‹ Pièces de théâtreChapitre 542 sur 1241 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

MANASSÈS, ABIGAIL.

( Mariasses entre précipitamment , et voyant Abigaïl

sYcrie : )

mwassès. La voilà !...

(Il court à Abigaïl et met un genou en terre.)

ABIGAIL. Qui es- tu?

mwassès. Un Juif... et ton esclave.

ABIGAIL. Ton nom?

MANASSÈS. Manassès.

abigaïl. Que veux-tu?

mwassès. Te servir.

ABIGAIL. Toi!...

M\\ASsi:s. Moi.

abigaïl. Et que peut pour moi le Juif Mariasse

M\\ASsi:s. Abigaïl... ne fera-t-il pas beaucoup pour toi et ta fortune , celui qui pourra t'aidera perdre Phénenna, ta sœur.

abigaïl. Ma «eur!...

M\\\ssi:s Je me trompais... ta rivale.

ABIG ML. Achève.

"wwxssLS. Tout-à-l'heure Phénenna a fait briller aux yeux de l'officier commis

à la ftarde d'Ismael les plut ricins perles, les plus etineelantes pierreries de sa couronne de régente, et le gardien a promis de ne pas voir fuir Ismael.

abu; ml. Ismael!

mxwssès. Je sais quelle route il doit

prendre ; mais, esclave dans re palais, je ne puis en soi tir.

ABIGAIL. El que t'importe à toi qu'lsmaël soit libre.1 Ismael n'est-il pas ton frère ?

manassès. Lui !...oh ! non... Ismael...

est un traître!... Ismael est un maudit... j\ 'est-ce pas lui qui a livré à Nabuchodonosor les otages précieux que le hasard avait mis en notre pouvoir ? n'est-ce pas lui quiafait La ruine et la honte delà sainte cité? n'est-ce pas lui qui nous a chargé de fers pour un sourire et une caresse de femme! Entré dans Babylone seulement hier, et à la suite du vainqueur, j'ai revu Ismael... je l'ai revu presque libre dans ce palais, protégé par la fille du maître, et quand tous ses frères gémissent sous le poids des chaînes... quand tous expient dans l'esclavage la faute et le crime d'un seul... Ismael le traître , Ismael le maudit , retrouverait loin de ces murs , le bonheur et la liberté? oh! Dieu ne pouvait le permettre .. c'est lui qui m'a rappelé que tu détestais Phénenna autant que je hais Ismael... Ah ! n'est-ce pas, Abigaïl, n'est-ce pas, que si je te donne le moyen de te venger de l'une, tu me donneras, toi , le pouvoir de me venger de l'autre?

abigaïl. Comment?

MANASSÈS. Laisse sortir Ismael de sa noble et riche prison... quand il sera hors des murs de Babylone , accuse ta sœur de l'avoir délivré , et moi , que tu auras fait libre , je suivrai Ismael , je le frapperai , et satisfait d'avoir puni le traître et vengé les miens... au peuple et à JNabuchodonosor lui-même, je dirai, si tu veux, que je n'ai rien fait que par tes ordres.

ABIGAIL. Ismael doit sortir de sa prison?

MAX \ssi.s. Dans une heure.

ABIGAIL. Dans une heure! c'est bien...

va m'attendre dans mon palais... avant une heure, tu me reverrras.

MANASSES. Abigaïl, avant une heure.

(Il sort.)

SCEIXE VIII. j

LE GRAND-PRÊTRE de Bel, ABIGAIL,

Mages.

(Au moment OÙ Abigaïl va pour aller retrouver Manasses, le grand-prêtre et Les prêtres de Bel entrent par li droite; a leur vue, Abigaïl s'arrête et les écoute.)

LE GRAND-PRÊTRE. Il n'est plus possible de supporter le despotisme de cet homme.

i \ PRÊTRE. Comme il nous a humiliés !

LE GRAND-PRÊTRE. Et qu'a-t-il voulu nous faire craindre en nous menaçant d'un

châtiment nouveau .' je frapperai plus haut que vous, a-t-il dit; mais ce coup retombera sur vos tètes.

NABUCHODO.NOSOR.

le prêtre. Vaine menace. 1BIGAIL. Nabucbodonosor ne menace jamais en vain.

toi s. Abigail !

ABIGAIL. Oui , Abifjaïl humiliée

tomme vous... insultée comme vous... et qui comme vous a la rage dans le cœur.

LE GRAND-PBETRB, Oui, il te repousse, Abigail , parce que tu es Chaldéenns et fidèle à ton culte... il te préfère sa Phénenna qui déjà nous brave et nous méprise... mais , grâce au ciel , c'est à toi que revient le trône à la mort de iSabueliodonosor , et tu y monteras bientôt , si le dieu Bel exauce nos vœux.

abigaie. Comment ! la puissance de \'abiuhodonosor vous pèse-t-elle à ce point, que vous en dédiriez voir le terme?

j.i: <;ua\d-prètre. Son sceptre nous écrase.

ABIGAIL. Les grands ?

LE GRAND-PRETRE. Le détestent.

ark; mi.. La peuple?

LE en and-prètre. Le craint.

ARlGAlL. Et moi... que pense-t-on de moi ?

LE GRAND-PRETRE. Toi, tu es l'amour et l'espoir des ma{;<

abigail. Les grand* ?

le c.it.WD-PRÈTRE. T'aiment parce que tu es fière .

ARIGAIL. L'armée?

LE GR.WD-PRÈiRE. T'a vue la conduire à la victoire, et combattre dans ses rangs,

ABIGAIL. Le peuple?

LE GRAND-PRÈTRE, Tu marcheras à la gloire., et le peuple te suivra.

AftIGAlL. Ainsi donc, si tut danger me menaçait, vous me défendue/.1

TOUS. Oui...

Aim.AiL. Contre ISubucbodonosor luimême?

Page 1