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LE MARIAGE DE RAISON
mieux; car c'est la première fois de ta vie.
BERJ IUM).
Il est vrai de dire, mou général, que vous ne m'en avez jamais laissé le temps... comme à Wagram, vous savez, ce jour on les autres n'ont pas même pu tirer uo coup de fusil; ce n'était pas mauvaise volonté de leur part... ( faisant signe de croiser la baïonnette ; ) mais rapport à ce que nous avions abordé spontanément. M. DE BBBMOH 1 •
Eh bien, api
BERTRAND
Après... c'était pour vous dire que je suis le fils d'un de vos fermiers, que je suis parti conscrit, que je ne vous ai jamais quitté, et que je vous dois tout... c'est vous qui m'avez mis au feu; c'est vous qui m'avez nommé caporal, puis sergent ; c'est vous, mon général , qui , en Russie, et quand je tombais de froid , avez ôté votre manteau pour en couvrir le Corps de votre soldai... Aussi, maintenant, quand je vous vois une attaque de rhumatisme, ce qui vous arrive tous les mois. . j'aimerais mieux sentir la pointe de nulle baïonnettes.
U. de Mir.MO.vr.
Mb bien! enfin, où en veux-tu venir'.''
BER'I l'.\M>.
J'en veux venir à vous apprendre que je suis chez vous logé, nourri, hébergé... de l'argent dans ma poche , le verre d'eau-de-vie à discrétion , et le cigare à volonté... c'est ce qui Fait que je n'ai besoin de rien, et que je n'ai rien à vous demander.
M. DE BBEMOVT.
Que diable me disais-tu donc tout-à-1'hcure?
r.i ii i BARD.
Permette/.... quand je dis que je n'ai rien... c'est que j'ai quelque chose.... un bon conseil
qu'il me faudrait... mais j'aurais à v. prendre
cela «le trop haut... et comme je vois que vous
étiez occupé...
M. DE BITEMOïl i.
Eh ! oui , morbleu ! mais, n'importe, parle
toujours , puisque nous >, voilà.
Bl l'.'l RAM).
Du tout, mon général.... j'ai bien attendu deux ans, je peux aller encore, et puisque ma
présence vous dérange... ( n *eni k retirer.) H. DE BREMON i , le retenant.
au contraire... tu arrives à propos, car j'ai
besoin de toi. (II se levé. )
BER i il \m>, revenant. Il se pourrait , général !... alors ne pensons plus à mon idée, el voyons la votre.
M. DE IIIU.M'IVI.
Je crois, an effet, que nous aurons plus tôt fini ; car tu n'abordes pas les jnj< ta «le conversation aussi tpontanémeni qu'autrefois les autrichiens.
BERTRAND, froidement.
Aujourd'hui... je ne dis pas... ça se peut bien, à cause de ma jambe.
m. DE BRBMORT.
Eh ! qui diable te parle de cela?... voici de quoi il s'agit... Mon fils ne fait rien ici , il perd son temps... je veux l'éloigner, et je vais l'envoyer voyager en Italie... à NapLea». en Grèce, s'il le faut...
BERTRAND, froidement.
Comme mon général le voudra.
M. DE BKEMOB r.
C'est encore un secret; mais je veux qu'il parte, non pas demain, mais aujourd'hui, et dans quelques heures.
BERTRAND
Je ne m'y oppose pas.
M. DE HREMONT.
Des affaires personnelle*... des ordres supérieurs me retiennent en France. Il me faut auprès de lui quelqu'un en qui j'aie autant de confiance qu'en moi-même... (Je n'est pas un serviteur qu'il me faut, car Jacques et Guillaume L'accompagneront... ce que je veux avec lui, c'est un ami... et j'ai pensé à toi.
BBB ll'.AM), vivement.
Mille-z-yeux I... mon général!...
M. DE BREMoNT.
Tu acceptes donc!