‹ Pièces de théâtreChapitre 896 sur 1241 · NI M · texte numérisé non relu

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MARIE M1GN0T

LAGARDIE

Pourrie/.-vous en douter, ma chère Marie?... Ali! c'est à VOS genoux... (Le maréchal fait un mouvement très marqué sur son fauteuil. A part.)

Mon Dieu! que c'est gênant un téte-à-téte à trois !

MADAME HACQTJART, se rapprochant du maréchal.

Que la présence «l'un témoin ne vous intimide pas... c'est monsieur le maréchal de l'Hôpital, le guide, le protecteur d'une veuve encore bien jeune el sans expérience... c'est, j'ose le dire, un ami véritable.

LE MARÉCHAL

Dites plutôt, madame, le meilleur de tous les vôtres.

LAGARDIE

S'il est ainsi, monsieur, je me rassure... vous ne pouvez vouloir que son bonheur, et je suis seul capable de le faire.

u: m \r. m. il \L . h part.

Comme c'est flatteur pour moi!

MADAME HACQ1 \r.T, revenant à Lagardie. Eh quoi! mon ami, vous n'aviez donc point oublié nos anciens projets?

LE MARECHAL , à part.

C'est quelle l'encourage encore!

LAGARDIE

Pouvez-vous me faire une telle demande!...

mon sort n'est-il pas attache au vôtre.'... croyezvous que dix ans de séparation aient pu me faire changer?...

MADAME NACQTJART, jetant un coup- d'oeil sur le

maréchal.

Dame! il y a des hommes qui changent en vingt quatre heures.

LAGARDIE

C'est qu'ils n'aiment pas... qu'ils n'ont jamais aimé... Pour moi, vous allez me connaître... Lorsque je vous visa un autre... oh! je l'avoue, j'essayai d'abord «le vous haïr... j'évitai de vous x,,ii ■; (Yi.iit le seul moyen ... il fut inutile...

Alors, j'allai retrouver mon oncle, j étudiai sous ses yeux... el maintenant qu'il m'a laissé toute sa fortune, que quelques talents autorisent peut-être mon ambition , je reviens à vous... dites an mot, uq seul!... et demain j'échange mon héritage contre une charge au Parlement de Paris.

MADAME NACQTJART, avec une émotion véritable.

Cher Lagardie !... tant de sacrifices!... an tel dévouement!... je n> résiste plus!... (Le maréchal, qui tient un livre ouvert, le ferme si le jette mu la table.) Ah! le maréchal!... (Se reprenant.)

C'esl bien, Lagardie, le soi l que vous me proposez me Unie infiniment...

LAGARDIE

Vous l'acceptez ?

MADAMl El m m \r,T, toojoi ;cupée do maréchal.

Pourquoi non? J'ai <•<■ nu moment d'autres idées, j'en com iens. < tai ; une charge de robe, i i n'esl pas mal sans doute... mais je n'aime

plus autant cette profession-là, sur-tout depuis que j'ai eu un mari qui en était... j'aimerais mieux une charge ou il v eût un peu de gloire.

LAGARME, à part.

Encore de l'ambition !

MADAME RAOQUART.

L'épie aurait des attraits pour moi... non pour le rang qu'elle peut taira conquérir, < i pourtant... (élevant la voix.) nous avons l'exemple de Fabert que le roi a fait maréchal.

LAGABDU .

Ah! .Marie, que n'ai-je connu plutôt \o> vœux! mais non, ces coûts étaient les miens, vous ne les approuviez pas... je vous les sacrifiais... oui, je pensais encore à vous plaire quand vous m'abandonniez. Ah! si vous me l'eussiez permis alors, je me serais engagé, j'aurais suivi le roi sur la frontière, en Flandre, et j'aurais trouvé sur les champs de bataille, ou la mort, ou un peu de gloire.

Air : J'en guette un petit de mon âge.

