SCENE IX
Les Mêmes, VERDIERES,/^ MO- QUET.
(Verdières entre par le fond en boitant.)
lolotte. Monsieur Verdières!
NINETTE. Ici? VOUS?
(Moquet rentre furieux et saisit Verdières au collet sans voir sa figure.
MOQUET. Ali! je te tiens! je te tiens! être vil et plat !
VERDIERES , pousse en avant par Moquet. Eh bien ! eh bien ! eh bien ! qui est-ce qui me tient? Lâche donc ! lâche!
moquet. C'est toi qui en es un. (// jette violemment Verdières sur la chaise it gauche^ celui-ci, en s' asseyant, pousse un en de
douleur j Moquet paraît stupéfait.) Monsieur Verdières* ?
VERDIÈRES, étonné. Moquet!..
HOQUET , confondu. Mille pardons !
* Moquet, Verdières, Lolotte, Niiietle.
THEATRAL
grand Dieu ! est-ce que j'ai dégradé vos vêtemens ?
verdières. Rien ! rien ! ( Use soulève et jette un petit cri. ) Aïe !
moquet. Mais comment êtes-vous ici?
VERDIÈRES , d'un air piteux. Bonjour, chèreNinette, bonjour Lolotte! (A Moquet.) Eh ! cher ami, pouvais-je vous abandonner à vous-même ; n'était-il pas du devoir d'un ami de courir sur vos traces?..
MOQUET, lui prenant la main , avec, attendrissement. Généreux vieux !
verdières. Par malheur je n'ai pas trouvé de place dans les voitures publiques, et je suis venu... hélas! mon Dieu ! je suis venu à franc-étrier!.. que voulezvous que je vous dise ?.. oh ! !
MOQUET, à demi-voix. Vous êtes entamé ?..
VERDIÈRES, bas à Moquet. Je le suis...
( Il se lève. ) Les chevaux étaient d'une humeur ! je suis assez bon cavalier... ces animaux -là sentent parfaitement quand ils ont en selle un homme qui s'y entend.
moquet. C'est sensible !
verdières. Je ne suis tombé que quatorze fois de cheval pendant ces trente malheureuses lieues.
MOQUET. trente et une malheureuses, au dire des géomètres.
VERDIÈRES, avec humeur. Et, pour m'achever , vous venez me secouer comme un prunier de mirabelles.
MOQUET. C'est que je croyais que c'était mon jeune homme, (bas) l'homme à la lettre.
verdières, bas. Il est ici?
MOQUET, bas. Lui-même !
verdières. Et vous ne lui avez pas !..
LOLOTTE. Dites donc , monsieur Verdières , si vous venez pour monter la tète à mon gendre, vous pouvez vous en retourner.
NINETTE. Et tout de suite, encore !
MOQUET, avec dignité. Quel est ce langage adressé à un vieillard de mes amis? je vous prie de vous taire.
LOLOTTE. Je me tairai si ça me fait plaisir ; vous n'êtes pas ici chez vous ; vous »tes à L'auberge.
MOQUET, à Verdières. Ne faites aucune attention à ce que dit ma belle-mère. J'ai supprimé Florette, et le chagrin a timbré cette ouvreuse.
i.oi.otte. Oui, monstre !
moquet. Vous voyez? elle en convh nt.
verdières. L'essentiel pour nous, c'est
LE MARI DE LA DAME DE CHOEUR?
que vous soyez arrivé à temps. J'avais une peur...
MOQUET, lui prenant la main. Généreux
imi !
LOLOTTE , s' avançant, avec colère. Comment ? t'a temps ? comment ? t'a temps ? ne semble-t-il pas, à vous entendre?..
moqlet. Oui , t'a temps! je reproduis son expression , moi.
LOLOTTE. C'est une horreur, c'est une indignité! vous insultez ma fille, mon sang. . .
(Elle prend Nineltr dnju ses brftt.1
MOQUET, l'interrompant. Terpsichore, je vous enjoins de vous calmer.
LOLOTTE. Moi?..
NINETTE. Venez, maman, car je n'v tiens plus...
LOLOTTE , très-animée. Du temps de l'empire on aurait mis un être comme ça dans les charrois ; il n'était bon qu'à ça ! viens, ma fille, ton mari me tuera !
MOQUET, tranquillement àNinettc. Vous n'approuvez pas ce que dit votre mère , j'imagine?
NINETTE. Vous n'êtes qu'un vilain homme ! allez, je vous abhorre !..
MOQUET. Comment?
(Il reste un moment stupéfait.)
LOLOTTE , bas à Vcrdièrcs. Et VOUS !
voilà un papier ! je ne sais pas ce que c'est ; mais ça vous regarde.
VERDI lues , prenant le papier. Moi ?
(Elles sortent, Lolotte, par le fond, {finette par la
gauche.)