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LE MARIAGE DE RAISON
BERTRAND
Je n'y tiens plus... ça m'étouffe... cela me suffoque; et je n'ai qu'un regret, c'est de ne pouvoir me faire tuer pour vous.
M. DE BREMONT
Aujourd'hui cela ne se peut pas... cela dérangerait ton mariage.
BERTRAND
C'est juste... vous avez raison... mais ca se retrouvera, mon général... ça se retrouvera, faut l'espérer... Avant tout, cependant, vous m'assurez que mademoiselle Suzette y consent ?
M. DE BREMONT
Oui, mon garçon; pourquoi pas? tu as trente-six ans... tu es jeune encore... tu bien fait.
BERTRAND, montrant sa jambe.
Oui, si ce n'était ce qui me manque.
M. DE BREMONT
Qu'importe? c'est un malheur... et tu ne m'as jamais expliqué comment cela t'arriva, il y a deux ans. Que diable! dans notre état, on n'a jamais vu se casser la jambe en tombant.
BERTRAND
Il est de fait que je méritais mieux que cela; mais de ce temps-ci les boulets sont rares, il n'y en a point pour tout le monde. Enfin, c'est toujours là ce qui me faisait trembler.
M. DE BREMONT
Tiens, voilà Suzette elle-même qui va te rassurer.
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