‹ Pièces de théâtreChapitre 185 sur 575 · LEICESTER, ROBSART · texte numérisé non relu

LEICESTER, ROBSART

ROBSART. Me sera-t-il permis de connaître enfin mon libérateur, et celui à qui je dois une aussi généreuse hospitalité?

LEICESTER. Qu'importe qui je sois. Monsieur, si j'ai été assez heureux pour vous rendre service. . d'ailleurs vous me (.levez moins de reconnaissance que vous ne croyez; le domestique qui m'accompagnait n'a pas peu contribué à mettre en fuite les misérables qui eu voulaient à votre bourse, et ce château oii je vous reçois ne m'appartient pas, il est à un de mes amis qui, j'eu suis certain, ne me désavouera pas. La seule grâce que je vous demande, c'est que vous ne ch rchiez point là connaître quels peuvent être les habilants de ce château, et que vous ne parliez même pas de l'hospitalité que vous y avez reçue.

ROBSART, l'observant. Je vous le jure, foi de gentilhomme! et je vous demande mille pardons de mou indiscrétion; quel que soit le motif qui rassemble en ces lieux tant de nobles seigneurs, je ne peux que former des vœux pour la réussite de leurs projets.

LEICESTER. Qu'osez-vous dire?

ROBSART. Ml' serais-je trompé"? n'importe, il n'est pas un .•anglais qui ne pense comme moi; et si je vous nommais tous les ennemis de Leicester ..

LEICESTER. Ne les nommez pas. Monsieur, vous les exposeriez peut-être beaucoup.

ROBSART. Vous avez raison ; il vaut mieux se Uiire et attendre, et tel que vous me voyez, j'attends?

LEICESTER, souriant. Vous n'avez point à vous louer des faveurs de Leicester?

ROBSART. Non, Milord, quelque aisé qu'il soit d'en obtenir; mais par malheur je demande de lui justice, et c'est plus ditlicile.

LEICESTER, regardant la porte de la chambre d'.imy. Oui, je conçois.

ROBSART. J'ai soixante ans, et presque autant de blessures; et, pendant cpie je servais Elisabrlh, pendant i|iie je souleiiiiis sur toutes les mers la gluire du pavillon .wgliiis, ou m'a lait le plus sensible outrage. Kiilin. .Milm'd. moi, vieux soldat, qui n'avais pour tout bien ipie riionnciir de ma lainille.. Mais pardon de vous entretenir ainsi île mes afl'aires. J'allais à Londres réclamer l'appui des lois ; le désir que j'avais d'arriver me faisait voyager la nuit, et sans vous, peut-être...

LEICESTER. Oui, C'était fort imprudent, de s'exposer ainsi

LEICIiSïER.

à une pareille heure et par un temps ^ilfreux... Mais l'i'moliiin, la fatigue... vous devez avoir besoin de repos, et moi-nn'nii- je vous demanderai la permission d'eu user lihrenn'iit.

iiuosART. Comment donc? c'est trop juste; je pars dans (pieliiuis licures, et n'aurai probablement pas le plaisir de vous voir; mais je n'oublierai jamais ce que je vous dois, vous menlendcz ; je suis marin, je ne suis point rnurtisan, et je |iins.' ce i|ue je dis. Je vous soubaite le bonsoir. (/( sort par la porte du fond.)

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