SCENE IV
ABIGATL, NABUCIIODONOSOR , Orn-
CIERS E.NTRANT.
\ Mil CIIODONOSOR. Abigaïl !..
abigaïl. Oui, seigneur, ta fdle qui demande le châtiment des audacieux qui cachent leurs insultes à L'ombre de ton nom ; car il n'émane pas de toi cet ordre qui me tient prisonnière dans mou palais... prisonnière, moi !..
[Stu un signe du roi les officiera sortent.)
SCEiNE V.
ABIGAIL, NABUCIIODONOSOR.
NABL'CHODONOScm. Ces hommes n'ont agi que par ma volonté... n'ont parlé que par ma voix.
ABIGAIL, avec dépit. Ah! j'aurais dû le deviner en effet ; j'aurais dû me soumettre en silence à cette nouvelle humiliation... ce n'est après tout qu'un outrage déplus... et Abigaïl en a tant essuyé... mais sa patience se lasse à la fin... mais pour s'être pliée long-temps, sa fierté n'est pas brisée encore... et Abigail trouvera en elle assez de force, assez de courage, pour demander compte à Nabuchodonosor lui-même de la préférence qu'il accorde à lapins jeune de ses filles.. . préférence odieuse et qui ne s était jamais révélée comme en ce jour... Phénenna a méconnu l'autorité royale — Abigaïl a pris les armes pour la faire respecter... Phénenna est libre dans son palais et Abigail est prisonnière dans le sien. Pour Phénenna, des caresses, des récompenses... pour Abigaïl, des reproches et un châtiment. Seigneur. *. seigneur, il Tant
que cela cesse je ne peux plus souilrir
et me taire... et quand une lille de roi se plaint, elle se plaint haut et devant tous.
\ \ni CBODONOSOB. Tu oublies trop que mon regard, plongeant au fond des cœurs, y sait aller chercher les pensées les plus intimes.. . Depuis long-temps je sais ton secret... je sais ton e.spoir... si tu as pris les armes, ce n'a point étépOÙT faire inspecter mon autorité méconnue , mais bien pour fonder la tienne.
NABUCH0DON03OR.
ABIGAIL. Babylone croyait à la mort de son roi... le peuple m'appelait au trône... car c'était a moi qu'il appartenait d'v monter... ma «naissance...
> \iii CHODO.VOSOR. Ta naissance!., tu invoques la naissance.'., malheureuse, tu vas la connaître... lu vas voirai tu dois jamais t'élever jusqu'à ce trône que tu ambitionnes...
ABIGAIL. Que voulez-vous dire , mon père!
xuiljciiodonosok. Àbigaïl, vous n'êtes pas devant votre père, mais devant votre maître... vous n'êtes plus une fille de roi, mais une esclave... et c'est à genoux que vous devez m 'entendre.
ABIGAIL. Seigneur !..
NABUCHODOfVOSOB, fui prenant la main.
Esclave, à genoux!., et maintenant reconnais-tu cette enveloppe mystérieuse que tu m'as vu toujours porter sur mon sein, et qui devait être brisée devant tout le peuple assemblé, si la mort m'avait frappé sur un de mes champs de bataille... (la fui montrant) la reconnais-tu?
ABIGAIL. Oui, seigneur.
nabijchodoxosor. Bien souvent tes regards inquiets se sont arrêtés sur cet écrit. . . bien souvent, ils m'ont demandé le secret qu'il renfermait, et que ma pitié te cachait... tremble!., ce secret, tu vas le connaître... et ce secret, Abigaïl, c'est celui de ta naissance.
abigail. Qu'entends-je ?
NABUCHODOXOSoii. Lis et prononce
toi-même ton arrêt.
ABIGAIL, prend l'écrit et lit : « Avant » de mourir, avant de paraître devant un » ]>ieu qui punit le parjure et la trahison; »» je déclare et j'atteste qu'Abigail... est le >• fruit d'un crime ; je reconnais qu'Abilïl, n'étant pas du sang royal, n'a au- « «un droit à l'empire d'Assyrie... heu- » rcu\, si mon souverain satisfait de ma » mort veut bien laisser vivre mon en— » fant. >»
Sfglié : Amasis, Ministre et serviteur indigne du puissant roi de Bahylune.
IB1GAIL. C'est impossible
NABUCHODONOSOR , reprenant f écrit. Au has de cet écrit, une autre main a tracé
> Amasis a écrit la vérité, ■ je L'atteste et je remercie Le puissant roi, » mon maitrequi a daigné faire gi ai e à notre » enfant, et ne frapper que les coupable
Signé Blmai.
m ii.mi . "Ma mère!. .
\ xr.i ( BODONOSOB. Ain a
Elmaï, ta mère, moururent pai mon ordre,
et tu \< < u> loi , car le ciel pouvait me ic-
fuser un autre enfant, un rejeton de ma race, et je ne voulais pas que mon empire fût détruit après moi... j'aurais anéanti cette déclaration... je t'aurais laissée reine peut-être, si Phénenna, ma fille bien aimée, ne m'était venue... Au jomde sa naissance, j'aurais dû te cha^er, toi, étrangère. . .toi, qui me rappelais un crime., j'eus pitié de ta jeunesse et de ta beauté ; mais aujourd'hui que tu m'as trop fait repentir de ma faiblesse... aujourd'hui que je t'ai vue près d'enlever à ma fille un trône auquel, seule, elle a droit.... aujourd'hui, ton sort va changer... une solennité se prépare, qui doitasseoir à jamais ma puissance, et frapper au cœur ces prêtres insolens qui voulaient précipiter ma Phénenna du trône pour s'y placer avec toi... Tout-à-l'heure, devant macour,mon peuple et mon année, tu vas déclarer que tu renonces pour toujours à la couronne... à ce prix tu deviendras grande-prêtresse... je tairai la bonté de ta naissance, et pour tous, tu seras encore noble et grande... mais si tu me refuses, à tous je lirai ce que tu viens d'apprendre... je te chasserai du palais, et tu seras la dernière de ce peuple dont tu voulais être la reine.
abigail. Eh quoi ! tout ce que vous m'avez dit n'était pas un horrible ri vous ine déshéritez du trône... vous m'immolez sans pitié aux intérêts d'une rivale... vous m'écrasez sous ses pieds? et vous voulez encore que je sois l'instrument de ma ruine ! vous voulez que ma voix s'élève et dise à tous : Je suis indigne de la couronne et j'y renonce.... mais je ne trouverais pas de force pour faire cet humiliant aveu., mais je serais morte de honte et de rage avant de l'avoir achevé... Tu parles de pitié... tu m'as fait grâce , disais-tu?... mais il fallait nie tuer le jour où Phénenna te fut donnée ; je n'étais qu'un enfant, et j'aurais moins regretté la vie!.. Tu pouvais alors me dépouiller d'une destinée que
j ignorais moi-même.
.Mais
non , ta ven-
geance n était pas assouvie... ce n était point assea du sang de deux infoi tunes , il te fallait pour leur fille nn supplice noo* \ < .m... tu bu as montré le tronej 1 la puissance ; puis, tu lui arraches tout cela pour en doter une autre; puis tu lui donnai en échange une naissance honteuse» wn
toile pOUI I ni Bgl ni Bt un temple
pour plein ei et nioui n .
i i soi. Abig ni , la di i Isration que je te demande | mon peuple L'entendra au*" jouidliui... qu alla aorte ds ta boucs*
de la mienn
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LE MAGASIN IEATHAL.
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