II AMI II. Y
Bonjour; le premier au rendes-tons que je vous donne, «est un reproche indirect pour moi.
albert, se levant.
Tu n'en mérites pas ; si j'étais une de ces joliet petites bourgeoises. . .
chamilly.
Que j'adore, en masse, oui, je conçois. ( Baissant la voix.) Mais une surtout dont les yeux ravissans. ..
Ont seuls le pouvoir de t'amencr tous les jour» dans ce cabaret.
CHAMILLY
Seuls! non pas; ce cabaret mérite la préférence que nous lui accordons : fondé par Renard, valet de confiance de feu Louis XIII, dont le bon plaisir lui avait octroyé ces quelques toises de terrain, à L'extrémité des Tuileries ; c'est un cabaret de bonne souche, c'est presque de la noblesse; Renard étant mort, l'établissement est échu à son neveu Lustucru, un nigaud, mais qui est dévoué aux partisans de la reine, et qui possède, à mon sens, un plus grand mérite encore.
ALBERT
Lequel?
I 1IAMILLY.
Eh! parDieitj tu de\iues, c'est d'avoir eu la bonne, l'excellente idée d'épouser Pâquerette, la filleule de Renard.
albert, souriant.
Allons, toujours Pâquerette.
chamilly, t' animant.
Ah ! c'est que je la préfère à toutes les autres , c'est que rien n'est plus joli, plus séduisant; mais une vertu !
ALBERT
Désespérante.
CnAMILLY.
Ridicule, dans cette classe-là ; cependant, depuis peu de jours, cela va beaucoup mieux, oui, on s'humanise, on m'écoute, on sourit quelquefois... enfin, tous les symptômes d'une prochaine capitulation.
ALBERT
Bail ! vraiment?
CHAMILLY
Et j'espère qu'aujourd'hui, enfin. ..
ALBERT
Aujourd'hui ! Eh bien, mon cher, si tu ne comptes que sur cette journée et les suivantes, partie perdue.
CHAMILLY
Hein! qu'est-ce à dire?
ALBERT
Que probablement Lustucru a découvert tes petits projets, et qu'il veut être moins nigaud que tu
ne penses, ear aujourd'hui sa femme quitte Paris.
CHAMILLY
Ah ! mon Dieu! Pâquerette!
Ai.ni ut, riant.
Va partir à l'instant.
< ii IM1LLY.
Et je me laisserais jouer delà sorte, moi, Phabus de Chamilly... et par un Lustucru pareil !
ALBERT
Ah! ah! ah!
LE CABARET 1)1 l i STl CRI
CBAHII.LT.
Non, non, de par L>i.- n * et OU v a - 1 - *• 1 1 . : !
albeut, riant toujours.
Je n'en sais rien, \a |«- demander a m» mari
UIAMILLY.
A son... Eh bien, non! que m'importa' je n*ai pas besoin de connaître le but do voyage, pourvu qu'elle ne l'atteigne pat, el pour cela it.fi.chissant.) Oui, très-bien, Émerveille; n. < lor, non domestique, qui est si adroit, si alerte. [Courant au fond et appelant. Il, .
ALli;
Quel est son projet? ( /., domestiqué tmtn
fond, et Cfiatnillij lui parle bat.) Est-ce qu'il drait.. .
< iimiuv Va , dépêche- toi , n vingt-cinq louil aj lu
réussis.
1 (lomcsti<|ur sort m courant.
AI l'.ERT.
Que vas-tu donc fair< ciiAMiii.Y, joyeux, descendant en seine
Un tour sublime, un tour pendable! I tourner la tète au lieutenant de police, et celle du mari par contre-coup; c'esl ce que je veux, c'est ce m'"' j'aime ; \"il i ma rie.
AI. III
Mais d'honneur, jo t'admire; i peine an
Paria, <-t...
< Il V \i I I I Y.
Oui, je comprends: lu t'attei r un pc-
tit gentilhomme du Languedoc, loul empêtré de timidité provinciale; non pas, mon U voulu me formel en un jour ans belles : <-t maintenant j<- veux briller au premier i l'aventure d'aujourd'hui doit ne gagner mes éperons.
Al.l'.l
M. us encore dans quel butl Eh quoi ' la veille d'épouser la nièce du vicomte de rurennc
CIAIIUT.
A la veille; c'est dans quinse jours seulement que mon onde, le commandeur de Lucienne, doit me présenter ;» la* cour, puis ;i ma future. On la dit jolie, spirituelle, tant mieux ;mais, une foi mari, j'aurai b' temps •!<• Pappi el puii je m'occupe d'elle, je viens de me ruiner eu étoffes, «•n dentelles; j'ai uns enréquisition les pins célèbres faiseuses p la corbeille que je veux lui offrir. En entrant dans ma chambre on sa i roirait cbea une de nos coquettes: robes, fraisés, bijoux, :, i [en < m. n- adieu, |*ai I peine le tempe de courir ; d'ailleurs il ne serait pai prudent qne Lnatucru me vil ici
Al ||
Ou vaa-tul