MINA, SCHNAPS
llsentrnt par le fond. Mina a toujours la tète couverte du manteau de Schnaps. La nuit vient.
SCHNAPS, avec humeur et brusquerie.
Allons ! sacrelotte! ne tremblez donc plus, nous voilà arrivés., rien n'a transpiré... (Il s'essuie le front.) A présent que vous êtes chez vous, ôtez votre coqucluchon... personne ne vous a reconnue.
11 ôte le manteau qui cachait Mina et le jette sur le banc.
MINA. Et mon père ?
SCiiNArS. Votre père? pas plus que les autres... Je l'ai cru aussi, d'abord; mais les pères ! ça vient au monde aveugle !
MINA. N'a-t-il pas dit à l'officier : Je tiens à l'honneur de cette demoiselle autant que si elle était ma fille? Vous le voyez, c'était pour ne pas me compromettre aux yeux de ses soldats.
SCHNAPS. Oui, c'est vrai, il a dit ça, ce bon homme... Je flotte!.. [Avec humeur.) Mais, du reste, à qui la faute? Vous étiez toujours sur ce satané rocher; on aurait dit que ce soldat vous attirait comme le serpolet attire les chèvres... Oh! si je tenais tous les soldats du roi de Sardaigne, je leur tordrais Le cou... à tous!
mina , avec vivacité et dépit. Eh bien ! j'hésitais à le croire, mais maintenant j'en suis sûre, c'est votre affreuse jalousie qui est cause de tout... Tenez, je vous déteste !
Elle entre vivement chez elle, à droite.
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