‹ Pièces de théâtreChapitre 339 sur 1241 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LADISLAS, l'INCONNI .

(An lever do rideau, F droite da tl>

dioitr de l'.Kifui '. se promène vivement el avec impatient \ inche an iaconnn marche lentement, les lu. is i i" ., ri semble plonge daus de pi ofondes i e'ucx ii

L idisl \s. Pci tonne i cette heure Lans It s jardina de L'Uerniitagc ! per-

* L« acteurs sont plat 1 1 en u te de chaque u eue rumine iU doivent l'être un le tl ' l -• premiei inscrit tient toujours en sci ne la g niche • 1 • » si leur, ainsi de suite. Les changemeua de position dans i,: cou, mi de . rut indiqtu i au bi

pagta,

Bonne, que monsieur... ce qui revient au même car il ne me von pas et ne dit

i i tu

(Il recommence ,'t se promener.)

l.'lM.owr, à part, tt rrcint. Oui, c'est

li Le chemin île Conetantinople* . et nous

\ h i i\ | ions !..

(Il recommenc menei en changeant de di*

H' non et se trouve nn a dcï avec Lanial

L4DI8LAS Pardonj monsieur; quelle heure est-il '

i. inconm , surpris , t'arrête , le regardé

dr la tt'tc OU t pirds. ."Seul lient <

(Il iccommciicc h se proCUSaff»)

Lli MAGASIN 1UEA1KAL.

ladislas. 11 parait qu'il n'aime pas à

causer... Il a tort c'est ce qu'on a de

mieux à faire quand on attend... et il a l'air d'attendre comme moi... (En ce moment , Vinconnu qui a remonté le théâtre se trouve encore près de lui.) Pourriez-vous me dire , monsieur, à quelle heure se lève le prince Potemkin?

l'inconnu, froidement. On n'en sait rien \ souvent il ne se couche pas.

ladislas. C'est juste ! les ambitieux ne dorment point , et n'ont pas le teins de s'amuser... et quoique dans ce moment il soit de fait empereur de toutes les Rus-

sies c'est un pauvre diable que je

plains bien.... Le connaissez-vous, monsieur ?

l'inconnu. Oui, monsieur, et vous?

ladislas. Je ne suis jamais venu à Saint-Pétersbourg. J'arrive de Varsovie... Ladislas, enseigne au régiment des gardes J'ai oblenu du roi Auguste Ponia-

towski notre souverain Irois mois de congé , dont j'ai voulu profiter... et, pour prendre l'air, je suis venu à pied en me promenant jusqu'à Saint-Pétersbourg. ..

l'inconnu. A pied...

ladislas. Mes finances ne me permettent pas d'autre équipage... Officier d'infanterie : deux mille roubles de traitement ; ce qui fait , avec ce que j'ai , quinze cents roubles...

L'INCONNU, étonné. Comment cela!., et qu'avez-vous donc ?

LADISLAS. Des dettes!., comme tout le monde... on n'est pas officier pour rien... ça ne m'empêche pas de voyager comme un prince...

Air du Piège.

Rêvant gaf ment en mon chemin,

.!<■ suis, au gré de mon envie,

Boi, général... j'ai dam ma main

Tous les trésors de la Russie!

Fier conquérant, j'ai dans mon lot Tout le pays <!"• Ml1' U carte existe... I.t ne mVvci!le, lirlas! que quand il faut

Payer celle de L'aubergiste !

l'inconnu. Je comprends... alors vous venez ici chercher de l'avancement?

LADISLAS. Du tout!

l'inconnu. De la fortune?

ladislas. Encore moins... je n'y tiens

pas je ne suis ni avide , ni ambitieux

comme Potemkin... ou plutôt je le suis bien pins encore; car l'objet de tous mes vœux , le but auquel j'aspire , et que j'atteindrai... en un mot, L'idée fixe qui me poursuit... c'est la plus aimable et la plus belle femme de la cour... rien que cela.

