‹ Pièces de théâtreChapitre 175 sur 1241 · I II · texte numérisé non relu

I II

Que < 'est le Mal moyen, le Mal...

Tais-toi, le dis- Tais- toi,

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Mil.

Mon Dieu, mou Uicu, n,uti

MAGASIN THÉÂTRAL

aquila, lui relevant la tête

Oui, nous mourrons sans doute; Mais avant de mourir...

STELLA

Tu me fais peur.

AQL'ILA.

Écoute :

Que le dernier instant de notre dernier jour, Stella, soit tout entier réservé pour l'amour.

11 la prend dans ses bras.

stella, se retirant.

Que dis-tu? que fais-tu?

AQL'ILA.

Dans cette heure suprême, Si tu m'aimes...

STELLA

Eh bien! achève... si je t'aime

AQL'ILA.

Et si jusqu'à ce jour, pur et religieux,

Ton amour virginal fut béni parlesDieux,

Eh bien! que cet amour, bravant la mort jalouse,

En cette heure se change en un amour d'épouse;

Et puisqu'il faut mourir, Stella, plus de regrets,

Plus rien que le bonheur, et le néant après !...

stella, se dégageant de ses bras.

Malheureux î cette nuit de lumière suivie, Que tu crois le néant, c'est la seconde vie; C'est le jour éternel qui n'a point de couchant, L'espérance du juste et l'effroi du méchant!

AQL'ILA.

C'est le royaume obscur des déités funèbres.

STELLA

O pauvre ame aveuglée et pleine de ténèbres! La tombe est la barrière où Dieu séparera De qui le méconnut celui qui l'adora!

AQUILA

Eh bien! puisque ton Dieu, par une loi barbare, Change en crime l'erreur... puisque ton Dieu sépare Ce que la terre en vain tenta de rapprocher, Que ton Dieu de mes bras vienne donc l'arracher!...

STELLA, inspirée.

Que plutôt pour toujours sa bonté nous rassemble, Et qu'au pied de son trône il nousemporte ensemble.

AQL'ILA.

Ensemble pour toujours au ciel, ausombrelieu, Partout où tu voudrai, mais ensemble!...

STELLA

O mon Dieu, Vousle voyez, l'aveugle entr'ouvre la paupière, Et dans l'ombre perdu marche à votre lumière.

AQL'ILA.

Mais ne m'as-lupas dit...

STELLA

Qu'à l'heure du trépas Mon Dieu punissait ceux qui ne l'adoraient pas; Mais pour nous sa justice, égale et tutélaire,

A des trésors d'amour ainsi que de colère, Et, toujours équitable, il fit l'éternité, Comme de ion courrons, fille de sa bonté!

Mon Aquila, mon frère, éOOUtfl : à l'instant même, Tu m'as, pauvre insensé, demandé si jet'aime Eh bien! dans ce moment terrible et solennel, Oui, je t'aime, Aquila, d'un amour éternel!

Éternel, car je veux que l'heure du supplice, Loin de nous séparer, pour toujours nous unisse. Oh! le Seigneur m'inspire et seconde mes vœux; Il me donne sa force... Écoute-moi: je veux Que mon Dieu soit le tien, ma croyance la tienne, Afin qu'au ciel encor ta Stella t'appartienne.

AQL'ILA.

Se peut-il?

STELLA

Qu'eût été ce bonheur d'un instant Près du bonheur sans fin qui là-haut nous attend? Qu'eût été cette ardeur éphémère et coupable Auprès de cet amour immense, inépuisable, Dont Dieu, pour remplacer l'autre amourqui n'est Mit la source éternelle au cœur de ses élus? [plus,

AQUILA

Mais je suis païen, moi.

STELLA

Qu'importe, si ton ame Est prête à s'allumera la eéleste flamme? Qu'importe, si tu veux le sauver aujourd'hui ?

AQL'ILA.

Mais pour être sauvé, que faut-il?

STELLA

Croire en lui.

AQUILA

Écoute, je ne sais si ce Dieu qui t'inspire

Jamais des autres dieux renversera l'empire.

Si cette éternité promise à notre amour

Fut de tout temps, ou bien doit exister un jour.

Et si de mon ardeur l'inextinguible flamme,

Quand mon cœur sera mort,doit revivre en mon ame.

Mais je sais, en échange, ô Stella, que je crois

A tout ce que tu dis avec ta douce voix;

Que je veux surnousdeux que le même coup tombe,

Afin de partager l'avenir de ta tombe ,

Et que c'est ou ta nuit ou ton jour qu'il me faut

Pour dormir ici-bas ou m'éveiller là-haut.

STELLA

Eh bien donc, puisqu'il plaît au Seigneur qui m'en- De te conduire au ciel, ami, par cette voie, [voie, Et que la pauvre; femme à qui son jour a lui, Néophyte d'hier, est apôtre aujourd'hui ; Puisque, pour enseigner la sublime croyance, L'intention suffit où manque la science; Puisqu'il daigne abaisser son œil divin surnous, Je vais l'interroger.

àQOILA.

Je t'écoutc.

STELLA

A genoux.

Crois-tu que de mon Dieu la puissance féconde Ait par sa volonté du néant fait le monde?

AQL'ILA.

Oui.

STF.LLA.

Crois-tu que le Christ, Sauveur prédestine, Conçu de l'Esprit saint, d'une Vierge soit né?

AQL'ILA.

Oui.

Crois-tu que, versé par sa mort volontaire, Son &aog ait racheté les crimes de la terre?

Et crois-tu que, pour nous étendu surla croix, Il souffrit et mourut... le crois-tu?

AQUILA

Je le crois.

STELLA

C'est bien. Fils exilé de la céleste enceinte, Je te baptise au nom de la Trinité sainte. Fermé par l'ignorance et rouvert par la fui, Chrétien, le ciel t'attend...

Voyant la porte s'ouvrir et César qui paraît. Martyr, relé\e-toi !

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