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SCENE PREMIERE

ZACHARIE, MANASSES, LE GRAIN D- PRÊTRE de Bel, ABIGAÏL, NABU- CHODONOSOR , PHENENNA, Mages,

Officiers, Guerriers, Peuple, Esclaves, Juifs.

(Après les danses, et sur un signe de Nabuchodonosor, tous les guerriers ont repris leurs armes, et du haut des terrasses, tiennent en respect toute cette foule. Moment de silence.) NABUCHODOIVOSOR , se levant et du haut de son trône. Babyloniens, j'ai voulu qu'une fête brillante célébrât mes dernières victoires ; mais cette fête n'est que le prélude du grand œuvre qui va s'accomplir.

Peuple, et vous tous qui m'entendez, avezvous pensé que je laisserais impunis les fauteurs des désordres qu'hier j'ai du réprimer... non sans doute; vous attendiez pour les rebelles, un châtiment terrible et dont la mémoire restât après moi dans les siècles à venir.... Votre attente sera surpassée : vous allez voir si Nabuchodonosor sait punir... et s'il existe au monde une puissance capable de lutter avec la sienne... Abigaïl, vous, qui n'avez pas craint de prendre les armes et de faire entrer la révolte jusque dans mon palais, levez-vous ; vous savez quelle preuve éclatant e et publique vous devez donner de votre repentir et de votre dévouement à la personne sacrée de votre maître.

ABIGAÏL, après un moment de silence^ se lève.., promène ses regards sur toute Rassembler... puis, avec assurance* J'obéirai, Beigneur, à te8 ordres souverains; pomme punir d'un zèle trop ardent peut-être ; tu m'as dit. : Renonce à la grandeur suprême, abdique à l'avance le pouvoir qui devait l'appartenir un jour... (le que tu as commandé, sera fait : mages, seigneurs, peuple et guerriers, Àbiga'il, la fille aînée de iNabuchodonosor, renonce à tous ses droits au trône. (Murmures. Elle regarde encore autour d'elle, et apercevant Mariasses, cl le dit à part aveu joie : Manassès! Puis elle descend les degrés du trône.) Mais, maintenant, mon père me permettra de lui rendre compte du dernier emploi que j'ai fait de cette puissance qui

m'échappe... Ce matin encore ma sœur et moi, nous avions le même pouvoir, il faut que devant tous je dise l'usage que l'une et l'autre, nous en avons fait.... Phénenna a sauvé un Juif ..

TOUS. In Juif!!

abigaïl. Ismaèl, condamné par Nabuchodonosor. ..lsmael a été délivré parelle.. . NABLCHOnONOSOit. Tu mens, infâme..

tu mens... Phénenna, dis-lui donc qu'elle te calomnie.

PHÉNENNA, se jetant à genoux. Ma sœur a dit la vérité...

abigaïl. L'homme que Phénenna avait sauvé... moi, je l'ai fait tuer.

PHÉNENNA, descendant aussi les degrés et courant à Abiga'il. Mort!... lsmael!... c'est impossible!..

manassès. Ismaèl n'est plus... Juifs...

c'est Manassès qui vous a vengés.

phénenna. Oh! mon père...

N ABi ciiODONOSOB. Insensée !

abigaïl. Seigneur, j'attends tes ordres., dans quelle retraite me commandes-tu d'aller mourir?

NABLCiiODONOSOB. Gardes, emparez vous de cette femme.

LE guand-i»bêtbe. Arrêtez !

NABLCIIODONOSOB. Téméraire!

1:1; GRAND-PRÊTRE. Seigneur, tu l'as entendu... Phénenna protège ouvertement les Juifs... et nous, qui adorons le Dieu Rel, nous la repoussons... Au nom de ce Dieu, Nabuchodonosor, de ce Dieu qui est le tien, et dont la protection fait toute ta forci-, nous te déclarons, que jamais Phénenna ne régnera sur Babylone.

LES MAGES. Jamais!!

nabi CHODONOSOK, se relevant en colère.