L'INCONNU , vivement, C'est Catherine!.

ladislas. Y pensez-vous?.... celle-là n'est qu'impératrice ! mais l'autre ! c'est un ange une magicienne qui m'a ensorcelé, et pourtant je ne l'ai vue que deux

soirées en ma vie aux bals du roi à

Varsovie , lorsqu'elle traversait la Pologne...

l'inconnu , à part. Il est d'une confiance très-amusante .. (Haut.) Et vous avez dansé avec elle?..

ladislas. Mieux que cela , mon chei ami ! j'ai valsé... concevez-vous toute l'étendue de ce mot là?., j'ai valsé avec elle... si elle était ma femme, elle ne valserait avec personne!.. Aussi, je ne conçois pas comment ma raison y a résisté, comment je n'en ai pas perdu la tète.

l'inconnu. Il y a bien quelque chose.

lxdislxs. Et ce n'est rien encore ! — plût au ciel qu'elle fut née dans la condition la plus pauvre ou la plus obscure . quoique gentilhomme, je l'aurais épousée sur-le-champ... Mais jugez de mon désespoir, lorsque j'apprends que cette femme si jeune et si belle est comblée de tous les dons de la fortune et de la naissance ! nh ! quelle injustice î et qu en avait-elle besoin ? i1. eu est tant d'autres qui ne peuvent s'en passer... et je sentis mon sang se glacer dans mes veines quand 00 lue dit : C'est la plus illustre dame de la cour de Russie... en un mot, la nièce du prince Potemkin.

l'inconnu , vivement. La comtesse Bra niska. .

LADISLAS. Oui, mon cher ami! Sil

nièce... sa seule héritière... et bien plus .. une réputation inattaquable.», une rigidité de principes... entiu, de toute la cour, la seule vertu peut-être — c'est jouer de malheur... aussi quand je songe à la peine que j'aurai à réussir...

L'inconnu. Quoi , sérieusement vous y pensez ?

LADISLAS. Je ne pense pas à autre chose...

Air '• Vaudeville delà Famille dt VApolhiaur, . Oui, quel qu'en soit le u-Miltal...

l'inconnu.

Quelle extravagance est la votre!

LADISLAS

Amoureux d'elle est mon état,

C'est le seul, je n'en veux pM «l'autre !

l'inconnu , souriant.

Cen est un...

LADISLAS

Pour un amateur, Fort agréable* je le pense , Mais <!.msci'lui-i:<, par mail n . trouve tron i! ' coi • •• renée.

L'iSCONN.l^equi voub y iera renoncer.. .

LADISLAS. Non pas.... lorsqu'on a une vocation prononcée I lorsque ni le teins ni les obstacles ne vous découragent... il faut qu'on meure ou qu'on arrive ! c'est làdessus que je compte.

l'inconnu. Mais vous avez en outre quelque moyen... quelque espoir?

lvdiSLAS. Certainement! mais je n'en parle pas, parce qu'on m'a toujours reproché d'être indiscret .. ce qui n'est pas vrai... On accuse les Polonais d'être les Français du nord !.., c'est souverainement injuste... pour moi du moins... et je vous demanderai seulement si vous connaissez le baron de Rielof?

l'inconnu. Le trésorier du palais?

LADISLAS. le me suis rappelé que c'était un parent éloigné... un arrière-cousin... est-il obligeant?

L'INCONNU. Mais, oui... quand on n'a pas besoin de lui.

ladislas. C'est mou affaire!., je ne lui demande rien que de me présenter au prince en qualité de secrétaire... sous-secrétaire... il en a tant!.. Je ne tiens pas aux appointemens... mais je tiens à être chez lui... parce qu'il loge avec sa nièce dans le même palais... vous comprenez... c'est pour cela que je suis couru de grand

matin chez mon cousin le trésorier Sa

porte est fermée !

l'inconnu. Même à^es cousins?

LADISLAS. lien a peut-être tant depui qu'il est trésorier, qu'il a été oMj.-;é de prendre une mesure de famille...

L'INCONNU. Ce qui vous a découra

lvdisi.vs. Non pas... je ne me découpas ainsi!.. On m'a dit qu'il se rendait le matin au palais. . . et dans ce jardin qu'il doit traverser — je l'attends — pour préparer une scène de reconnaissance et lui sauter au cou — mais j'ai réfléchi que ne l'ayant jamais vu... ma sensibilité pourrait se tromper d'objet et tomber sur le premier venu... à moins de Leur demander à tons : Ktcs-vous mon cousin?

L'INCONNU. Ce qui serait pénible...

i . \imsl\s. Pour L'instinct de la Ratura ,

et pour la voi\ du

l'incovm . Mais tenez.. . R mut vers le fond o droite, , elle ne risquera point d'erreur; <ar roka le hacea de Hitlof qui vient dans celle ail femme , Ah \in;i

LADISLAS , remontant ir~

dant du mime < ôt . Vlaco lue!. . C imbu n je rous remercie !.. el quoique i* o'aie pasThoniu in de vous» onu i je puis

m acquitter jamais d'un t I «ervii

l INCON \». t i moi qui vous suis redevable.

LADISLAS

Ain : Le fils du prince (de M. de Feltre).

En vous tant de bonté se montre.

i. isconhc.

Vous entendre est un tel plaisir...

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