SCENE
LE DUC, m* DE BELLE ISLE.
M,,p he IBLISMSLI.
Honaieur le duc de Richelieu !
LE Dl'C
Mais je crois qu'elle tremble, Dieu me damne!
Mlle DE BELLE-ISLB.
Pardon, monsieur le duc, mais, je l'avoue, je ne puis me défendred'une certaineémotionàvotre aspect.
LE DUC
Et de quelle manière dois-je l'interpréter, mademoiselle ?
Mlle DE BELLE-ISLE.
D'une manière bien simple, mon Dieu! C'est que je ne puis vous voir sans me dire que vous êtes peut-être l'homme destiné à mettre fin à tous mes malheurs. Est-celehasard seulement qui vous a ramené pour moi de Vienne, où vous résidiez depuis deux ans, afin que je vous rencontrée Versailles, puis a Chantilly ? Les affligés sont superstitieux, monsieur le duc, et je sais que vous ne vous défendez pas vous-même de croire aux pressenlimens.
LE DUC
Aux pressentimens, mademoiselle? mais je serais trop ingrat si je n'y croyais point, surtout depuis trois jours. Oui, oh ! oui, je crois comme vous aux pressentimens, et je serai bien malheureux si les miens me trompent.
Mlle DE BELLE-ISLE.
Mme la marquise a eu la bonté de vous remettre un billet?
LE DUC
Qu'elle m'a dit être de vous. Je dois beaucoup à Mme de Prie, car, sans doute c'est elle qui VOUS a suggéré l'idée de vous adresser à moi.
Mlle DE BELLE-ISLE.
Non, monsieur le duc, je veux être franche: j'y avais pensé avant qu'elle ne m'en parlât : panez-vous-en à vous-même de mon importunité: mais j'ai songé que vous ne voudriez pas si tôt me ravir les espérances conçues. Ifonaieur le dur. on vous dit tout-puissant; ce que je sollicite, voua le savez, c'est la liberté d'un père et de deui frères. Le bonheur de toute une famille est entre VOS mains.
LE DUC
Il ne tiendra pas à moi que votre double voùment, mademoiselle, n'obtienne la réCODl]
qu'il mérite; mais ce que voue eolUcitea dépend d'une volonté plus haute que la mienne... je î i
puis être que l'intermédiaire entre la beauté et I puissance. Veuille/ me donner un placel ; é< n\< / le comme vous parlex, avec votre ame, et aujourd'hui même je le remettrai au duc de Boti
• l QUAIS.
î i dépêches que monsieur le due de n i<i attendait sont prêtée.
Vous le vo) ex, il faut que je voua quiti un instant. Mille pardons, mademoiaelle; v< i i tout ce qu'il faut poui Dans quelques min
reviene.
M"e DE BEI \
Comment nous remercier. li-je jam i.
En me donnant une place parmi \ i| Imila
MAGASIN THEATRAL
Mlle DE BELLE-ISLE.
Oh! monsieur le duc!
LE DUC
Écrivez. {En sortant.) De cette manière je saurai bien si le billet est d'elle.