LAGARDIE, LA MARÉCHALE, MARIE, MARION DELORME
MARIE
Ma cousine, une dame âgée et mal vêtue attendait dans la galerie le passage du roi... Elle demande quelques secours... Elle s'est recommandée à moi: « Je n'ai rie:-. , lui ai-je « dit; mais ma cousine est riche, venez. •» Elle m'a suivie , et je vous l'amène.
LA MARÉCHALE
Bien, mon enfant; mais il fallait savoir...
MARION , venant à gauche de la maréchale. Pardon, madame, c'était sa majesté, qu'après une longue absence;, je venais implorer dans ma misère... Je n'aurais pas osé près de madame, n'en e'tant pas connue, et encore moins si je 1 étais...
LA MARÉCHALE
1 Jette voix...
MARIOB j levant les yeux.
Ab, mon Dieu' ces traits... ces regards... je ne me trompe pas.., Marie Mignot! (Riant. Al.! ahl
i \ MARÉCHAL]
M u ion !
I LG UUHK.
M.uion Del orme '
MARION
Juste! excusez-moi, c'est un retour de gaité ; | < n ai -i rarement '
Ain : l.i 11 1 l'oublie i
in vous voyant je me rappelle Mim opulence et mes beaux jours; < lombien de plaisirs el d'amourt ' En ce temps-là que pétais belle ' le |>oii\ ,ii> rire et folâti Mais quand le bonheur m* retin Qti 'I m . i défendu d'espi 1 1 i
MARIE MIGNOT
aûs
Je n'ai ni la force d'en rire, Ni la faiblesse d'en pleurer.
Qu il y a longtemps que je ne vous ai vue! Depuis certaine fête <lu maréchal de l'Hôpital
ou vous avez si bien mystifié ce pauvre jeune homme, vous savez... Ali! ah! ah!...
I IlG IRDIE, ;i pari.
Peste soit de sa mémoire!
LA MARÉCHALE
Finissez, Marion !... Que voulez-vous?
MARIOR.
Ce que je veux!... Eh! ne le voyez-vous pas?... J'ai manfjé ma fortune à courir le monde; j'ai vu les Anglais, le> Allemands... et je n'ai toujours aimé que mes Français. Mais, hélas! mes amis sont partis au fur et à mesure que mes attraits m'ont quittée. A présent, il ne me reste plus personne... Aussi, sans les secours de mademoiselle Ninon... Dame ! celle-là, elle ne dissipe pas tout... elle est gage !
LAGARDIE, à part.
Quelle sagesse!
i \ MARÉCHALE.
Osez-vous citer Ninon devant cette jeune fille!
MARIOR.
Pourquoi pas?... C'est ma bienfaitrice; et si elle était pins riche, je n'aurais pas besoin de m'adresser .i d'autres... Madame de Maintenon
ne m'aurait pas refusé dernièrement...