‹ Pièces de théâtreChapitre 966 sur 1241 · BEAUSÉJOUR, ALBERT · texte numérisé non relu

BEAUSÉJOUR, ALBERT

A 1 II I R I , i Cette situation ne peut durer Il sa

MAOMJOl'R.

Eh bien ! Albert

albbrt. tant le Que faire? .

BEACSKJOiR. ' lui et prenant virement*

main.

Albert'

ALBERT

Vous étiez là?...

BEAISKJOUR.

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nous serons deux pur cacher un secret que tous trahissez a chaque instant.

ALBERT

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ALBERT

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L'amitié soulage

MAGASIN THEATRAL

BEAUSÉJOUR

La confiance encore plus.

ALBERT

Je ne vous la refuse pas.

BEAUSÉJOUR

Eh bien ! voyons, parlez !

ALBERT

Ah! mon ami, qu'allez vous apprendre?... Vous savez déjà que je suis l'unique fils du comte Hermann de Saint-Méry; que je perdis ma mère en naissant, et que mon père, vivant dans la plus grande dissipation, s'occupa peu de mon enfance. Il y a quinze ans à peu près, mes études avançaient, lorsque j'appris vaguement que les prodigalités de mon père avaient alarmé notre famille, qui voyait des créanciers menacer en même temps d'envahir ses propriétés et celles que m'avait laissées ma mère. Un conseil de famille s'assembla : mon père y présenta non seulement des comptes de tutelle très en règle, mais encore il prouva une immense fortune qui surprit au dernier point ceux qui l'avaient accusé. A cette époque, il me fit partir pour une petite ville d'Allemagne, afin d'y achever mes études dans une savante université. Là, j'eus peu de ses nouvelles. Un jour seulement, une de ses lettres me parla d'ennemis acharnés à sa perte, de procès intenté, de calomnies absurdes... Plus tard, il me fit voyager long-temps... je ne le revis qu'à de long intervalles, et pour peu de jours. Il m'éloignait sans cesse, et ce fut à Londres que j'appris sa mort, il y a un peu plus de trois ans.

BEATJSÉJOUR.

C'est après cette époque que je vous revis quelquefois à Paris.

ALBERT

Je trouvai un. bel héritage qui ne me consola ni de la perte de mon père, ni de sa rigueur à mon égard. Je cherchai à rassembler quelques détails sur lui et sur ses derniers instans. Sa mort avait été prompte, inattendue!... Il avait, me dit le médecin que j'interrogeai, parlé de testament, de volorté qui devait réparer une injustice .. mais on n'avait recueilli que des mots incohérens!... Seulement un nom. répélé distinctement et à plusieurs, nurses, était resté dans la mémoire de ceux qui l'entouraient!... Ce nom était celui de Marguerite de Sennevillc!... 11 le prononçait avec anxiété, en recommandant à son fils celle qui le portait!... Voilà ce que j'appris de cette heure suprême, où n'ayant plus rien à craindre de l'injustice des hommes on ne pense qu'a la justice de Dieu.

BEAUSÉJOUR

Marguerite de Sennevillc? mais c'est le nom de votre femme.

ALBERT

Quand vous m'avez revu à Paris il y a trois

mis. quand je courais les salons et que ma curio-

i nctrait partout, c'était une idée fixe qui me

poussait! je cherchait Marguerite de Senneville!

Après trois années d'infructueuses recherches, ce

nom, je l'entendis enfin prononcer par ma tante, et peu après je connus la ( harmanle jeune fille qui le portait. L'effet que produisit sa vue, l'émotion qu'elle me causa, et bientôt, s'il faut tout dire, l'amour... [il soupire) tout me fit croire que c'était le vœu du ciel que je remplissais en lui offrant ma fortune et ma main.

BBAUSÉJOUR.

Elle était orpheline?

ALBERT

Aucun parent n'avait réclamé Mlle Senneville ; ma demande fut donc acceptée avec empressement; Marguerite partagea bientôt tout l'amour qu'elle m'inspirait.

BEAUSÉJOUR

Il n'y a pas là de quoi se désoler.

Aussi, je n'ai pas tout dit.

BEAUSÉJOUR, avec inquiétude.

Vous êtes pâle et tremblant, Albert!...

ALBERT, lui prenant la main.

