

i.\ bai \h : ...

CSous rUain tim» fnusë..

la présidente. D'une grande et illustre famille, je le sais... niais continuez donc, je vous écoule.

LE marquis. L'aîné héritait naturellement du titre, de la fortune et d'une grande charge à la cour ; le second eut un

régiment; le troisième — c'était moi

devait entrer dans l'église; je refusai. .. ma famille parla de Malte, de... que sais-je?.. moi, je ne voulus rien entendre.

la présidente. Oui, l'on m'a dit que vous aviez toujours passé pour être uu peu singulier.

le marquis. Pas du tout!., j'étais seulement très-paresseux et fort ignorant ; un précepteur avait été chargé de m'enseigner le latin qu'il ne savait guère, et les usages du inonde qu'il ne savait pas ; mais il ne nie fallait à moi que ma liberté. . . commander ou obéir nie déplaisait également, car ceux qui commandent et ceux qui obéissent ici me semblent également frivoles et mconséquens... Enfin on cessa les prières, et je me crus tranquille possesseur de ma personne... ah! bien oui! je m'aperçus toutà-coup que j'étais l'objet de l'attention ;

le roi nie distinguait, on m'entourait

Devinez ce qui était arrivé?... Pour me donner à la cour une position particulière, ma famille conspirait contre moi ; ou répandait que j'étais sans ambition, dédaiguant la grandeur, méprisant le pouvoir. . . un original enfin!... ce qui suppose toujours un esprit supérieur.

LA présidente. Vous étiez de la conspiration sans le savoir.

LE marquis. On allait jusqu'à me prêter des bons mots, et je nie trouvai sans m'en douter avec une réputation d'homme d'eappit à soutenir , c'est-à-dire avec la charge qui coûte le plus, et qui rapporte le moins.

lv l'HESiDEME. Et, au dire de tous, on ne pouvait la mieux remplir.

LE m \RQITS. IMou pauvre frère aîné, qui u avait lien à désirer, et qui représentait la dignité delà famille, mourut. .. d'ennui peut-être; le second se fit loyalement tuer

L'année dernière, au siège de Prikourg

Fortune, titres, charge, tout me revint

alors ; le roi va nie donner un gouvei neineiit ; nir; p.irens veulent «pie )e me marie; ainsi, l'honneur, la gloire, la postéi ité de la famille reposent maintenant sur nioiMul... se eliai;;ede IY.sprit qui VOUdia... j'ai donné ma démission.

LA I'uMiiimi: Mail on ne l'a peut-être

pal an ept<

m. HAAQJ is. Au reste, moi je ne cou» nais que deux choses au iiiondu, l'eanui

MAGASUV THEATRAL.

et l'amusement.... fuir l'un et chercher L'autre, voilà toute la vie , n'est-il pas

LA PRÉSIDENTE. Mais je parierais que vous trouvez toujours celui que vous ne chercher pas... que serait-ce donc loin de La cour et de Pans ?. ..aussi, je suppose que • mvernement dont vous parliez...

LE BARQl is. Manger à la cour les cent mille éciiii qu'il rapporte*. •

I. \ PRÉSIDENTE. Est tout ce que vous pouvez faire pour la province, n'est-ce pas? S'imagine-t-on M. le marquis habitant une petite ville recevant les notables de Tendron et faisant sa cour... à une présidente peutrét]

LE MARQUIS, riante Ah ! ah!

i \ PRESIDENTE. Eli niais! vous vouliez

, oie faire la cour, à moi?

il MARQUIS. C'est très-différent !... d'abord, j'ai des chances de succè LA PRÉSIDENTE. Je ne crois pas.

LE MARQUIS. Et si je voulais me faire aimer?

LA PRÉSIDENTE. On ne peut pas tout ce qu'on veut.

LE MARQUIS. J'ai bien envie de vous prouver le contraire.

LA PRÉSIDENTE. Ce serait singulier.

LE MARQUIS. Ce serait charmant.

LA PRÉ8IDBNTE. Eh ! mon Dieu! à quoi cela vous servirait-il? est-ce que l'amour d'une femme est un cadeau de noce à pa- 1 1 r la corbeille d'une mariée?

LE marquis. Ah! vous savez?., un projet de mariage?

LA PRÉSIDENTE. Oui, vous offrez votre nom, votre rang, votre fortune à une femme...

LE marquis. Oui ne demande que cela

îoi.

LA PRÉSIDENTE. Vous la prenez sans saelle vous convient, sans désirer qu'elle von-; aime.

MARQUIS. J« De suis pas romanesi il temps que je me ranj

la dente. C'est-à-dire qu'après

foli« B i vous tout seul, vous tire une sottise à deux .' MARQUIS, vivement. Oue tu RS d'eston?

LA PRÉSIDENTE, lui lançant un regard

MARQUIS, d'un ton plus cérémonieux.

.1 ùment Le désir de vous plaire :

i prit et mon cœur se réveillent près

i \ présidente, moqueuse. C'est cela.'... Homme île courel fort ennuyé, vous aimez la nouveauté, n'eat-il pas vu\i.' Oui,

quelque chose ici vous manque, monsieur le marquis, je le parierais! Cette vie inutile, toute de vanité frivole et mesquine ; cette femme que vous épousez sans que votre cœur l'ait choisie, sans que le sien se soit ému pour vous, ah ! tout cela vous semble insipide, n'est-ce pas?... [Avec un profond dédain.)Yous rêviez mieux peut-être?...

mais crovez-vous donc que l'actrice... Lisette ou .Uarton, comme vous dites, puisse vous donner tout ce qui vous manque?

LE MARQUIS. Ce ton dédaigneux...

LA PRÉSIDENTE. Vous étonne?.... Oh ! sans doute ce n'est pas ainsi qu'on accueille d'ordinaire les doux propos de M. le marquis Oui, je sais qu'il est des femmes

étourdies et folles qui cherchent avec empressement ces hommes oisifs qui n'apportent près d'elles que des heures dont ils ne savent que faire, des paroles qui ne veulent rien dire, et une fastueuse inutilité dont ils sont vains. On m'avait dit cela ; mais j'en doutais encore, car jecroyaisqu'une femme devait garder son empressement pour le mérite, son estime pour les talens, son sourire pour ce qui est vraiment aimable, et sa tendresse pour celui dont la vie est glorieuse et utile.

LE MARQUIS. Utile?...

LA présidente. Oui, utile!.... ce qui n'empêche ni d'être agréable ni d'être amusant.... (Riant.)Car convenez-en, monsieur le marquis, il y a bien des gens qui ne sont bons à rien, et qui n'en sont pas moins mortellement ennuyeux... Mais j'entends du bruit... la comtesse sans doute?

LE chevalier, en dehors. Ce n'est pas elle.

le marquis. La voix du chevalier!

LA présidente, à part. Ah! le chevalier qui avait imaginé une si jolie plaisante*-

J'entends aussi Mme de

ne!

LE MARQUIS

Surgis.

11 va au devant d'eux.

LA PRÉSIDENTE, à part, sur le devant.

Bien... voici L'ennemi. ... A mon tour à

présent!... Du courage et même un peu

d'audace ! nous verrons si ce sera toujours

aux dépens de la présidente qu'on rira.

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