‹ Pièces de théâtreChapitre 306 sur 1241 · GRANDI · texte numérisé non relu

GRANDI

l'un pe- P , mon enfant, tn

donc*., tu 1 1 pu « n

dit bonjom. in.

RI Gl NIE, . Hoo p< re.!., (Avec

LE MAGASIN ÏIIfcAîr.Ar.

embarras.) C'est que j'allais... je voulais...

GRANDET. Et moi, je veux que tu restes. . . Toi , Nanon , va mettre la grise à l'écurie.

NANOX. Mais... c'est que ..

GRANDET. Lh bien ! quoi ? c'est que...

NANON. J'y vais, uot' maître. (A part.) Je n'oserai jamais lui dire qu'on lui a pris son cheval... [Grandet la regarde.) J'y vas.

GRANDET. C'est bien heureux... (Larcienant.) Ah! dis donc...

Air : Je loge au quatrième étage.

Surtout De lui tloun' pas d'avoine, l';is de foin... ce serait abus...

Elle a , chez le fermier Antoine, Dévoré pour deux jouraet plus. bis.

Nanon sort.

Tlonnc Grise... il faut qu'on l'engraisse, Qu'on en ait soin... C'est un plaisir : Une bêle qui court sans cesse El ne coûte rien a nourrir! bis.

Regardant dans le fauteuil qui est auprès de la table. Ah! al» ! ton cousin n'est plus là... il s'est couche, peut-être... [Eugénie, tremblante, fait signe de la tête.) Oui, tant mieux, ça lui fera du bien...

il épuusaette le fauteuil et le porte au fond à gauche.

EUGÉNIE, à part. Ah! que j'ai peur!

GRANDET. l)<>one-moi une chaise. (Allant à elle.) Ehl mais, qu'est-ce que tu as donc?

EUGÉNIE. Moi, mon père?., rien... Mais si vous alliez vous reposer dans votre chambre.

GRANDET. Je suis bien là... et puis, je te voiS| je te parle... ça me délasse. ..c'est que je t'aime bien, vois-tu.

S'as>eyant sur la chaise au milieu du théâtre.

EUGÉNIE, qui est debout d sa gauche, lit moi aussi, mon père, je vous aime.

GRANDET. Tu es si gentille.

EUGÉNIE. Vous êtes si bon!

GRANDET, l'attirant d lui. Tune lais jamais chagrin à ton père.

EUGÉNIE, d'une xoix étouffée. Jamais.

GRANDET, la faisant asseoir sur ses genoux. Si fait, pourtant... quelquefois tu me taquines.

EUGÉNIE Moi?

GRANDET. Oui, tu me taquines. Hier, par exemple...

EUGÉNIE, effrayée, veut s'en aller. Com-

GRANDET, la retenant. Kh bien! OÙ vastu ? rcsle donc. (Il la fait asseoir sur ses genoux.) Ne temble pas comme ea... Pauvre bijou, va!., je ne t'en veux pas... ce n'est pas ta faute; si tu n'as pas assez d'économie... si tu fais trop de dépenses... lu ne sais pas ce que vaut l'argent... tu ne t'en

doutes même pas : M pauvre mère, à la bonne heure... elle le savait... elle n'aurait pas osé dépenser un sou sans me le demander; elle se privait : voilà une bonne femme... faut faire comme elle, mon enfant... et cet or...

EUGÉNIE. Vous y tenez donc bien?

GRANDET. Si j'y tiens?., c'est mon bonheur... c'est ma vie... si j'y tiens... mais comme à toi... vois-tu, ce qu'on aime, on le garde précieusement; on ne s'en sépare jamais!., ma fille, par exemple, je l'aime Irop pour qu'elle me quitte... pour me passer d'elle... c'est comme ça qu'il faut aimer son or... pour le voir, le toucher... pour le mettre sous clé... il faut que ce soit avec lui ; à la vie, à la mort...

EUGÉNIE. Mais si vous h; perdiez?

GRANDET. Oh ! tais- toi... j'en mourrais!., tu n'aurais plus de père... Lit tiens, je t'avoue ea, quand il faut payer une pièce de terre, une vigne, n'importe... quand il faut donner de l'or... c'est comme si mon cœur me quittait... et pour garder tout, je donnerais... (// la regarde et s'arrête.) Oh! ne parlons pas de ea... ne parlons pas de ça... tiens, ça fait trop du mal.