Est-ce bien à ton maître que tu parles? Phénenna a désobéi à mes ordres... méconnu ses devoirs... elle sera punie., mais qui donc avant moi, osera la condamner ici?... Toi !... et au nom du Dieu Bel?... Mais tu n'es rien, toi, qu'un esclave, et ton Dieu, qu'un mensonge!

LE GRAND-PRÊTRE. Ali ! seigneur, tu blasphèmes... tu ne crains pas...

NABUCHODONOSOR. Ton Dieu? eh! contre qui garde-t-il donc sa colère? Hier, des Juifs, des esclaves révoltés ont ren-

NABUCHODONOSOF i

versé sa statue, l'ont traînée dans la fange, et ton Dieu n'a pas lancé sa foudre, et son image est restée la face contre terre, jusqu'à ce qu'un ordre de moi l'ait replacée sur son auttl! et c'est au nom de te Dieu, que tu menaces? .Mais tu ne sais donc pas que la religion de 13el n'existe plus dans mon empire.'

le grand-prêtre. Qu'entends- je ?

\ MJLCHODO.XOSOii. Ne t'avais-je pas dit ce matin que je frapperais plus haut que toi? J'ai laissé brûler l'encens au pied de l'idole , tant que par la voix de ses prêtres , elle commandait à tous la soumission et l'obéissance aveugle; hier, prêtres et idole ont encouragé la révolte et ont osé lutter contre moi... aujourd'hui , je brise et l'idole et les prêtres... Les autels de ce dieu que je ne reconnais plus , seront renversés... j'ai profané le sanctuaire de Jérusalem... je détruirai vos temples... j'ai foulé aux pieds le souverain pontife des Juifs... je te chasse , toi , grand-prêtre de Bel, et je te dépouille de ces insignes de puissance que ma laveur avait laissé tomber sur toi... et maintenant, à vous tous je vais faire connaître le dieu qu'il faut adorer... c'est un dieu puissant pardessus tous les puissans de la terre... un dieu toujours fort , toujours vainqueur... un dieu qui frappe et qui tue celui qui l'outrage; enfin, un dieu qui, pour ministrts, n'a pas seulement quelques prêtres lâches et hypocrites; mais d'innombrables guerriers... et ce dieu... le voilà!...

(Il montre sa statue d'or.)

ABIGAIL. Lui dieu î...

m:s GUERRIERS, élevant leurs armes et criant trois fols. IS'abuchodonosor !...

mages, les grands, les Juifs reculent avec effroi ) NABUCHODONOSOR. A genOUX, donc!...

car ce dieu aura des faveurs et de l'or à

jetei à B( I fidèles... des tortures pour ceux

qui douteront... Babyloniens , adorez... et

je vous ferai tous riches et puissans

Juifs, prosternez-vous, et je vous ferai grâce de la vie... mages, humiliez- vous ,

et j<- vous laisserai peut- être briller l'encens ;i mes pieds. A genOUZ donc!... CRI

pour qui me résistera, je serai le dieu impitoyable.

(En <■<• moment les guerrteri de Nabuchodonoeor dirigent Iran armet iui la finir , ;ilwi«> le grand

prétrC juif s", iv. mer. )

eacharie. Roi de Babylone, renvei

cette insolente idole, si tu ne ven\ jusque

Dieu la foudroie !...

NUUCllODO.NOaOR. Vieillard, tu Bfl

encore... eh bien! tu vas voir si ta vaine divinité m'épouvante... à moi, mes prêtres, mes fidèles I... [Une joule de guerriers environnent le roiqui continue.) Entrainez ce vieillard aux pieds de la statue de votre dieu... qu'il m'adore... ou qu'il meure!

(Les gardes vont s'emparer du pontife.) PHENENNA , revenant a elle. O mon \n \ grâce ! grâce! pour les Juifs, n'est-ce donc pas assez du sang d'Ismael.

