‹ Pièces de théâtreChapitre 154 sur 1241 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PROTOGÈNE, CALIGULA.

PROTOGÈNE.

Sois tranquille, César, ni torture ni gêne Ne tireraient rien d'eux.

Ah ! c'est toi, Protogène?

Crois-tu que l'ouragan soit tout-à-iait passé?

PROTOGLNK.

Oui, le dernier éclair au ciel est effacé , De tout danger présent Jupiter nous délivre.

N'y pensons plus alors, et laissons-nous revivre. Eh bien! dans l'entreprise avons-nous réussi?

PROTOGLNE.

Oui.

La blanche colombe...

PROTOGLNK

Elle doit être ici.

A notre ardent Gaulois a-t-on mis les entraves?

PROTOGLNK.

Ce soir on le conduit au marché des esclaves.

Allons! je suis encor le maitre du destin.

PROTOGLNE.

César en doutait-il? En effet, ce matin César est pâte.

Un rêve, ensuite cet orage.

PROTOGÉNE.

César n'ignore pas que tout rêve est présage.

Celui-là qui saurait trouver un sens au mien, Par Drusille! serait un grand magicien.

PROTOGLNK.

César a quelquefois éprouvé ma science, En teut-il de nouveau faire l'expérience?

Soi t ï écoule-moi donc... Serein et radieux, J'étais assis au ciel prés du maitre des Dieux, Quand fcri moi tout-a-coup il tourne un front

[austère,

Et, me poussant du pied, me lance sur la terre.

J.- erm soudain passer de L'Olympe au néant; Enfin j'allai rouler au bord de l'Océan. Le reins emportait les dots loin «le leur rii Mail roilà qu'aussitôt l'heure du flux arrive, Et, changeant de couleur, que l'onde , l'avançant, !><• vi i le qu'elle ôtait, prit la teinte du i Je voulus fuir; l'on une i

Je fus rejoint bientôt | mci rou

Qui, passant la limite assij .\ ,

Enveloppa met pi< - mille réseaux ,

Et , Mue que j'étais cm balné iuj la pl.>. , A loi i continua d'envahir n n Cependant, par le flot me voyant tubmci l'appelait du ce,. m §, ne iai bac

Lorsqu'une VOIS IBM COr| . ■ li ': II'

Répondant Ames cris, m'ordonnn de me taire: J'obéis, et tout fut au silence réduit, Car cette onde en roulant ne faisait aucun bruit, Et se gonflait pourtant, si bien que ma poitrine Commençait d'étouffer sous la vague marine. J'espérais que la mer cesserait de montei , Quand, prodige nouveau , terrible à raconter, Chaque flot élevé sur la sanglante plaine A son rouge sommet prit une tête humaine, Et ces têtes étaient à tous ceux dont les jours Furent tranchés par moi... La mer montait toujours. Je vis passer ainsi devant moi sur l'abîme Depuis Antonia, ma première victime, Jusqu'à ce Cassius Longenus, mort d'hier, Dont l'oracle m'avait dit de me défier : Chaque tête jetant, avec sa bouche blême, Un nom que je savais aussi bien qu'elle-même. Cela dura long-temps, car nos morts sont nombreux ! Enfin, me réveillant de ce sommeil affreux, Haletant, l'œil hagard, sur mon lit je me lève, Et trouve l'ouragan continuant mon rêve. De ce double présage alors épouvanté , J'ai fui, mêlant ensemble et rêve et vérité, Jusqu'à ce que le jour, ennemi du mensonge, Ensemble eût emporté la tempête et le songe.

PROTOGÈNK.

César! il ne faut pas, de soi-même oublieux, Négliger les avis envoyés par les Dieux. A Rome, en ce moment, quelque chose s'apprête Qui ressemble à ton songe, ainsi qu'à la tempête.

Et quoi donc?

H.o TOOLNE.

Le blé manque à nos greniers.

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