‹ Pièces de théâtreChapitre 1111 sur 1241 · ALFRED, THÉOBALD · texte numérisé non relu

ALFRED, THÉOBALD

ALFRED, avec explosion. Monsieur, monsieur'

tiiéobald. Eh bien, eh bien !

ALFRED Silence, sur votre tête, monsieur...

Il remonte 1»; théâtre et regarde.

THÉOBALD, sur le devant. Hein? sur ta tête, toi-même.

ALFRED Ce que vous avez fait est indigne! votre bavardage a jeté le trouble chez moi.

THÉOBALD. Je vous proteste, monsieur.

qu'il n'y a pas de ma faute; voire femme m'a pris en traître, je vou* donne ma parole d'honneur la plus sacrée, qu'elle m'a pris en traître.

ALFRED, h serrant fortement. Silence!..

vous avez voulu me perdre dans son esprit, je sais vos projets... vos espérances!

THÉOBALD, d part 11 cherche à m'humilicr.

ALFRED. Mais, rassurez-vous , je ne vous fais pas l'honneur de vous craindre ..

THÉOBALD Permettez, je n'ai jamais eu la prétention de me faire craindre, au contraire...

ALFRED. Silence! vous dis -je!

Il remonte la s,-ène.

THÉOBALD. Ah! c'est que je ne permets pas qu'on donne des soufflets à mon honneur; ce n est pas tons les jours fête! si c'est une réparation que vous demandez, vous n'avez qu'à dire... (A part.) [ ne affaire, m'y voilà, je serai blessé, c'est sûr

ALFRED, retenant à lui. Lue réparât ion ! oui, monsieur, vous m'aiderez à réparer h; mal que roue avez t'ai'... vous allez sortir

sur-le-champ , attendre ma femme, ou la rejoindre.

Tiiéobald. Ah! bah!

Alfred Oui, monsieur, la rejoindre à l'instant, lui ,,ffrir votre bras. .

THÉOBALD. Ali ! bah!

ALFRED. Vous lui direz ee qu'il vous plaira; des choses aimables, spirituelles, si

vous pouvez; contre moi même, si von voulez; mon Dieu, peu m'importe.

THÉOBALD, a part. Ces maris sont d'une fatuité!

ALFRED. Vous oflVirez de la conduire rue de Choiseul.... elle acceptera ... niais VOUS, VOUS ferez naître des obstacles, vota retarderez sa marche; enfin, il faut qu'elle n'arrive rue de Choiseul que le plus tard possible, vous comprenez!

THÉOBALD. 'liés bien... et pendant ce temps-là., vous., très bien... [A part.) Je vais exercer une jolie profession.

ALFRED. Oh! monsieur, pas de supposition dont mon honneur plus que le vôtre pourrait .s'offenser, tout est faux, tout: hàlez-vous! courez... par ici, \ou:> la rejoindrez.

TIIÉOBALD. Sovcztranquille... (A part ) Ah ' lu m as piqué, toi, tu m'as abîmé de sarcasmes, lu me le paieras... [Alfred le regarde.) Je pars, restez... [A part ) Tu me le paieras, mari.

Usent pa le fond.

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sci«;.\e x.

ALFRED, puis MAD. DARBERT.

ALFRED, seul. Et moi, je ne sais on j'en suis, je perds la têle; s\l me trahissait... en! vite, madame Darbert. ee billel qu'elle Aient de m'écrire pour presser mon départ, elle m'attend , elle e>t compromise, perdue... je vais envoyer ; envoyer !.. non; j'irai moi-même , il faut que j'arrive ava t eux, avant Mathilde... (Il ra pour sortir, madame Darbert paraît.) Ciel! vous, madame!

MAI) DARBERT, s'appuyanl sur la parle.

Oui. oui, monsieur, morte d'impatience et d'effroi.

ALFRED , ouvrant ta fnétre et regardant en di li rs. Ma femme.. .

ma», darbert. Mlle est ici... oh! que

je ne la voie pas , que j<% ne \oie personne...

ALFRED, à ta fenêtre. Non, madame , non, partie ..

li Lusse un côté «le la fenêtre ouvert.

