M. DE BREMONT, SUZETTE
M. DE BREMONT
Ainsi, et pour la première fois de sa fie , mon Us me désobéit !.. Vous voyez , Suzette . ce dont vous êtes eaux-.
SUZETTE
Oui, monsieur, je vois que j'ai apporté le trouble et le désordre dans c cite maison, où
je n'ai reçu que dei bienfaits... MUisje ne souffrirai pas que voire fils s'éloigne... je ne veux pas qui;, pour moi, vous soyez privé de sa présence et de sa tendresse... Qu'il reste dani la maison paternelle ; et moi , monsieur , ehasMV.-inoi.
m. DB BBlMOm
Et où iras-tu.'... Non , Suzette, non, mon
enfant, je ne suis point injuste... si tu as des torts, ils sont involontaires, et ta conduite de ce matin, la franchise do tes aveux, suffiraient pour me les faire oublier... Je te dirai plus je t'estime, je t'aime, et je reconnais en toi des qualités et des vertus que je voudrai- roil dans la femme de mon Hls... Mais je n'ai pas besoin d'ajouter qu'une pareille union est impossible ; non pareeque je suis noble , et que tu ne l'es pas... ma noblesse date d'hier, et je ne la dois qu'à mon épée... mais je parle pour ton bonheur, pour celui d'Edouard... 11 est des convenances qu'on doit respecter, et la société se .venge sur ceux qui osent les braver... Si mon fils épousait la femme de chambre de sa mère, dans ce monde où il voudrait t'introduire, l'opinion te repousserait... lui-même s'en apercevrait... C'est dans toi qu'il serait humilié, et bientôt il ne t'aimerait plus ; car l'amour-propre est malheureusement le premier mobile de l'amour. Alors, dédaignée par le monde, abandonnée par ton mari, il ne te resterait que moi, ma fille... que moi, qui suis bien vieux, et qui ne te consolerais pas longtemps.
SUZETTE
Oui! oui, vous avez raison... |e serais bien malheureuse... mais dussé-je l'être plus encore... qu'importe?... je serais à lui.
M. DE BREMONT, a part. ■ (La regardant avec compassion. ) Pauvre enfuit c'est toujours le même langage... voilà comme j'étais.,. (Haut.) Tu l'aimes donc bien?
Sr/.KTTE.
Plus que moi , plus que ma vie... mais non plus que nies devoirs.
M. DE BREMONT
Eh bien, ce sont ces devoirs que j'invoque et que je te rappellerai... Orpheline , abandonnée «le tous , tu allais périr , quand ma femme t'a recueillie... elle t'a élevée comme son enfant... mais bientôt ^a tendresse inquiète s'alarma de rattachement qu'Edouard te portait.et, prévoyant, à son lit de mort, les malheurs de l'avenir, elle t'a écrit ; et ta lettre , la voici.
ITE. Oui... c'est bien son écriture, et c'est à moi qu'elle s adresse. (Elle baise la lettre, L'ouvre, pois la lit tout bas avec émotion. ) C) ciel ! ma bienfaitrice implore ma pitié! elle me recommande votre bonheur et celui de son fils. ( Tombant aux pieda deM.de liieniont. ) Monsieur, je suit a VOSBÏedl ordonnez de moi et de mon sort.
M. DE BREMONT, la relevant.
Sucette , Suzette... c'est moi qui te remercie ; ne parle plus de bienfait-. , C BSl moi qui >ui^ maintenant ton débitent
BCZJ in.
Que dois-je faire ?