SCÈNE II
M»" GALOCHARD, B1 SSI Bl HSE- R \I)I\, paraissant dans U/onà, et vtmanA dé la droite.
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MAGASIN THEATRAL
pour un coureur , pour Oïl nomme susceptible delà compromettre?..
BUSSY, vivement à Benserade. Plus de doute , elle est ici !
Mme GALOCIIARD , avec humeur , en descendant la scène. Bon ! le voilà qui s'éloigne par le potager , et qui court encore après cette petite Suzon *.
BUSSY, s* approchant un peu vite. Ma chère madame Galochard. . .
Mme GALOCHARD, effrayée. Ali ! mon Dieu ! qu'est-ce que c'est que ça ?
benserade. Ça? c'est nous... le chevalier de Bussy, officier des chasses de sa majesté Louis XIY, et moi , Isaac de Benserade , poète suivant la cour, et auteur de ballets immortels joués et dansés par S. M. elle-même.
Mme galociiard. Vot' servante , monsieur de Benserade.
benserade. Ah ! madame Galochard !
Air (Je Julie.
Que dites-vous? un tel mot niYpouvantc, De votre bouche il n'eût pas dû soi tir ; Quoi ! vous osez vous dire nia servante , Quand ce serait a moi de vous servir!
Mmc GALOCIIABD.
De votre part, c'est pure politesse.
BF.NSI.RADE.
Non, c'est calcul... et jugez mou bonheur,
Si jV:tais votre serviteur , Vous série» de droit... ma maîtresse.
Mme GALOCHARD. Ah!... monsieur de Benserade ! ( A part, gaimeni. ) 11 a une manière de dire les choses... ( Haut.) Vous venez sans doute me demain lrr< le la crème?
BUSSY. Non, allons au l'ait.
BENSERADE. Oui , chère clame , voici ce dont il s'agît aujourd'hui : Mon ami , M. de Bussy , qui vous trouve charmante ,
adorable.
Mmr g \r.ocn \iu>, à Bussy en faisant la révérence. Ah ! monsieur.. .
BENSERADE. Est amoureux , mais amoureux fou !...
M""' GALOCIIARD. Ah !...
BENSERADE. D'une jeune personne , 110ble et Itien élevée , qui occupe un haut emploi à la COUT. Mais, depuis deux jours,
clic est disparue, envolée, el c'est chez vous qu'il prétend retrouver sa belle.
IH""" 8AL0CB Mil) Che2 moi '
BUSS1 , oivetneni. Oh ! ne cherchez pas à cacher la vérité; mon valet l'a vue se
* Bussy, M"'1' Galbchmd , Benserade.
diriger de ce côté de la foret; je vous ai entendue vous-même parler de ce pavillon habité par...
Mme GALOCHARD, l'interrompant. Un instant, un instant! entendons-nous. Puisque vous savez de quoi il s'agit , je vas tout vous dire.
BENSERADE , avec curiosité. Ah !
(Bussy prête beaucoup d'attention.)
Mme GAi.ocnARD. Il y a trois jours, j'étais en forêt, le roi chassait... et moi, quand le roi chasse, j'aime assez a me trouver sur sa route, parce que , parfois, il me dit bonjour, vu que nous sommes d'anciennes connaissances... j'ai été éh avec les fils de France... pour avoir soin du linge... ( Avec coquetterie. ) Et ça flatte , vous comprenez... surtout quand il y a des gens du pays qui sont témoins de la chose.
benserade. C'est naturel.
BUSSY , vivement. Après?
Mme galochard. Le roi allait justement arriver, et je rajustais déjà mes coiffes et ma collerette, lorsque j'entends du bruit dans un fourré ; j'ai peur , et v'ià qu'une jeune femme en sort et se jette vers moi avec un air tout épouvanté , et nous nous mettons à trembler toutes deux en nous regardant. C'était tout bonnement une petite bourgeoise d'Orléans qui s'était perdue dans la forêt , et que la rencontre d'un sanglier venait d'effrayer, à ce qu'elle me conta ensuite. Elle suffoquait et pouvait à peine se soutenir. Comme je suis une bonne femme , ma foi , j'ai planté là la chasse , j'y ai donné mon bras , et je l'ai ramenée chez moi. Mais v'ià qu'la lièvre la prend d'une manière conséquente, et moyennant ça , la malade y est encore... et voilà !
(Elle remonte un peu.)
BENSERADE, à Bussy. Je te le disais bien , ce ne pouvait être elle !
bussy. Cependant...
^ Mmp GALOCIIARD. C'est une bourgeoise, c'est pas une dame de la cour. Je m'y connais.
BUe retire la clef de la porte du pavillon de droite.)
BENSERADE, à part. Nous éclaii cirons
cela. Débarrassons-nous d'abord de Bus$] .
BUSSY, Se serait-elle donc travestie!...
HEVSr.R \ de. Dans (juel but? Si elle ne veut pas de toi pour son mari , tu ne l'épouseras pas «le force, n'est-ce pas ? a-t-elle b( soin d< se déguiser pour cela ? Kl le sera retournée dans sa famille. C'est ce qu'elle