MAD. DARBERT, se laissant tomber dans

un fauteuil pris de la p»rtt . Oh! mon Dieu!

je n'ai plus de forces, mon courage est

épuisé, avec quelle anxiété je voua atten-

; dais chez cette femme, l'heure était passée!

Alfred. Impossible, j'étais retenu par

une \ îsite de \olre mari.

!). DABERT. M. Darbert...

ALFRED. Qui m'amenait Al. Lucien.

MATHILDK.

MAD. DARBERT, se levant virement. Lucien ! et mon mari, oh! monsieur, ils étaient ensemble, Lucien ! c'est de lui que je viens \ ous parler

ALFRED. Comment, de ce jeune homme, que... peut-être...

mad. DARBERT. M. de Savenay, tei-moi... Long-temps, vous m'a ei parlé de votre amitié, je fui crue, je \eux la croire encore pure et . j\i % ., j , |,r.

soin d'un appui, je n'ai \u que w quand je viens me < onfi< r ù I honneur, k la loyauté d'un ami. . vous ne n oi que je sorte d'i< i avec la pensée que roufl n'étiez pas digne de m'cntmdre

ALFRBD, dpart. Quel trouble! {Haut.) Je tous écoute, madame...

MAD, DARBERT. Lucien a i té ina hier à ma soirée... VI. de Mauclair, votre ami, lui a l'ait un crime de sa naissance; cette quen Ile .1 jeté l'épouvante dans le cœur de sa mère.

ALFRED Sa mère? H ne là connaît p

mvd Dihbbrt. Mais, moi, monsie i .

je la connais.

ALFRED Vou

MM) DARBERT, 'tint. Oui , je la

connais, une amie <!«• ma Camille, «i' la * ô tic. peut-être, oh ! bi vous -a\ ris »n anxiété, son désespoir, voua en auriez, pitié comme moi. .

ALFRED. Qui donc, madame, qui doi

MvD. DARBERT. Ah' oc me demaïui pas »ou secret, il fera il trop de malheur* le coupable n*esl plus, il \ •• l< .;[»-;

il a été rejoint dans la tombe par ceux (pii ont trompé un honnête homme par le i- -il nce;leursilencr qu'elle a maudit . au ourd'hui clic exp e !<• crime des autres par ee pecrel ({ni (loi! mourir .i\ ec elle , el avec moi : jugi / i\ elle v tient... si'elle me supplie de le gauler... en rn'euvovaul .i vous, à M'H' que nous esl mous touti deux... l'idée s< nie que mon mai connaître le motif qui m'amènech< i fou que votre remue- pui>se l'apprendre, la

tueii.it !

ALI rei>. Grand I) ■AD. DAMMNIT. Oh ■ »il< ni ■ ■... n'( pu

Air : / (>f.

A voiic cœur loyal • ' Lorsqu'on* mère im

()-(■ lifrn

l'.l rl.n s \ ' • iiaina 'i.. 1 1 : •■

Ami prudeol , ci diacre*, pi i i leur,

b( /-I' l»'<ii ;i

i doc I' iniiir enfin I el <> ur

met JOUI la :.ud<- du vOlo

\t.i i.i'.D. Ah î madame . parles, i puis-je : , ir son 61 HAD. DARBERT. Il

m' re ic lie - . il doit

le ciel \ . it de lui mi a

qui - 1 j* mi. —-• fui

\l.I lil.l). .\i

MAD I > \ i ; ï i i . i I pi i tonne qui pu et lui pour ,. i

ALI RBD. M

\l\h. DAM Oh ! • craint mon mai i... M. 1 1 je ? une Folie. . ma

pai I Ile... de -on lil-v . . qui

parle» ai souvenl , si ti

oui., ililr S?.. \ oQj m i

que je \ou- demani . in-

fortuné*.

ILI RED, lui lêt t t main. En d

\ "ii-, i ami. . ma maison *era 1 1 i réponds de lui I qu il i

in>pire...monsi i berM'éi

ime. • ar il voulait de Paris . .

MAD DARBERT. !

