‹ Pièces de théâtreChapitre 979 sur 1241 · ALBERT, BONNARD, MARGUERITE · texte numérisé non relu

ALBERT, BONNARD, MARGUERITE

BONNARD, au fond.

Une femme en pleurs!

Il t'arrête el n'est pas vtt.

MARGUERITE

Ah! la pauvre Marguerite alors n'aurait plus personne sur la terre.

bonnard, s'avançant.

Mais, parbleu si, vous auriez quelqu'un, car je suis là!

Mouvement d'Albert et île Marguerite.

marguerite, (tonnée.

Que dites-vous, monsieur?

BONNARD

Oui ! vous avez en moi un protecteur, un ami dévoué à Marguerite deSenneville.

MARGUERITE

Vous savez mon nom ?

ALBERT

Qui êtes-vous donc, monsieur?

BONNARD

Qui je suis?... eh ! qu'importe?... je trouve ici une charmante personne tout en larmes... moi, monsieur, je ne peux pas voir le malheur sans le secourir et le chagrin sans le consoler... et parce que les yeux sont beaux, ce n'est pas une raison pour les Laisser pleurer!... au contraire. {Il s'avance vers Marguerite. | Je viens ici pour vous. MARGUERITE.

Pour moi?

Oui, pour nous... Marguerite de Senneyille,

n'est-ce pas?

MARGUERITE

Sans doute !

bonnard, à lui-même.

C'est mon cœur qui la devine, et celui-là ne peut pas se tromper. [A Marguerite, toujours un P> u de côté pendant qu'Albert les examine.) Votre mariage fut-il volontaire?

MARGUERITE

Oh! oui.

BONNARD

Mais déjà le chagrin l'a troublé?

marguerite, reculant.

Monsieur !

ALBERT

L'indiscrétion de semblables questions...

BONNARD

Je viens ici uniquementpour savoir; il est donc juste que j'interroge quand je ne peux pas deviner... (Regardant attentivement Marguerite.) Ave< quel plaisir je la regarde ! [A Albert.)C'esi qu'ell» est ma foi bien jolie, n'est-ce pas?

ALBERT

Ah ! sansdoute!

bonnard, allant à Albert. Voyez donc son embarras!... quelle charmant femme!... et quel dommage qu'elle ne soit ps heureuse!

Albert, vivement.

Ah! vous avez raison, monsieur, personne mieu: qu'elle ne mérite de l'être.

BONNARD

J'avais vu cela sur son aimable physionomie.. Je parie qu'elle a toutes les vertus.

Albert, vivement.

Et vous ne vous trompez pas.

bonnard, lui prenant la main.

Merci, monsieur, pour ces bonnes paroles, el pour l'intérêt que vous montrez à celte jeun< femme, cela vous a gagné ma confiance. (A demi voix.) Tenez, entre nous, n'est-ce pas un malheui qu'on l'ait mariée à ce comte?

Albert, soupirant.

Ah!

BONNARD, àpart.

Je gagerais que celui-là n'est pas un grand set gneur, ça se voit tout de suite.

albert, à lui-mime.

Ah! c'est ce M. Bonnard quia pris Beauséjoui pour moi.

BONNARD

Pourquoi diable avoir été choisir le mari d< cette jeune femme parmi les descendans de cet grands d'autrefois si frivoles et si dangereux?.., c'était risquer son bonheur... mais me voici poui la protéger, et même pour l'arracher, s'il le faut au sort malheureux qui la menace.

Ciel!

ALBERT

Et de quel droit, monsieur, osez-vous ainsi vouj ériger en censeur de la conduite des autres ?

BONNARD

Monsieur, quand on a honorablement acqui par son travail une fortune qu'on emploie utilement, on a le droit de blâmer les folies des geni oisifs et inutiles; quand on est honnête homme, on a aussi le droit de démasquer les actions qui ne sont pas honnêtes; mais j'ai de plus que toul cela, monsieur, un droit incontestable... c'eil que le seul intérêt qui reste à ma vie est plac( aux mains d'un de ces hommes qui ont appris d<

MARGUERITE

irs pères à tout sacrifier à leurs plaisirsetàleurs gsions, et je tremble, monsieur, que les >ices ses aïeux n'aient été transmis, avec leur hérir,e, au jeune comte de Saint-Méry.

HARGl KRITB.

Oh»

ALBERT

C'en est trop!... et...

BOMNARD.

Se vous emportez pas, monsieur.

ALBERT, reprenant avec calme. Son!... c'est avec calme que j'oserai vous dire 'il sied mal a un homme raisonnable d'attaer ainsi en général loi riches et . tani

utrefois. Avant de condamner sani pitié lea ts du passé, regard.-/ bien si le prêtent en est it-a-fait exempt ! Mon Dieu, parce qne les forles datent d'hier, sont elles tonjouri bien acises?... parce qu'on ne paye pai magnifiquent ses folies, en est-on plus lagef Parée que i condamne lea duellistes, au lieu de se battre, est-on plus noble?... Si les manières sont plus ssières, couvrent-elles nne plus r i tr i < 1 e vertu ? le luxe, les broderies et les parfums ne va- ;nt-ils pas bien l'odeur de l'écurie et celle du are?

BONNARD, souriant.

"est possible!

ALBIB r.

hissez la passion an user les grandi d'autreg ; la raison, monsieur, voit clairement que plus petits les imitent bien ^lc dès qu'ils ta leur place... Qu'un de 1 l répU-

[•.lins ait un peu d'argent, il achète des meui Louis quinze, et singe dei atri de Richelieu ! eeuseï donc des traveri qui \<>u-> blessent que faiblesse commune à lo - il est

nmes commi monsieur, qui gardent

il l'opulence toute! i reuies, nous

en estimons d'autai i plui que llement

; vertu bien (>eu commune.

k m uni.

>our un homme de \<

loei de i . > 1 1 r me comprendre,

audrait lavoir ce que le nom ille de tristei jadis, parmi les

Il di \ ieux comti bien en«

du, il en fut un no n le.

■AMI IBITI

ilon père?

Al. Ht I >

ienneville?

N > Mlll.

lennarillc que d ont

du, monsieur f... B pourrait-elle m'np-

Ddre au juste l ri «l ion pi

Il ABOI BU

s enfant, moi lieur, qu Dd mon père me subitement enlevé par Ul M

bo.vxabd.

Oni, par un duel !... avec quelque compagnon de ses folies, sans doute

ALBERT

Les années ont passé mit ce unie ésrr .-ment ; pourquoi dune en rappeler lai déi uli det 011e?

bo>n \ui>.

C'est que sa lille devait, a la m<»rl de ion père, hériter d'une fortune considérable.

■ABOI KRITB.

Jamais! .. Ma mère mourut sans ress la charité seule a | de mon enf.i

bo>> \ i Qui dOBC a ravi la fortune d« - | |c?

ALBBBiT, ir IC, en effet*

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