‹ Pièces de théâtreChapitre 330 sur 1241 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

CLOTILDE, sortant de la porte d droite; FIlKNAND , au fond du tludlrc.

CLOTILDE, sans le voir. Quatre heures viennent de sonner... heureusement mon mari n'est pas enoore rentre. .. Je me soutiens à peine... Ah! j'ai une frayeur!.. \Jille passe d gauche du iluâtrc; se retournant el apercevant Fernand. ) Le voilà !

FERNAND, sf avançant près d'elle. Oh!

que vous êtes bonne ! Laissez-moi tomber à vos genoux et vous bénir comme mon ange gardien. .. Ah 1 madame, vous sauves la vie d'un malheureux !

CLOTILDE, arec candeur. Oh* bien certainement, c'est pour vous sauver la vie... sans cela...

• Fernand, Clotilde.

FERNAND. Je n ose croire à tant de bonheur... et cependant c'est bien vous, là, près de moi, et nous sommes seuls, et je puis vous dire que je vous aime, (pie désormais je ne puis vivre loin de vous!

CLOtilde. Parlez plus bas... votre sœur.. .

FERNAND. Je l'ai éloignée.

CLOTILDE Mais mon mari ?..

FERNAND. Je l'ai remis en mains sfir^s.

CLOTILDE, effrayée. Ali! mon Dieu.

fernand, ta retenant. Vous m'avczpromis de m'écouter.

CLOTILDE. Etqu'est-cequeje fuisdonc?

FERNAND. Oui, c'est beaucoup, sans doute... mais suflit-il de m'écouter, si vous vous obstinez à ne pas comprendre tout ce qui sepasse.au fond de mon âme?., et pour cela, il ne faudrait pas détourner vos regards que j'implore...

Il s'approche davantage.

CLOTILDE, voulant s'éloigner. Monsieur!., monsieur!., est ce là ce que vous m'avez promis?.. Oh! je m'en souviens, moi...

vous m'avez juré que la raison...

FERNAND. La raison!.. Et quel empire pourrait-elle conserver sur celui qui ne se connaît plus ?.. sur celui dont l'aine est en proie au plus violent désespoir?

CLOTILDE, effrayée, et d part. O ciel!

(Haut.) Certainement, monsieur, je serais désolée d'être cause d'un malheur... vous le voyez bien... Mais vous, de votre côté, aidez-vous un peu et soyez raisonnable... car, enfin, vous ne demandiez ce matin que juste ce qu'il fallait pour vivre.

FERNAND. Kt à quoi me servira cette vaine faveur?., à prolonger de quelques jours mon existence.

CLOTILDE. Que dites-vous?

FERNAND. Que je ne serai pas mort à vos yeux... que vous vous serez épargné un pareil spectacle... voila tout... [Avec égarement.) Mais demain , madame, nous serons séparés!.. Demain, YOUS partirez ! . .

CLOTILDE. Certainement... Aujourd'hui, si je le peux.

FERNAND, avec frénésie. Et vous voulez que je vive.

CLOTILDE. Eli bien, non, monsieur, non, je ne partirai pas demain, je vous le promets.

Air : On me dit gentille, (de Labarre.)

Ah ! quelle souffrance !

Il y va , je pense , De son existence...

Point de cruauté.

ETHli AIME OU MOUltJIl

Je tremble, Voyez , et pour cause , A quoi l'on s'expose Par humanité.

FER ■ AND

Ah ! si ma voix a su se (aire entendre , Si vous avezpiùc d'un malheureux , l'rouvez-le-moipar un regard plus tendre, Un seul regard !.. ouj'expire à vos yeux! Ou j'expire à vos yeuxl clotilde, à pari.

Ah ! quelle souffrance !

Il y va, je pense ,

De son existence...

Point de ciuauté.

Elle le regarde arec douceur, et dit à part. C'est si peu de chose!..

Mais voyez , pour cause , A quoi l'on s'expose Par humanité.

Se rapprochant de Fernand.

Mais désormais vous jurez de suspendre Vos noirs projets?..

FERNAND

Pour qu'ils soient oubliés , Sur cette main que vous daignez me tendre , Un leul baiser... ou je mettra à vos pieds Ou je meurs a vos pieds.

CLOTILDE, à part.

Ah 1 quelle souffrance !

Il y va, je pense, De son existence...

Point de criuuité.

Elle lui laisse baiser sa main , et dit a part C'est bien peu de choie...

Mais vo\ez, pour cause, A quoi l'on s'expose Par humanité.

C'est bien peu de rhose , ete.

ferkand, qui s'est jeté à scs pieds.

Délire et tendresse !

Sa main que je pretM Fait battre d'ivrose Mon cœur enchanté !

M. 01 II, DE, se défendant et le repoussant.

. <m>iciir! moinietir !... [On frappé a U

porte.) Silence î

BOSXIVET,™ dehors. Ma femme, onwe-inoi.

clotildb. C'est mon mari]

iir.wvn, d part. Comment, diable

Saufigoy l'a t-il laissé .'•< ha] p

clotilde, à roi. i basse. Parlai, de -

ce!

VElWWn . t/r ))h\,i.\ A condition qu'aussitôt son départ nous reprendrons cet entretien... Vous nie le promettez ?

CLOTILDE, hors d'elle-même. Oui... oui, tout ce que vous voudrez, si vous partez ù l'instant.

FEHN WD , pendant que Cou frappe encore. Et par ou/.. Ah! lachambre de rua sœur... c'esl un asile assuré.

CLOTILDE, voyait (pi il s'y enferme.

Surtout, quoi qu'il arrive, n'eu sortez pas .. Kl moi, allons ouvrir cette porte... Mon Dieu! HïOU Dieu! que de peine pour lui sauver 1 i vie !

Elle va ouvrir la porte dufund.

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scèm«; XIV.

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