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UN DUEL SOUS
SOCBISE.
Air du vaudeville du Baiser au porteur. Je la connais, c'est une du the'âtre.
BALAGNIER.
Non., mais plutôt Paraître ou Lisieux.
DE SUZE
Ou bien encor d'Aumont , qui l'idolâtre. Nous cherchous mal ; ces souvenirs sont vieux...
BOUBISE.
Ah ! Châtillon , qui le suit en tous lieux.
DE SUZE
Ou Pardaillan , cette beauté divine Qui pour lui plaire a quitté Montbrisons?
GOKDI , qui à chaque nom a compté sur ses doigts en riant.
Heureux prélat, qui peut, sans qu'on devine, Nous faire ainsi compter jusqu'à huit noms ! {bis.)
BALAGNIER.
Quelle est-elle enfin?
(Chaluis descend la scène et se rapproche avec curiosité*. ) DE FIESQI E.
De jrrace, messieurs, laissez-le- Vous lui ferez faire quelque folie : il est déjà à moitié {>ris.
GONDI
Eh! veux-tu bien te taire, toi, de Fiesque? ou tu ferais croire qu'il s'agit de ta femme.
( Rire général. ) DE FIESQUE.
Par la morbleu !
( De Suze le calme en riant.) GONDI. (Tout le monde se rapproche de lui.) Ah ça, vous me promettez le secret? car je ne voudrais pas la compromettre.
DE SUZE
Oui... certainement.
GONDI
Eh bien! messieurs, vous connaissez tous madame de Luynes?
CHALAIS, traversant vivement la scène, et marchant droit à Gondi.
Madame de Luynes! en étes-vous bien sûr,
monsieur l'abbé?
(Tout le monde s'écarte **. )
GONDI
Vous le prenez sur un ton un peu liant, monsieur le comte; cependant je veux bien vous «lire qu'aujourd'hui même, je l'ai vue entier mystérieusement au Palais-Cardinal, en AI. aïs.
Et ee sont là toutes vos preuves pour l'attaquer dans son honneur? Bavez-vous, «monsieur, quel motif la conduisait chez Richelieu?
GONDI
Je ne suis pas si ayant que monsieur le comte dans sa confidence.
* Ghalaia, de Fiewroe, de San, Gondi, Souhisc, Balancer.
** De Fiesque . de Saie , Chelaîi , Gondi , Sonbite, Balt-
nier.
RICHELIEU
CHALAIS
Apprenez qu'elle allait demander la grâce de... d'un de ses parents.
GONDI
Oui , et de manière à n'être pas refusée ,
monsieur le comte.
(Rire général. ) CHALAIS.
Ah ! c'en est trop ! et puisqu'il n'y a personne ici qui ose prendre la défense d'une femme, qui ose venger sa réputation indignement calomniée, c'est moi, monsieur, moi, qui vous dirai que vous mentez.
GONDI
Vrai Dieu ! vous m'en rendrez raison.
CHALAIS, mettant l'épée à la main.
A l'instant !
GONDI, saisissant celle de Soubise , qui est près de lui.
Volontiers!
DE SUZE, passant derrière Ghalais et écartant tout le monde.
Franc jeu! franc jeu! faites place, messieurs, franc jeu !
DE FIESQUE , se jetant entre eux.
Y pensez-vous, messieurs? dans l'intérieur du palais, presque sous les yeux du roi!
FLUSIEUIIS SEIGNEUnS.
Arrêtez !
( On les sépare.)
CHALAIS
Eh bien! demain, au Pré-aux-Clercs, à six heures.
GONDI
Où vous voudrez , pourvu que je sente cinq minutes seulement votre épée coutre la mienne.
CHALAIS
Nous nous battrons avant le lever du s >- Ieil, monsieur l'abbé, pour ne pas çâter votre teint.
DE SCZE, lias I Gondi.
Ceci t'apprendra à mettre dans tes médisances un peu plus de circonspection. On ne sait pas à qui l'on s'adre— e.
BODBI8I , de même.
Te voilà corrigé ?
CONDI , de même.
Ma fol! pour une vertu de cour, deux à-lafois, c'est trop, vous en conviendrez.
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