SCENE XII
RIC.V, à gauche, sur le devant du théâtre: L"SI>ECK, plusieurs Esclaves et UOGER entrent par le fond.
rsBECK, regardant autour de lui.
Où sout-ils'?
RICA, parlant. Chez Irma.
l'sBECK, (i Roger.
Maintenant achève Ion ouvrage.
Dépi!chons-nou5, c'est le plus sage...
J'espère au moins, qu'après cela.
Au logis un me renverra.
[Il travaille au fond, mais il est caché par le groupe
des esclaves.) usBECK, rassemblant autour de lui les esclaves et leur
parlant à voix basse sur le devant du théâtre. Vou.s, d'un m dire irrité pour servir la colère, Emparez-vous du téméraire [.Montrant à gauche l'appartement d'Irma ] Que vous trouverez près d'Irma.
[Us font un mouvement pour sortir, et L'sbevk les retient.) Mais observant toujours les lois qu'on nous dictii,
ENSEMBLE
USBECK
Soyez inexorables.
Faites votre devoir; Punissons les coupables :
Oui, pour eux plus d'espoir.
CHOEUR
Soyons inexorables.
Faisons notre devoir, etc.
ISBECK, aux esclaves.
.MIez! amenez-les... Mais d'où provient ce bruit?
SCEiNE XIII.
Les r»ECÉDENis, BAPTISTE, accourant tout ejjarépar la porte à droite.
BAPTISTE
Au secours ! au secours !.. Dieux ! où m'a-t-ou conduit? USBECK, à Baptiste.
Malheureux! veux-tu bieu te taire!
C'est fait de moi!
Je meurs d'effroi!
USBECK
Réponds, ou bien crains ma colère.
BAPTISTE
J'étais tout triste et désolé.
Dans ce pavillon isolé
Où vous m'enfermites sous clé.
Lorsque j'entends avec fr.icas
S'ouvrir la porte... et puis, hélas!
Parait UQ grand fantôme blanc.
Hors de moi -même et tout tremblant,
A Dieu recommandant mes jours,
Je crie au secours! au .secours!
Soudain, ô mortelles alarmes!
Ou accourt; j'entends 1' bruit des armes!
RICA, à part.
Malheureux ! il les a perdus !
BAPTISTE
Entendez-vous ces cris confus'?
USBECK
Oui, l'on accourt...
iiic.\, à part.
Il n'est plus d'espérance!
Les précédents; LEON, que poursuivent plusieurs CS' clavcs, et qui tient dans ses tris Irma évanouie.
LÉON
Laissez-moi! laissez-moi!
LE MAÇON
[Ils entrent par la porte à droite; et Léon, en entrant, jette une poignée d'épée brisée.) LEON, à ceux qui le poursuivent.
Mon çlaive, en se brisant, a trahi ma vaillance, Deux lie vos com|iagiions sont tombés sous mes coups.
Frappez! pourquoi m'épargi:cz-vous?
{Epuisé d'eflorts et de fatigue, il tombe dans les bras des esclaves qui icntrainent. Pendant ce temps, une partie des esclaves prépare, à gauche, les chaînes qui votit aliacher Léon au pilier; et les autres entourent, à droite, Irma évanouie sur le banc de gazon, et lui mettent des chaînes.) LÉON, au milieu du théâtre, et soutenu pardeux esclaves. C'en est t'ait! pour nous plus d'espoir ! ROGER, travaillant dans le fond, et l'apercevant. Ciel! que viens-je de voir!
{Chantant à haute voix.) Du courage!
Du courage!
Les amis sont toujours là !
{Aux premières mesures de ce refrain, Léon qui, presque nuéanti, était tombé un genou en terre, se ranime, se relève et aperçoit Roger qu'il reconnaît. ) iisBECK, allant à Roger.
Silence! ou bien mon bras te punira!
(// fait signe aux esclaves, qui entraînent Léon vers le pilier où on l'attache.) ROGER, à Usbeck.
Arrangej-vous, c'est mon usage,.
Je ne travaille qu'en chaulant.
Du courage!
Du courage!
USBECK, allant près de Rica.
Pour toi, tu sais le destin qui l'attend. {Rica pousse un cri d'effroi, et est entraîné par les esclaves.) USBECK, aux autres esclaves, Sortez! sortez à l'instant!
LÉON
Barbares! arrêtez! le ciel nous vengera! {Usbeck fait sortir tout le monde par la porte adroite, qui est à l'instant fermée par la grande pierre qu'on entend sceller en dehors. Quant au mur du fond, il est presque achevé : Roger vient de placer la dernière pierre. Une obscurité totale couvre la scène. Irma pousse un cri et tombe de nouveau évanouie, et l'ott entend en dehors.)
ROGER, qui chante encore Les amis sont toujours là!