‹ Pièces de théâtreChapitre 1089 sur 1241 · HILDE · texte numérisé non relu

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LE MAGASIN THÉÂTRAL

Air du Piège.

Moi j'aime cet éclat d'un bal, Au bruit des danses enivrantes, Ce luxe...

MATHILDE

Cela me fait mal, ALFRED.

Ces fleurs, ces toilettes charmantes, Cet femmes dont l'heureux essaim Cède à la Vidse qui l'entraîne, Si belles!

MATHILDE

Ces femmes enGn, Qui te font oublier la tienne !

ALFRED. Ah ! quelle idée ! toi-même, je suis sûr que tu resteras avec plaisir, quand la danse t'aura un peu égayée, tiens, tout à l'heure, avec M. Théobald.

MATHILDE. Oui, un original, qui me fatigue de ses airs de fatuité, et de bonne fortune.

ALFRED. Vrai! il doit être amusant!

MATHILDE. Vous trouvez ! s'il vient me parler bas, pour faire croire que je l'écoute... s'il me suit sans cesse, s'il m'entoure desoins fastidieux... cela vous est égal.... cela ne vous émeut pas !

ALFRED. Cela me fait rire...

MATHILDE , avec douleur. Ah ! c'est que vous ne m'aimez pas... C'est que vous ne m'avez jamais aimée .

ALFRED. Nous y voilà... il faudrait être jaloux comme toi ! Eh bien , non , ma chère non... je ne le suis pas... je ne veux pas l'être... c'est un ridicule que j'aurais eu... que sais- je? comme un autre : mais lu m'en as dégoûté, Dieu merci.

MATHILDE Ainsi... parce que je t'aime, parce que je souffre... parce que je suis malheureu.se... ?oÙ8 me trouvez bien ridicule , n'est-ce pas? .

ALFRED, .le le trouve... je le trouve insupportai)!*'.

MATHILDE. Alfred !..

ALFRED. C'est vrai aussi!., il y a cinq heures que je Veux nie contenir pour ne pas éclater, tu m'y forces à la fui... Après m'avoir fait une scène chez moi pour

m'empêcher de venir ici, où tu as YOUlu me suivre; c'est toi qui l'as voulu... voila que tu vas recommencer à me tourmenter, à me persécuter de les soupçons , de tes reproches, de tes maux de nerfs!., je ne

puis pas parler à une femme, que tes yeux ne s'allument de colère... je n'ose pas danser, de crainte que lu ne t'évanouisses,.. Oh! ma foi! cela m'ennuie, cela me fatigue si tu te déplais ici prends la voiture , va-

t'en... je ne m'y oppose pas... quant à, moi, je m'y trouve bien... et j'y reste!..

MATHILDE. Oh! ce que vous me dites là, est bien dur, bien cruel... tu es un ingrat , Alfred...

ALFRED. Moi! allons, tu pleures, à présent... lu vas nous donner en spectacle à toute cette foule qui ne demande pas mieux que de rire à nos dépens... adieu...

MATHILDE, le retenant. Eh bien, non...

non. ..reste; tien-. . vois, jene pleure plus... je ne pleurerai plus...

ALFRED. Tant mieux! car avec ta jalousie, tu ferais le malheur de tous ceux qui t'entourent... et pour commencer j'irais perdre mon argent à la bouillotte que je ne peux pas souffrir.

MATHILDE. Eh ! tu as tort... Ions ces messieurs jouent là-bas, dans l'appartement de madame Darbert... vas-y...

ALFRED. Oui... dans le quartier des hommes. .

mathilde. A moins que tu ne préfères

partir tout de suite... Oh! je t'en prie...

ALFRED. Je ne partirai pas... et si tu t'obstines à me faire la guerre, je resterai ici, jusqu'à trois heures du matin... et je danserai et je v> alserai.

On entend un air de galop.

MATHILDE. Oh ! je vais danser... je vais danser...

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