SCÈNE XIV
LA DUCHESSE, CHEVREUSE ; ils sont près de
la table.
CBEVRE1
Je suis plus heureux que je ne lYspcrais. Je vous croyais partie, madame.
LA DUCHESSE
Oui, la reine m'attend.
CHEVtlEUSK.
La reine attendra. Vous avez une excuse à laquelle je n'avais pas son^é d'abord: Cette blessure, que j'ai reçue pour M. de Chalais... Sa Majesté trouvei a tout naturel que VOUS sovi /
restée près de moi. Puis , je vous assure, je suis triste, souffrant; j'.ai besoin de quelqu'un, de quelqu'un qui m'aime, (détachant la coiffure de la duchesse, et la jetant sur un fauteuil. ) et vous ne voudriez pas me laisser seul ici, me quitter en cet état? ( Il sonne.) Je vous connais : votre cœur >e le reprocherait comme une mauvaise action. (Au domestique qui parait.) Qu'on dételle les chevaux; madame ne sort pas. ( Le domestique sort; Chevreuse s'assied.) Ah! j'avais hesoin de vous voir: je suis plus content maintenant. Asseyezvous ici... asseyez-vous donc, pu vous me contraindrez à rester debout, et cela me fatigue. (Il la fait asseoir.) Déjà vous regardez l'heure, et vous mesurez ,i\rt- chagrin le temps que vous aurez à passer ici.
LA DUCHESSE
Ah ! monsieur !
CDEVREUSE.
Vous êtes gênée avec moi comme avec un
mari soupçonneux et jaloux qui se ferait un jeu
de contrarier vos plaisirs; et (('pendant, avez-
vous jamais eu ce reproche à me faire? ne VOUS ai-je pas toujours laissée libre de vos actions ! LA DTJCH1
Monsieur! pourquoi me parler ainsi ' on \ i.i i SB . /appuyant sur la table.
Ma confiance en vous a toujours été V grande, je l'ai manifestée si hautement, qu'il sérail moins ci uel de me tuer que de me tromper aujourd'hui. Qu'est-ce en effet que la mort
auprès du mépris? Voilà pourtant tout ce que je serais en droit d'attendre, moi, si j'étais trompé... le mépris; voila ce que d'autres ont obtenu pour pris de leurs soins. Oh ! couraient cette pensée n<- prévient-elle pas l'adultère?!! y a là-dedans de quoi arrêter la femme la plus éhontée. Un homme dont on n porté le nom,