SCENE VIII
NABUCHODONOSOR , PIIÉNENNA.
NABUCnODONOSOR , qui n'a pas cessé d'examiner Phénenna, et qui la tient toujours pressée sur son cœur. Oh! nemequitte pas... ne me quitte pas.
PHÉNENNA. Non... non... mon père.
NABLCHODONOSOR. C'est que je me sens mieux depuis que tu es là près de moi... Ta main... donne-moi ta main... pose-la sur mon front... Oh! merci, mon enfant... merci... c'est qu'il yavait là une horrible tempête... d'affreuses tortures... mais le nuage que j'avais sans cesse devant les yeux s'évanouit enfin... mon cœur bat... ma tête pense... je me souviens... je t'aime... ah !.. j'existe à présent, j'existe.
PHÉNENNA. Je savais bien que si je parvenais jusqu'à toi, tu serais moins malheureux... je savais bien que tu reconnaîtrais ta Phénenna... tu l'aimes toujours et tu la défendras, n'est-ce pas ?
NABUCllODONOSOR. Te défendre ?.. et quel danger pourrait s'élever jusqu'à toi?
PHÉNENNA. Tu ne sais donc pas qu'ils m'ont condamnée?., tout- à- 1 heure, on viendra m'arracher de tes bras pour me traîner au supplice!., oh ! j'ai bien souffert, sans doute ; il n'y a plus pour moi d'espoir de bonheur dansée monde ; mais je suis bien jeune pour mourir... et ma i u lie n'est pas encore finie... si je succombe tu resteras seul, mon père... seul... pas une voix ne s'élèvera douce et plaintive
pour endormir tes douleurs... pas une main n'essuiera tes larmes... 0 mon père ! défends-moi !.. ta Phénenna veut vivre encore pour souffrir et pleurer avec toi... n \i:i CHODONOBOH. On t'a condamnée !.. et qui donc?
phénenna. Abigaïl!..
NABUCHODONOSOR, dont la colite se rcpeiile. Abigaïl !..c*est-elleauite mer 10 mais elle n'est que tonesclave... mais elle n'est pas de mon sang !
i'iii.\i:\\ \. Qu'entends-je .'
N wiixiiuuoNOSon. Ei la preuve qui doit
perdre Abigaïl... tiens... je l'ai là... la ( Il fouille dans sa poitrine. ) .Ah!., rien..
rien...
phénenna. Mon père!., mon père, les
souvenirs te trompent... Abigaïl i>t ma sœur.
NABUCHODONOSOR, ci ,v. KRn ;
rien!
phénenna. Encore son délire !.. (Bruit au dehors ; elle t om t a la fenêtre, i Que de monde sur cette place... qu'attendent là i guerriers, ce peuple?., la victime qu'on leur a promise suis doute !.. mais Abdal me l'a dit... la sentence, pour être exécutée, doit être signée par le roi.. . oh ! mon père, tu ne livreras pas ton enfant. .. viens.... viens... appelle tout ce peuple à notre secours!., dis-lui que tu m'aimes... que tu me pardonnes... viens... nul n'osera étouffer ta voix... entre toi et ton peuple, qui osera se placer ?