SCÈNE VII
DÉSAUNAIS; Commis, au fond; Huissiers, puis
DESAUNAIS, se jetant dans son fauteuil.
J'en ferai une maladie!... Si j'avais seulement le nom d'un conjuré !... le plus petit indice... Avee mon habitude!... Et ce malheureux qui a entendu; C'est pour demain... et qui n'a pas l'esprit d'en entendre davantage... Le misérable ! si je le tenais!... s'il osait se représenter!...
PERRIN , au fond et repoussé par les huissiers. Le citoyen Désaunais ?
IiKs.u'NaiS, brusquement, cl sans regarder. Je n'y suis pas.
Pi.r.r.iN , aux huissiers.
Comment ! il n'y est pas... je le vois d'ici.
UN HUISSIER, le repoussant.
Il ne reçoit personne.
PERRIN
Il faut pointant que je lui parle. Ah! mon laissez-passer... je n'y pensais pins. (Donnant un papier à l'huissier.) Porte/ - lui ce papier... dès qui! saura que C*est moi, VOUS verrez... DÉSAUNAIS, lisant sur le papier.
Michel Pcrrin... Ah! parbleu! il arrive à propos.
PBRRIH , à l'huissier qui le retient toujours.
Qu'est-ce que je vous disais?
DÉ8A1 nais, à lui-même.
Je m'en vais le traiter... (Il a ouvert le papier, et y jette les yeux. ) Que vois-je !... ces noms. (Lisant.) LecOgneUX, Landrî, .ban Durand!... (11 se levé, et se promena .nrr. agitation, en regardant tonjours le papier). Jean Durand... c'est le nom de
guerre <!<■ < ■<■ ( îrussac... un conspirateur que nous surveillons , et qui se trouve à Paris! c'est leur
chef, sans doute... I.t cette liste?... CcSI clair,
< esl la liste des conjurés !... comment diable a-t-il Fait?... Oui!... mais la bette avance! Des noms supposés!», par une adresse;., pas un point de réunion I (Regardant toujours la liste.) Etienne Lon{jjuineau,Chapotel...Chapote] ?... Eh ! mais, nous avons un Chapotel .unie d'hier an soir,
corn il essayail d'embaucher des soldats de la
garde des consuls!... Ça doit être cela. En l'in-
terrogeant, en le tournant adroitement , noua
pouvons saisir tous les autres!... Oui, oui , ç'esl cela... nous les tenons! (A l'huissier.) Faites dune entrer le citoyen Peu in. (A lui-même.) Quel homme! avec son air simple... et quelle découverte ! quand je ne savais plus ou donner de la tête !
(Perrin entre; les employés se retirent; les portes se re-
referment. )
PERRIN *
Pardon, je vous dérange peut-être?
DÉSAUNAIS , avec admiration.
Me déranger !... (lui serrant la main.) c'est-àdire,mon cher, que c'est superbe, c'est admirable, c'est ma.'jnirique!
PERRIN , étonné.
Quoi donc ?
DÉSAUNAIS.
Ce que vous venez de faire... un coup de maître!
Bab!... qu'est-ce que j'ai donc fait?
DÉSAUNAIS.
Et il le demande!.... vous avez sauvé la France !
PERRIN
Moi !... j'ai sauvé... (A part.) Si j'y comprends un mot...
DÉSAUNAIS.
Et voulez - vous que je vous dise quelque chose ?
PERRIN , avec empressement.
Oui, vous me ferec plaisir.
DESAUNAIS.
Eh, bien; je VOUS avais deviné !... Un autre à ma place aurait dit... voilà un lourdaud !... un t'ustre... un homme incapable!... moi, au contraire, je me suis dit... voilà un homme essentiel... d'autant plus extraordinaire , qu'il n'a pas
Pair d'y toucher... et la preuve, c'est que j'avais déjà prépaie un rapport particulier sur vous!... tenez. (Il lit œ qu'il avait commeni i . ) a Je propose « au ministre «le remercier le cito\ en Michel IVi -
« rin... (écrivant.) de SCS 961 \ M es... et de lui accoi -
« der une gratification de douze cents francs !..."
i'errin, vivement.
.le ne les prendrai pas.
Pourquoi donc?
I'ERRIN.
Parce que je n'ai encore rien rail !...
IH-.S4UNAIS.
Rien fait !...
n mata.
Plus tard... je ne dis pas, unis verrons! mais il faut avoii travaillé autrement que ça... (Cbati aveni de (<>n.) Voyons un peu... je venais vous dire...
■ pi launui • Pei i lu