‹ Pièces de théâtreChapitre 318 sur 1241 · BONNIVET, CLOTILDE · texte numérisé non relu

BONNIVET, CLOTILDE

Ils sont as«is près d'une petite table a droite , et déponent. Un garçon Ici sert.

BONxivET. Décidément, ma chère amie, je mil enchanté du détour que nons at/ons lait pour visiter Rouen, que tu ne con- ISaifl pas... Ces nouveaux hôtels SUf les quais sont d'un luxe tout parisien... des lallcs décorées avec élégance, une rue uiagniQque... et u" excellent déjeuner,

parbleu! (// fcVcif, et en posant sa tasse , «7 9 9û€Ti oit que. Clotiltie est dis traite et ne to'ii/ie pas d la sienne.) A quoi penSCS*4ll dOUC?

ulotilde, revenant d elle. Moi! à rien...

Lites-moi, mon ami, ù quelle heure par-

Kirons-nott! demain matin ?

BONNIVET. J'ai commandé les I li<vatix

pour huit heures... ainsi, nous avons une nuit complète pour nous reposer... Mais ça ne m'explique pas pourquoi tu es distraite et rêveuse... Qu'est-ce que c'est ? Qu'as-tu donc ?

CLOTILDE. Mais je n'ai rien.

liONNIYET. Si fait... Cela t'a pris deux ou trois jours avant notre départ de Boulogne, car auparavant tu étais d'une gaité fort satisfaisante.

Air de foliaire chez Xition,

Tu me lenbltU chaque matin Aimable , contrôle el foyCOM I

Quel accident ou qui 1 chagrin

'1 t- rend ainsi ti U)CC t\ i •' \ CUM ?

Parle, d'où rleol cel enopi

1 ". 1 » < mi! l'i iiiuic, < lien amie, IN»- font qu'ira seul.

Nota. Les acteon mol inscrite rn t»"t'- de chaque aeèac comme ili doiteat rire placée rav le théâtre le premier inscrit lirai lonjonn la ganche du spectateur, cl ainai de suite : les ebangemecu dans le rotirant des scènes sont indique* pai de» notes

SrpPLÉM.

LE MAGASIN THEATRAL

CLOTILDE

C'est pour cela : (A demi-voix). Quand jç suis seule, je in 'ennuie.

Its se lèvent.

BONNIVET. Je lais cependant tout ce que je peux pour te distraire... Tous les étés, un voyage de plaisir ou de santé, ce qui revient au même... Cette année, aux bains de mer de Boulogne... L'année précédente, en Italie... 11 y deux ans, aux eaux de Bagnères...

CLOTILDE, vivement. Arrêtez, mon ami, je vous en conjure, ne me parlez jamais des eaux de Bagnères.

BOiVMVET. C'est juste, et je t'en demande pardon... ce souvenir-là m'est aussi pénible qu'à toi... Ce pauvre jeune homme, avec qui j'herborisai dans les montagnes, et que j'avais pris en amitié.

CLOTILDE. Finir d'une manière aussi déplorable !

BONNIVET. Aussi absurde! aller se tuer, et sans dire pourquoi , encore!

CLOTILDE. On m'a assuré, à moi , que c'était par amour.

BONK1VET. Quelle bêtise!

CLOTILDE. Hein?..

BONNIVET. Je dis : Quelle bêtise!

CLOTILDE. Ah ! c'est que vous ne pouvez comprendre un pareil dévouement...

Vous ne seriez pas capable de mourir pour une femme.

BONNIVET. Jamais !

CLOTILDE. Pas même pour la vôtre?..

BONNIVET, J'en serais bien lâché... et elle aussi , je l'espère... Car il y a un raisonnement bien simple que devraient faire toits ces cerveaux brûlés... Ou celle que j'aime sera délice de ma mort, et je suis trop galant homme pour lui causer un pareil chagrin : ou mon trépas lui sera indifférent, et alors je serais bien dupe de lui donner ce plaisir-là.

CLOTILDE. Est-ce qu'on raisonne , quand en aime ?

BONNIVET. Certainement... C'est parce que j'aime ma femme et mes enfans, que je me dis : «Je leur serai plus utile en vivant «et en travaillant pour eux... » Aussi, sois franche, qu'est-ce qui te manque?.. Y at-il dans Paris , une femme de notaire plus heureuse que toi?.. La clé de ma caisse n'est-elle pas à ta disposition?.. Maison de campagne l'été , quatre bals dans l'hiver, et un quart de loge à l'Opéra... secondes de côté...

CLOTILDE. Je ne dis pas non...

BOXMVET. Et s'il te faut quelqu'un pour

t'obéir les jours de caprices, ou pour te plaindre les jours de migraine... est-ce que je ne suis pas là ?. . Est-ce que je ne te suis pas nécessaire?.. J'en suis persuadé, et si tu devenais veuve, ma pauvre femme, j'en serais désolé pour toi... encore plus que pour moi.

CLOTILDE. Oui, sans doute, vous êtes un bon mari...

BOXXIVET. Je m'en vante, et un mari qui aime à vivre... Aussi, ne parlons plu= de touteela; etpour dissiper tes idées noires, viens donc respirer l'air frais de la rivière.

11 ouvre la fenêtre et passe sur le balcon.

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