SCÈNE XIII
ANTENOR, DUPLESSY.
DUPLESSY , entrant. Ah ! vous voilà , monsieur t..
ANTifoOR. à part. Malheur sur l'importun... (Haut.) Mon zèle vous étonne?
duplessy. Non, non... je ne suis pas surpris de vous trouver ici...
ANTÉNOR. Vous venez me donner ma première leçon ! ce n'était pas pressant, j'aurais attendu avec patience.
DUPLESSY. Moi, monsieur, je suis moins patient que vous... il faut que j'éclate... (Lui montrant sa lettre ) Connaissez-vous cette lettre ?
ANTÉNOR. Enfer! mon épître entre vos mains?
duplessy. Ah! vous convenez donc qu'elle est de vous ?..
ANTÉNOR Eh hien! oui , mon cher Duplessy... j'adore cette femme; dites-moi est-elle vraiment mariée ?..
DUPLESSY. Certainement, monsieur...
et avec un homme respectable.
ANTÉNOR. Malédiction... le mariage est consommé !
DUPLESSY. Que signifie une question aussi burlesque ?
ANTÉXOR Duplessy ne me parlez pas de cette façon ou vous allez me faire grincer les dents... d'après ce que je vois, cette personne est une de vos parentes... je ne vous propose pas de me servir auprès (relie. Les hommes de votre trempe sont Parois de préjugés plus ou moins absurdes. Mais croyez-moi, ne vous mêlez pas de cette intrigue, ne vous mette/, pas en travers de mon amour... C'est un torrent qui vous roulerait dans un précipice.
DUPLESSY. Je vous trouve charmant...
vous aimez ma femme, et vous ne voulez pas que je me mette en travers ?
AXTÉNOR. Ta femme!
DUPLESSY. Oui. monsieur... cette personne est ma femme !
AXTÉXOR. Ta f... et tu oses me l'avouer, et tu ne crains pas (pie je ne te brise le crâne !
DUPLESSY. Voila qui est un peu violent par exemple.
ANTÉNOR.Ta femme!. .Us erovent avoir tout dit, quand ils ont dit : C'est ma femme!.. Et si je te disais aussi : c'est ma femme!., qu'aurais-tu à répondre...
DUPLESSY. Oh !
ANTÉNOR. Oh? al»! oh. ? Eh bien , je le le dis : c'est ma femme...
DUPLESSY.
Air du Jaloux malade.
Grands dieux ! quelle mm déprarétl
Voni n'avez donc ni Toi, ni loi F ANTLKOH.
Oui) c'eft elle que j'ai réféti
TJNE PASSION.
Zlle n'a pn rêver que moi!
J'en suis sûr son cœur se soulève Quand elle aperçoit ton regard ; Ahl c'est moi seul qui suis son rêve Et tu n'es que son cauchemar !
DUPLESSY. Cauchemar!..
ANTÉNOR. Oui, cauchemar!., clic m'appartient, je la veux... rends-la-moi, ou je
te pulvérise...
DUPLESSY. Qu'est-ce que !:>■( qu'un
pareil en erg umè ne ?~ Savez Voua bien que
je suis sur le point de me mettre en colère...
\\Tlv\OR. Ah! tu l'exapères, vieillard récalcitrant... à la bonheur, car je vois que nous tournons dans un labyrinthe dont nous ne pouvons sortir que par une porte.
DUPLESSY. La voilà la porte et dépêchezvous!..
WTÉNOR. Non, non!., il y en a une autre... et cette autre, c'est une catastrophe!..
DUPLESSY. Vous croyez m'cflïaycr avec \o> grands mots!
ANTEHOI&, le prenant ail collet. Peintre! je n'en ai qu'un à te dire, il me faut ta femme ou la mort !..
DUPLESSY. Voulez- voua me lâcher mon
habit?
\\Ti:;\on. Je saurai bien te l*arracher.
duplessy. Sors d'ici f assassin)., ou je cric à la carde 1
\\ii.\or,. Ne nous emportons pa nou^ noua reverrons dans peu...
Dl PLBSSY. Ne t'avises jamais de remettre b-s pieds chei moi...
\\\ i. \Ol\, se retirant. Ta li'iiiin ■■. .. on la mort !
11 s(»rt par k fond.