‹ Pièces de théâtreChapitre 30 sur 1241 · GASPARD, MAX · texte numérisé non relu

GASPARD, MAX

(Max paraît au sommet d'un rocher très élevé de l'autre côté de la cascade II se penche pour regarder dan» l'abîme. }

MAX

Ciel!

Quel ablmc horriljle el sombre!

0 terreur!

Mon froid regard se perd dans l'ombre!

Avec horreur !

Stir moi •'amasse la tempête.

La lune semble se voiler.

Des Spectres planent sur ma lele...

Ces rocs sonl animés... Os rocs vont-ils parler '.}

RÉCITATIF

(Eioignaut les chauves-souris qui •'approchent.)

Oush! oushl j'ent( nds des cris d'oiseaux funèbres, Et du sein des ténèbres Un bras {jéant Sur moi s'étend.

(Il descend quelques pas, — Gaspard lève les yeux et aperçoit Max.)

MAX

Non! plus de lâche effroi!

Pour moi Il n'eat pas dépouvante!

(Il descend quelques pas.)

Gaspard, après avoir soufflé le feu avec l'aile de l aifjle.

Mon sursis est gagné , merci , Samiel , merci !

(Il fait signe à Max en agitant l'aile de l'aigle.)

Arrive- donc, camarade! l'ailcnie Me parait longue ici, Esl-il bien de larder ainsi ?

max, la muiusur le front et regardant l'aile de ï aigle.

Cet aigle immense Me doit la mort!

L'enfer commence,

< »lons au sort !

Malheur à moi!

(Il descend encore quelques pas ci s'arrête.)

GABVÂMMfparlé,

Desrends donv, l'heure avance !

MAX

.Non ! je n'ose pas.

CASTARD.

Tollron !

MAX

Qui i'nioi P vois-tu là bas?

(Sur un roclu r éclairé par la lune, en toiI un spectre blanc étendant les mains.) 8«cetacl« afflrcuxl c'est l'ombre de ma nirrc! D.iusson froid CCrCUeîl

Comme aa jour «lu deuil, Sa fois funéraire Me dil : fuis, .Mon Ris.

G tSPARD.

'à pari, h mon aide, s.imi< I ! a Max) Sottises dont

[ je ris ! (il rie, abl ah! ah!

Allons, riena donc et loin de toi la crainte Dont ton âme i il atteinte.

(I.c pu rni.r ipeCtM I disparu.— On voit L'ombre d'Agathe

éperdue, Ici cheveu* «pus, lingnlièreinent parée du feuillages .1 de branche* de chêne. Elle ressemble a une folle et pnnit vouloir se précipiter dans le torrent.]

MAX

ithc s'élance an torrent, Courons! Malheur trop gr« ml !

I. ombre d* kgalhe m j» tte dans la cascade.) (Il descend tout ■ mit.— La lune commence à s'obscurcir.)

UAX, (titrant dans te cercle.

« Me fOJCi... qu'ai-je à faire ? »

GASPARD] lui jetant sa gourde.

Bois! l'air dei nuits est froid.*, et puis à noire af- Tu n'as pas penr? ( faire!

iiax, à part.

Non, non !

Q < va-t-il advenir de reci ?

GASPARD

Compagnon,

Yeux-lu tondre toi-même ? M.w.

Au pacte c'est contraire.

GASPARD

Regarde pour apprendre à ton tonr le métier. (Gaspard prend suceussivemeaH dans m gibecière des ingrédients qtt'U nomme cl les nul dans la cuiller a

plomb.)

GASPARD, mettant les ingrédients.

Du plomb! durifargentj un peu de pierre grise, Dn verre pilé pris à des vitraux d'église. L'oeil d'un coq et d'un lynx ; du buis de bénitier. — El toi! roi ténébreux, tu Teilles ! Les cabales \ nos rcaui ne font pai défaut \ iei i, viens bénir Ici balles, owv la tienne aui t<>nt soitbieti comme il la faut. » (Le nu Lan .-■ d ib • ls i ailler i osnnu nec i bouillir en bruis- ,ii < t donne une Banunc blam bâtre.*— fjn nuage passe sur 1« disque de le lune.— Le théâtre nfeet éclairé que parle brasier, les yens du hibou et le bois etineelant tic- 1 ni. te pourri.)

LE FREYSCHUTZ

Gaspard coule une balle dans le moule et la retire en disant

Une!

L'ÉCHO repond:

Une !

(A ce moment les oiseaux de la foret descendent et se placent autour du cercle en sautillant et battant des

ailes.)

Gaspard coule une seconde balle et dit : Deux!

l'echo répond : Deux!

(Tout a coup un sanglier noir sort du bois en grognant et court comme effare.)

G \spard, saule effraye, et compte.

Trois!

l'écho répond i

Trois!...

l ne tempête s'élève et mugit. On ><>it les pointes des arbres se rompre et jeter d< ■ étincelles.)

GASPARD compte :

Quatre!

l'écho répond:

Quatre!

(On entend des QOUpa de fouet et un bruit de chevaux qui galoppent. Quatre roues en feu sillonnent le théâtre, sans qu'on puisse apercevoir la forme du char à cause de la vitesse.)

GASPARD compte :

Cinq!

l'écho répète:

Cinq!

(Aboiements tt hennissements dans les airs. — On voit passer dans les UUUges des fantômes de chasseurs à pied et a cheval, des cerfs et des limiers.)

CHASSE INFERNALE, CHOEUR, en dehors.

Par monts , par vaux , dans les ravines , Au fond des bois , et dans les airs , Avec les vents et les éclairs, Parmi 1rs morts et les ruines, Chantons , amis , comme aux enfers :

Jowau ! Jowau ! etc.

Gaspard, comptant, SixT... Malheur!

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