( ! nu- Faberl , ne puis-je pas , madame,

Être officier , maréchal , grand seigneur?

MADAME H \< 01 kRT.

Mais je perdrais t«>u> mes droits sur votre ami : Un ordre... un mot... l'espoù de la I iveur...

LAGARDIE

Ah ! quel que soit le grade où l'on DM nonunc , Je remplirai nuis mes serments.

MADAME RAI QC W i .

C'est là Ce qne de vous j'attendais... et voilà

(Se rapprochant du maréchal.)

Ce que doit dire un gentilhomme.

LE MARÉCHAL

Ciel !

LAGARDIE

Et voilà dix ans que j'ai perdus !.. Encore >■ la France était en guerre à présenti

i i m \r,n:n \i , se levant, à patl Ah ' c'est trop Fort ! Il faudra que le roi la--, une guei re pour <pi il soit maréchal !

i IGARDIE.

Mais enfin j'ai <\r<, protections, du moins

j'en aurai loin «le mon pays... j'y porterai ma foi lune.

M kDAME NACQTJART.

Gomment, pour l'amour de moi?...

m MARECBAl . prenant 1<' milieu de la scène.

Désolé, mon cher monsieui . mais madami a la bonté de présider à une fête que je donne, ci tous ses instants sont comptés,

1 \i.u:nlK.

Pardon, monsieur le maréchal, je me retire.

(Il remonte la scène el revient. — - 1 '• . i > à madame Naoqnart.) Je reviens bientôt. (Haut, Monsieur, je vous eu supplie, protéget>moi dans -<>n espi ii .nous le pouvez, puisqu elle vous regarde comme son père.

(Ubaisc la main i madame Nacquart.)

IIe ÉPOQUE, SCÈNE VIII

le MAiîi.i.iui.. i part.

Son père !... il ne manquait plu> qa<

( Il se retourne ; Lagardie le salue et sort a <L ;»;..

Mme NACQUART, LE MARÉCHAL.

M \l:|l II \I .

A quelle scèoe m'avez-voua ex] Mi

foire essuyer jusqu'au boul toutes les incai tadea amoureuses de ce p'fir bourgeois! Vous pou vu/ pas le remettre tout d'abord a ta |>l pai i ■ 1 1 i efus bien

MADAME > \< < >i U.T.

Et pourquoi donc un relu-' Vous l'ai écouté, tous \ w\ ez - il m .

i l ■ \l,l CBAL.

Oui, -au- doute; mais est-il donc le seul '

M ADAM 1 i

Il ne m'a point oublié* ; :l revient a moi. S'il recherche les honneurs, c'est poui un I- faire partager... Ali ' peut-être aurais-je du...

I I. KARÉ4 mm .

N'achevez pas!... c'en est fait, vous .i\./ pri- un tel empire sur moi, que l'idée seule de voua perdre... Habitué à voua voir, a voua tendre, .i ne prendre conseil que de \<>u-. .i ne vivre que pour vous, que deviendrais-je -i vous quittiez • et hôtel "... quelle « onsolation.

MADAMJ > M "i mit.

I n grand < ordon... Moom dmdi di i Ah! p. ii don j (!• mol m est è\ bap| dé-

pit se cache i d nom sous on .or <l indiffén < 1 1 1 1 <>t loin de mon cœur. Mais tussi, voua faites-vous an ieu <l<- mes pein< - ' •• Mh soupçonne! !... Ali ! mu n li. il !...

I 'i pOI '■ ni

iign< a-moi . fuyes-moi le vou jui <■ Oui de ce ca tir trahi |> n i mi .

Voua n'enu ■min-/ m plainte, ni marn De m. i douleur voui oe rou [ii • i ,

( (m- \ i.irc orgueil I i je -.un .n [in aître , aux \< oa de mua , Hein euae i a< ot -I an • ordon . d'ui

Qui oc <I"H i odsi 1er qui

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