\ \m CHODON060R. Babyloniens , ledieu Bel ne demandait qu'un sacrifice de quelques victimes. .. Nahuchodonosor \ eut tout un peuple en holocauste... soldats sacrificateurs (désignant les Juifs), je vous Ils livre tous.

PIIi:\i:\\ \ , s'élance entre 1rs guerrier t les Juifs. Ah! seigneur! seigneur! tu

révoquer cet ordre impitoyable!

ivxBLCiiODONOSon. Non! non! mort...

mort à tous les juifs!...

PHÉNENNA. Mort à tous I ... o mon père,

tu ne sais pas quelle horrible sentence tu viens de prononcer! Seigneur!.,, seigneur!... fais grâce aux Juifs ou tue-moi, car je suis juive !...

(Mouvement.)

ABIGAIL. Juive !.. ah ! elle est perdue !.. ■ IVVBiXIIODONOSOR , qui est reste un moment comme anéanti. Juive!. . toi!... ma

Phénenna... ma fille!... Oh! Dieu d Israël !... tu existes donc!... mais je nie suis fait ton égal... et je lutterai — Phénenna, la première, tu t'agenouilleras de Tant cette image... et tu abjureras...

PHÉNENNA. Jamais....

N ARUCHOD0N06OR , l'entraînant. A

noux!... là... au pied de cet autel... abjure!

PHÉNENNA. («race!...

zacii arib , d 'une po« forte* Nabuchodonosor! Dieu va se v( ager.

NABUCHODONOSOR, tiut-U-Jait ri Abjure.. . ou meurs !.. .

PHÉNENNA, Q9tC fune. .Non... n«>n... je suis Juive!...

NABUCHODONOSOR, entièrement fiors de ////, et levant le fer utr sa fille. Et moi, je

iuifl Dieu »...

Crû d'effroi.)

[Aa moment <ui Nabncbodoi '»"'.

/. n li u H- étend M main ven lui ; la foudre ftron-

lc glaive échappe aui maint -Ir x vu. qm abandonne sa fille, el <|u«- relèvent au / !,,,!.- et lealèVite*. Toui lea .mtir» »|>o tateurs, |, s \ eux attache -

horreoi i fin ne

\ . [in nu-- !

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couronne, arracbec de Min fronl pai nu in*ii

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dçkimlie HMOède un «ilcnce pculoud.}

LE MAGASIN THEATRAL

NABUCHODOXOSOR , égaré. A moi ! . . . à moi!... on m'a frappé... là... là!.. (// porte les mains à son/mut. ) Et le coup m'a brisé le front...

pu L\r\\A, se relevant et courant à son père. Mon père!...

NABLCHODONOSOR, sans l'entendre. Fermez !... fermez donc cette horrible blessure !

ABie.AlL. Quel délire!

NABUCHODONOSOit. Sauvez-moi!... défendez-moi!... ne voyez-vous donc pas ce fantôme terrible qui se dresse... et qui s'avance... il me saisit... il me renverse!... ali! sa main, sa main de feu broie mon front! ( // se rouie à terre.) Etouffez-moi dans vos bras!... écrasez-moi sous vos pieds... mais non... non... je ne peux pas mourir... je suis dieu... dieu !...

phenenna , courant à son père. Oh ! mon

père. . . mon père, . , c'est moi, Phenenna! .. ta fille!...

abigail , à part. Si je pouvais m'emparer de cet écrit fatal!... (Ef/e porte la main dans lu poitrine durai.) Le voilà.

zvciiauie. A ous tous, reconnaissez enfin la puissance du Très-haut... Nabuchodonosor a voulu lutter contre Dieu... et Dieu l'a frappé de folie... Babyloniens, vous n'avez plus de roi... Juifs, vous n'avez plus de maître !...

ABIGAIL, nui s'est élancée sur le trône. Babyloniens! vous avez une reine... Juifs! vous êtes toujours esclaves!...

(Aces mots, les Babyloniens s'inclinent , et les Juifs se détournent avec effroi. Phenenna, toute aux soins quelle donne à son père , semble ne rien entendre. Tableau.)

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