HENRIETTE, MADAME BERTR.\.ND
HENRIETTE. Dieu mcrci! elles me laissent seule!.. (Se retournant et apercevant ma/lame Bertrand.) Comment, Madame, vous voilà encore!
MADAME BERTRAND. Oui, Sans doute ; Doiis venons de nous fâcher pour rien, et nous avions tort, car les femmes doivent s'entendre entre elles, et se prêter secours et protection contre l'ennemi commun, c'est-à-dire contre les maris, et j'en ai appris sur le vùtre.
HENRIETTE. Il se pourrait 1
MADAME BERTRAND. Oui, ma chère voisine. J'attendais qu'elles fussent sorties pour vous parler, parce ijue vous Savez bien qu'elles sont si bavardes, cpi'il n'y a pas moyeu devant elles de leur rien conDer : avec elles, un secret fait l'cllel d'une proclamation; on aurait du profit à le faire tambouriner.
lu-.NRiLTTE. Quoi! VOUS croyez que mon mari...
MADAME BERTRAND. C'est Une horreur, ma chère! et c;.a n'est pas pardonnable! Après quelques années de mariage, je ne dis pas, on peut avoir des sujets de plaintes. Le chapitre des consolations ou celui des représailles, c'est possible ! Mais le jour même de ses noces, c'est une indignité!
HENRIETTE. N'est-ce pas, Madame ? Ah çà, vous savez donc...
MADAME BERTRAND. Est-ce que jc ne sais pas tout? Mais j'entends du bruit, peut-être encore (pielque commère qui vient nous déranger. Venez chez moi nous serons plus en sûreté pour causer, et je vous conterai tout. N'être pas
rentré aune pareille heure! un lendemain de noces!., ah ! quelle horreur d'homme ! Venez, ma chère, passons par la petite ruelle, nous serons plus toi chez moi. En vériié, voilà une pauvre petite femme qui est bien à plaindre. (Elle entre avec Henriette dans la maison, à gauche du spectateur.)