EUGÉNIE. Oh! vous avez raison, je ne savais pas... je ne voulais pas deviner... (A part.) Oh ! je n'aurais jamais osé...

GRANDET. Tu dis?

EUGÉNIE, tombant d genoux diront son père. Je dis qu'il doit être si doux de l'aire du bien à ceux qui sont malheureux autour de vous.

GRANDET. Prends garde, tu vas abîmer ta robe... Est-ce que tu crois ([ne je ne fais rien pour eux ? quand vient la moisson, mes fermiers les laissent glaner

EUGÉNIE. Ce n'est pas vous.

GRANDRT. Moi, OU RlCS fermiers, c'e-t la même chose... et puis je suis u\\ braru homme, un bon maître... pas lier du tout... je déjeune chez un vigneron... je dîne chez un métayer... je leur donne la main à tous... et pourvu qu'ils payent bien... comme ce matin... (Très- g aiment.) J'ai l'ait une rafle...

EUGÉNIE. Vous avez touché...

GRANDET. Un peu... et comme de cou tume, j'ai là la part... un double jaunet... (// tire de sa poche un petit paquet et le d< fait ) bien vieux, bien lourd... pour mettre avec les autres dans ton petit trésor... tiens... tiens.

EUGÉNIE. Merci, mon père.

GRANDET, retenant la />•%« (for. Com ment!., on dirait (pie ça nt H réjouit pas de voir ce louis... ce beau .ouis... de le possédera toi seule... de l'entendre sort

LE FILLE DE L AVABE

ner... (Il le fait sonner et se mit à rire.) Hein! c'est gentil, n'est-ce pas ? Ris donc... ça ragaillardit... tiens, tiens... tu en auras d'autres, sois tranquille... On le sait bien... aussi, quand je passe quelque part, j'entends murmurer autour de moi : « Ce petit vieux, c'est le père Grandet... il a des cens a remuer à la pelle » qu'ils disent... Ce n'est pal vrai, mais c'est égal... je n'ai pas l'air d'entendre!., et les v'îà qu'ils me font ilés saluts... qu'ils me tirent des coups de chapeau... les jeunes, surtout... ce qui tent dire ; sais-tu ce que ça veut dire ?

EUGÉNIE. Votre fille est jolie.

GRANDET. Non... votre fille est riche... et ri tu veux: choisir, il ne tiendra qu'à toi... mais tu ne veux pas et tuas raison... prendre un mari, qui emporterait ta dot, «>u qui la mangerait... il vaut mieux rester fille... on risque moins.

EUGÉNIE. Ma dot!., j'en ai une, mon père.

GRANDET. Une... certainement... c'est possible... à la rigueur.

EUGÉNIE. Que vous me donneriez tout de suite

GRANDET. Du tout... je n'ai pas dit cela... je n'ai pas d'argent.

EUGÉNIE. Mais vous m'avez dit tout-àl'heure que vous aviez de l'or.

GRANDET. Oh! pas beaucoup... et puis, je le dois... ces prés, ces terres et ce domaine du Champ-Vert que le notaire fait acheter pour mol... il faudra payer... et tiens , ca nie rappelle qu'il va venir... son imbécile de neveu qui est parti pour Blois, sans attendre... Il faut que je préparc de l'argent... je descends ..

El (iîvii:. Mon père! ah! me quitter déjà.

GRANDET. C'est l'affaire d'un instant.

EUGÉNIE, le retenant. Oh ! je vous en prie... un moment encore... je suis si heureuse, quand vous êtes là... restez.

GRANDET. Vrai... tu le VCUX, petite?..

est-elle câline? mais comme tu es brûlante donc!., est-ce que tu a-> la lièvre!

i-;i MME, te tecant, La fièvre!., oh!

oui... et bien fort.

GftAftDKT. Toi, thon enfant! il faudra faire renir le médecin de la ville... demain , après-demain, si < a dure.

■A NON, tntnint. Monsieur Menu... je

l'ai i.iit entrer dans votre cabinet.

GRANDIT, à Eugénie Là, je te le disais bien... il vient chercher...

Il (.i'aii:. Ciel !

GRANDIT. Il Faul «Toir soin de toi, mon enfant, coûtequi coûte... je payerai

plutôt... {A Nûtlon.) Dis-lui de in'attendre une minute, je mil à lui.

Il descend l'ctcalicr.

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