‹ Pièces de théâtreChapitre 982 sur 1241 · MARGUERITE, ALBERT · texte numérisé non relu

MARGUERITE, ALBERT

Marguerite, qui a regardé Albert avec attention

ALBERT, très-agiié.

Hélas ! les événemens sont-ils plus affreux encore que je ne le croyais ?

Marguerite , allant à lui ei lui prenant la main.

Albert, votre front est pâle et votre main tremblante?... vous souffrez?... Je ne vous demade pas votre secret... mais la présence de mon oncle vous trouble et vous effraie ?... je devine quelle peut apporter du malheur I... et moi je ne connais dans ce monde que vous seul!.-. Eh bien fuyons I... partons ensemble .'... à l'instant!... Vous m'avez donné un rang et de la fortune... mais vous pouvez bien plus encore !

ALBERT

Comment ?

MARGUERITE

Laissez-moi, près de vous, partager vos chagrins et vous en consoler!... Et s'il fallait braver les dangers, la misère, Albert, j'aurais fait un bel échange!... je n'étais que riche, je serais heureuse !

ALBERT

Ah ! si je n'avais à supporter que des infortunes ordinaires, que tu les effacerais vite !... mais mon cœur, depuis un mois, lutte à tes côtés entre un devoir qui commande et une passion violente qui m'agite!

Marguerite, à part, avec angoisse.

Ah ! c'était donc vrai ?

ALBERT

Long-temps j'hésitai avant d'initier votre cœur si pur à de tristes et coupables événemens!... Vous ne savez de la vie, Marguerite, que ses rêves doux et tendres !. .. que ce qu'elle a d'idéal ! car vous en êtes encore à l'espérance sur toutes choses ; et il m'était cruel de détruire en un jour tant de belles illusions!

MARGUERITE

Qu'avez-vous donc à dire?

albert. hésitant.

Puis j'avais espéré «pie nous pourrions rester ainsi ensemble; que 1 éclat d'un nom honorable, les plaisirs du inonde et mon amitié pourraient rendre votre existence brillante et heureuse!... mais la curiosité froide et cruelle de ce qui nous entoure, l'arrivée de ce parent qui vient chercher une vérité qu'il eût fallu cacher... enlin une crainte nouvelle et terrible... mon nom que je crus sans tache, qui doit l'être, j'en suis sur!... qu'aucune action de ma vie n'a pu flétrir!... eh bien, s'il était attaqué... déshonoré?...

MARGUERITE

Grand Dieu!...

ALBERT

Que t'aurais-je donc apporté, Marguerite, à toi dont la vie devait être heureuse et paisible? à toi dont le cœur a besoin de tendresse et d'amour!... je t'aurais apporté un cœur agité, combattu, qui renferme un secret cruel!... puis je t'aurais donné un nom dont lu rougirais... et peut-être une fortune qui ne m'appartient pas?., ah! c'est affreux !

MARGUERITE

Arrêtez, Albert !... Et que m'importe un rang et une fortune?... Mais vous aviez raison... j'en suis encore aux rêves et aux illusions, car je croyais que mon mari serait heureux de mon amour !... que cela suffirait a sou bonheur comme au mien !.. enfin que j'en serais aimée comme je l'aimais !

Elle s'assied et se cache la lête dans les matai en pleurant,

ALBERT, allant a cite.

Ah ! je dois tout vous dire:... fichez donc.

*^V^ /VV>UUV\\WVV\\VM

Page 1