SCENE XI
ROGEK; les deux Inconnus, l'arrêtant.
{Il sort de che: le traiteur, et noue les cordons de sa bourse du cuir, .iprès la sortie de Roger, le traiteur ferme sa porte et ses volets.)
ROGER, à la cantonade.
C'est bon, c'est bon !
Caillez pour le j;arçon.
Gourons, rejoisnons-les sur l'heure.
PREMIER iNCoNNi', se mettant devant lui el l'arrêtant. Camarade, un seul mot, rien de [jIus.
ROGER, serrant sa bourse dans sa poclie. Encor ces inconnus !
PREMIER INCONNU
Enseignez-nuus le nom et la demeure D'un habile maçon et d'un bon serrurier, {En ce momcnl, deux autres hommes, enveloppés de liirijes innnleaux , paraissent dans le fond, et se tiennent à portée d'entendre )
ROGER
Un maçon! je le suis, connu dans le ipiarlier. LES DEUX INCONNUS, à part.
Pour nous, t> hasard favorable !
PRESIIEB INCONNU.
Veux-tu s :gncr beaucoup?
ROGER
C'est toujours asréable,
DEU.tlÈME INCONNU.
Eh bien ! tu vas nous seconder.
[Lui donnant une bourse.) Tiens, vuilà de l'argent!
ROGER, à part, prenant la bourse.
C'est drôle... ii leur figure Mol l'aurais cru qu'ils allaient m'en d'mander! [Haut.) Que l'aul-il faire?
PREMIER INCONNU
Viens !
ROGER
A présent?
DEUXIÈME INCONNU
Sans tarder.
ROGER, lui rendant la bourse.
Pour anjouicriuii! non paibleu, je vous jure: C'est le jour de ma noce, et ma l'enimc m'attend. Reprenez vos écus; pour un million comptant, Je n'irais [las dans ce moment!
PREMIER INCONNU
Au contraire, tu vas nous suivre.
ROGER
Croyez-vous me lairc la loi?
DEUXIÈME INCONNU
A rinstant même il faut nous suivre.
ROGER, riant.
Oh! vous vous trompez, je le voi.
rUEMU.R INCONNU.
Tu viendras! si tn tiens à vivre!
ROGER
Je n'irai pas!
DEUXIÈME INCONNU
Tu nous suivras.
TOUS Lv.s DEUX, lui prenant la main, et lui montrant un poignard.
A l'instant même suis nos pas, Ou bien redoute le trépas!
ENSEMBLE
ROGER
0 ciel! je suis sans défense!
Rien n'est égal à ma fureur!
LE MAOON.
Faul-il céder sans rûsisl.iiico, Quaud ju m' l)attrais de si bon ccDur! LES DEUX INCOIiXUS.
Allons, suis-nous sans i-ésIslancO) Et ne redoute aucun malhcnr; Du silence, de la liiudeiic.
Et calme une vaine liirour.
[Les deux inconnus cm rainent lioi/er au fondduthêàlic, où ils siint rejoints par leurs deux autres camarades. Ils disparaissent tous jiar ta coulisse à gauche.)