SCENE V
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LE MAGASIN THEATRAL
nette... (Il la prend dans ses bras et descend la scène d'un air tragique. )0 Dieu,1 qui me la rends, me la rends-tu... chrétienne?
mxette. Qjje voulez-vous dire?
MOQUET, pleurant. Tu mêle demandes?
Depuis hier, je n'existe pas; tout mou moral est déménagé; j'ai inondé la diligence de mes larmes. (Il s'essuie les yeux, et reprend d'un ton bref:) Où est le perruquier?
NINETTE. Quel perruquier?
MOQUET. Le perruquier du cabriolet?
ni\ette. Je ne sais pas ce que vous voulez me dire.
LOLOTTE, à part, étonnée. Comment, un perruquier?
MOQUET, furieux, et souriant avec amertume. Celui qui t'a suivie, et dans le sang de qui je veux me désaltérer quelque peu.
NINETTE, le regardant d'un air inquiet.
Mais vous êtes fou !
LOLOTTE, à Nineltc. Il est enragé.
MOQUET, se tournant vers Lolotte, qu'il n'avait pas vue jusque-là. Ah! c'est vous, belle-mère.
lolotte. Monstre! ne me regardez pas en face, car vous me faites horreur !
MOQUET, a part. Tiens! tiens! tiens!
LOLOTTE, lui montrant le bocal, en pleurant. Voilà votre ouvrage!
MOQUET, s' avançant d'un pas, et se baissant un peu pour V examiner. Des cornichons?
LOLOTTE. C'est Florette, scélérat! c'est votre malheureuse victime!
MOQUET, surpris. Quoi!., vous l'avez fait infuser?
lolotte. Oui, indigne que vous êtes.
MOQUET, avec amc, et étendant le bras vers le bocal. Que l'esprit de vin lui soit légère! Elle emporte mes regrets .. (Gaiment.) Mais n'en parlons plus. (A Ninette . ) Il s'agit d'un bipède qui trouble ma vie. J'ai appris des choses... (// prend une attitude tragique) entièrement basses.
ninette. Quoi donc? vous qu'effrayez , Moquet.
MOQUET, vivement. Je remonte à l'origine. Hier, au moment où je me disposais à porter à la malle le restant de ton bagage, un billet... ((.'Langeant toiit-à-eoup de ton.) [Mais non, je ne veux te rien dire... j'attaque les résultats... 11 y avait un homme auprès du courrier. . . (Criant.) Y avait-il un nomme auprès du courrier?
i.oi.oi ru. Oui, un jeune Anglais.
HOQUET, un peu étonne, à part. In Anglais?., ça ne lait rien. {Haut.) Et que s'estil passé depuis le commencement du trajet? Il y a trente lieues de Paris à Amiens.
(Avec importance.) Il y a trente lieues de Paris à Amiens, même les connaisseurs en comptent trente et une.
ninette Eh bien?
moqiet. Vous ne me comprenez pas, Ninette. (A part.) J'ai une peine infinie à formuler mes questions. (Haut.) Comment s'est-il comporté pendant la route?
ninette. Très-honnêtement .
MOQUET. Qu'entendez-vous par honnêtement?
ninette. J'entends que ce monsieur nous a comblées d'égards, que chaque fois que nous sommes descendues de voiture, il m'a offert son bras pour monter les côtes.
MOQUET, à part, cl très-vite. Les côtes?., bon!
(Il fait le geste de frapper.)
ninette. Qu'il a eu même la galanterie d'offrir sa place à maman.
MOQUET, vivement à Lolotte, d*un ton menaçant. Ils ont permuté?
ninette. Non, j'ai refusé.
MOQUET, avec bonheur. Embrasse-moi... et puisque tu es digne encore d'entendre la vérité, je vais le la montrer toute nue , et telle qu'elle est sortie de son puits. Il y a un pari, un exécrable pari..,, à mon préjudice, entre deux intrigans que j'ignore., c'est pour cela que j'en suis parti inopinément (de Paris) et que j'ai dévoré les trente lieues (trente et une même).
NINETTE. Quel pari?
MOQi et. Un pari que tu tomberas dans le piège de la séduction. (Yoilà-t-il quelque chose de trivial? hein?) Et cet Anglais, ce faux Anglais, ce misérable Anglais... {d'un air entendu) que je soupçonne perruquier,!
lolotte. Cela n'est pas possible!