Ah ! dans les recherches (pic j'ai faites pendant trois années, mon ami, je me suis convaincu d'une affreuse vérité!... S'il était permis de pénétrer dans les familles, d'y lire au fond des cœurs, d'y connaître tous les secrets, on serait étonnéde ce qu'il y a de situations cruelles amenées par des fautes incroyables et inconnues !

BEAUSÉJOUR

Quelque secret de ce genre pèse sur vous ?

ALBERT

Oserai-je le dire I

BEAUSÉJOUR

Albert, je ne suis plus ici l'étourdi qui se moque des autres et de lui-même... je suis un homme d'honneur dévoué a un ami malheureux, et dont les conseils calmeront peut-être son cœur agité.

ALBERT

Lejour de mon mariage, en sortant de l'église, j'amenai Marguerite dans ce château que l'on venait d'arranger par mes ordres pour la rerevoir. Je n'y étais pas venu depuis la mort de mon père, et je regardai comme DU devoir d'aller visitât pieusement la chambre où il avait rendu le dernier soupir, et qui n'avait pas été ouverte depuis qu'il lavait quittée pour toujours In lentiment involontaire me saisit a l'aspect de cette chambre et des objets qui l'entouraient!... Je m'approchai du bureau, où un livre ouvert, une lettre commencée, des brochures éplftei semblaient attester et rendre encore présente la qui s'était éteinte depuis plus de trois années !... Sur l'une de ces brochures, un nom me frappa. . je ne pouvais le méconnaître... c'était le nom prononcé par mon père, cherché par moi, porté par ma femme... c'était le nom de Senneville!

BEAUSÉJOUR

Cette brochure...

ALBERT

Je lus, je dévorai cet écrit où il était répété à chaque page ce nom!... et cet écrit, c'était le mé-

MARGUERITE

moire d'un habile avocat, pour justifier mon père qui, dans un duel sans témoin, avait tué M. de Senneville au moment où il rentrait en France.

BBAISËJOCR.

Je me souviens maintenant, en effet, d'.i\..jr entendu parlei de cet événement... d'un nrocès, de circonstances singulières qui m'échappent.

ALBBRT.

Quoi! l'on a su, et l'on peut se rappeler encore cette affaire!.. Mais on doit se souvenir aussi, il est vrai, que BOB père fut pleinement justifié!... son honneur... Ah ' je. m \erité

si je peui oser prononcer ce mot . esr il fut justifié aux dépens de celui d'une femme. . de la femme de Senneville!

BEAl'SÉJOCH.

Sans doute!.. Il fut prouve que H. de Senneville, trop justement jaloux, n'était ie\mu que pour se venger sur sa femme., sur l'enfant né depuis son dépait, et sur \otre père!. . Kt, en effet, c'était au retour, avant d'être rentré chez lui et d'avoir été vu par personne, qu'il attaqua sur la route le comte de Saint-Méry, votre père.

ALBBRT.

Kt il fut prouvé que mon père n'avait pu sauver sa vie qu'aux dépens de celle de son adversaire!... Mon père fut donc absous!... La femme était morte au commencement du procès... et l'enfant, hélas, fut abandonné !... Mars son souvenir, qui s'était effacé de la pensée de mon père pendant les plaisirs de sa \ie dissipée, revint ajouter un remords aux Mgoisseï de ses derniers instans!.. Quand il m implorait pour Marguerite, et qu'il me priait d'assurer son > • » r t , c'était le cœur d'un père qui comprenait enfin ce qu'il aurait dû faire, et qui voulait qu'un de |tf enfans réparât ses toits sofOffl l'autre !... (i était un frère... oui. mon ami. un frère I qui il rtesSJJmandait sa sœur.

BKAl'SKJol R. lui prenant lu muni.

Albert:

ALI'.i

Oui, Marguerite 6*1 nia suiir. et je I aime... je I aune a en perdre l.i rSÏSOD. Kl depuis un mois

elle est là, près de moi, ignorent i I, se

désoles! ds mon indifférence, m'eimanl si mc cherehânt evec ion imour plein «1 innocence si de

énorme-'... Bl moi, je la fuis, je la repousse' je remplis d inquiétude cette Isse si pure.

couler des larini veuxsi beaux., rmn, qui

donnerais ma vie pour que la sISUM lut heil-

■ Calmez- vous!... La mil I

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