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ALFRED La qu

crai I -

MAD. DARI [Se

l( h »l ux. . mais I al

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ce mon), ni un bill s "'•)

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(pu I .i me taul . . mais qu'a t • ll<

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LE MAGASIN THÉÂTRAL

ALFRED. Sortez madame...

iiad. darbert. Oh ! qu'un secret inviolable...

ALFRED. Madame... (La porte du fond s'ouvre.) Il n'est plus temps!

Madame Darbcri se jette dans L'embrasure cîe la

fenêtre, et l'ait tomber le rideau.

ALFRED, M. DARBERT, MAD.

DARBERT, cac/«fc.

DARBERT. Je ne vous dérange pas ?

ALFRED. Moi !.. (Reg irttant autour de lui cl tic la voyant plus.) Ah ! je respire...

DARIîERT. Vous Otrs étonné de me voir!

mais je reviens dé la banque, et je n'ai pas voulu passer si près de vous, sans vous donner un avis charitable... Eh! n vous avez l'air triste, . . préoccupé...

ALFRED. Du tout.. . du tout, je vous assure...

DARBERT. Vous m'avez rendu un service, et je veux vous en rendre un autre; d'ailleurs, entre maris, il faut se protéger un peu, par esprit de corps ..

ALFRED. Que voulez-vous dire?

DARBERT. Oh ! c'esl une rencontre que j'ai Faite ce matin qui m'a donné ces idéesci... mon cher ami, il y a dans notre société un fat .. M. Théobald, dont il faut se défier, entendez-vous, il est ridicule pour nous... mais il paraît que ces dames sont d'un autre avis... je l'ai rencontré.

ALFRED. Avec ma femme...

DARBERT. Je n'ai pas dit cela.

ALFRED. Oh! je le sais...

DARBERT. Ah! c'esl différent.;, dam!..

ça m'avait l'ait \)vur pour vous \\n cônfrère! et comme votre femme est un peu jalouse, je voulais vous engager à ne pas trop l'irriter, parer qu'une colère de femme, voyez-vous, c'esl terrible... mais puisque c'est vous qui l'ave/, confiée au hras de M. Théobald...

ALFRED. Et -ans crainte, je vous assure...

DARBERT. A l'heure on elle de\rait se reposer des fatigues du bal... comme ma femme; mais n'en parlons plus... pendant que je suis chez nous... vous ries libre

n'est-ce pas?

ALFRED. Parfaitement...

DARBERT. Vous allez me donner la lettre que >ous m'avez promise pour VOtre

beau-frère du II ivre...

alfred. A l'instant,,, si vous voulez passer dans mon cabinet... là...

DARBERT. Volontiers... (Il fait quelques pas et revient.) Elle me servira, je l'espère, quoique ce petit Lucien me fasse une peur en ce momenl-ci...

ALFRED. Comment?

DARBERT. Que voulez-vous? ces dial de jeunes gens... ils vous échappent si vite... il est vrai que je ne l'aurais pas retenu malgré lui.. . je sais ce que c'est qu'une affaire d'honneur.. . une première afl'aire...

Alfred. M. Lucien...

DARBERT, allant vers le cabinet. Il se bat, aujourd'hui.. .

MAD. DARBERT, poussant un cri derrière le rideau. Ah !

ALFRED, effraye. Ciel!

DARBERT, regardant. Hein ? qu'entendsjc ! (Voyant remuer le rideau.) Là... (Regardant Alfred.) Vous n'étiez pas seul...

ALFRED. Vous croyez... c'est possible.

DARBERT, allant à la fenêtre. C'est quelqu'un qui se trouve mal, monsieur.

ALFRED, se jelani-au devant de lui. Non, non !

DARBERT, d mi-voies. Alfred! ah! c'e9t mal... une femme ici... et la vôtre, jalouse , monsieur, jalouse! vous ne savez donc pas, ce que c'est que ce tourment-là!..

ALFRED. Monsieur, monsieur... je vous jure sur l'honneur...

DARBERT, baissant lavoix. Renvoyez-la, je vous en prie., .

ALFRED , le poussant vers son cabinet. Oui, oui, je vous rejoins.

DARBERT, élevant la voix. Je vous attends...

Il entre à gauche, Alfred ferme la porte.

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