MOQUET, appuyant et élevant la voir. Que je soupçonne perruquier, est un de mes adversaires. (A part.) OUI j'ai de l'animosité contre lui!
NINETTE. Et commentas-tu su cela?
MOQUET. Par un digne jeune homme, par un vertueux artiste, excellente cl.irinelte (quoiqu'il en joue comme un aveugle.)
NINETTE, avec émotion , et baissant les yeux. I ne clarinette?
MOQUET, avec foie, d'un air confidentiel. Notre voisin d'en face, à qui je n'avais jamais parlé} et oui se trouve me porter le plus tendre intérêt
LOLOTTE, à part. C'est l'autre... (Haut, s'ou/diant.) Est-il bêle !
MOQUET, se méprenant sur l'intention de Lêiéttê, i\on, non, il n'est pas bêle. Il ainve chez moi une heure après ton départ..
il M\RI im LA DAME DE CBOl
NI\ETTE. Eh bien ?
MOQUET, à hulotte, qui tièfÛ le boeal , rt s'est approchée de lui. Posez donc votie bocal, vous me taquinez avec.
ninette. Mais parie c onc!
moqlet. Il arrive chea moi, Les cheveux égarés, les yeux tout en désordre.
MINETTE, à part. Pauvre Idolphe!
HOQUET. Il me dit : Est-ce que M M -
quet serait partie? — Oui. — (loin. / sur ses traces... je vous préviens qu'on en \ ut à votre bonheur intérieur.. . tout le monde en jase au théâtre... il y i. çn, ça,
et ça, ça, ça, ça, ça, et ça!., seulement, je ne sais pas les noms.
lolotte , t'avançaM de nouveau. Est-il possible ?
MOQUET, la repoussant éfaet tolère. Reculez donc votre bocal!... (yf \im -tir.) Et il ajoute... la clarinette .. d'wn air sounbre : « Si votre femme vous demande ce » qu'il y a de nouveau au théâtre, rous » lui direz, qu'un musicien va s» jeter à * l'eau, pour cause de '.rahison de cho- » liste. »
NINETTE. Grand Dieu .'
(Elle chancelle et tnnilx- mit !<• fauteuil h droite. LoloUY pmm .1 la gau< Ua <lc Ninetta.)
MOQL'ET'. Kii bien !... quoi?... rll trouve mal !
LOLOTTE . soutenant Ut tété de
Eli! c'est vous, butor, avec vos bbtoii omette ! Ninette! revk w !. .
ïiooi ET, à Lolotte. T.-i|ti/-lui dans |, . mains, fourrez-lui une i V I d ml le dos... Ninette! ma femme! est-ce que je siv.ih que ça te ferait un effet connu-- ça?.. H donne furtivement un boiser à sa femme i runàuie, et continue trahtpjaUemenH §a narration.) Alors, moi, pour te suivre, j'ai ftfia la diligence. ..mais il s\m trouvé qu'il n y avait plus que la rotoi <l« ; alois je me sin^ dit...
lolotte , V interrompant. \ nus m bien qu'elle ne vous entend pas. N ite !
Ull flacon... il V en a en I uis I a ( hanihi e.
mooi i i . Où ri ' par 1 • ?
01 \:i .m c braet de «1< < .il.-.
LOLOTTE. Non . pai là
mooi et. J'y vas! I' ■ ; gam he, puis redesi i nd ra u < n d'i* inquiet, et dit a pari.. Voilà qui est un peu drôle ! i 'est moi qui buî « t elle qui s'é trouve niai. < eci m'inti Igu !
i.iii.Hi n. Mais allez d >nc !
MOQI I.T. .I'\ vais. i p> • dut j ai-
la gauche.) (>a i m'intrigi e.
* Moquet, Ninette, I.ylotU
SCEJSE \ 1.
i.oLorn;. mm;iti.
i <>i m i r Ni- • ' N ici ne!
mm i i i . a rllr Ah ! înauian !
il mou i i !
LOLOTTE. N n,: donc pa> n un
musii i< n ne meurt jamais... que de faim.
MM m Non, non, je le emirih... il se tiiti i !
LÔLO Ml. Lais» «l"ln ti.iiKpulle'... il J j n B vm;;t qui m'ont dit « I II. .. t l il u\
en a qu'un qui l'ait fait... eu lanianl p. u
une fenêtre... cl de cha une autre
core... quand le m tri e>t i