SCENE VI
I.F, DUC, CllAULOTTE, FOUTUNATUS, LA COMTESSE LT MADAME BAUNEK, assises adroite et causant.
CHARLOTTE. A merveille! c'est aimable... et très-gentil !.. voilà deux heures, monsieur Forlimatus, que vous me failes .attendre dans votre vo ture... .Moi, un premier sujet!
FouTi NATUs. Signera, mille [larJous.
ciiARLOTTii. C'est moi qui dois en di;mander à monsieur le duc, de venir ainsi chercher mon directeur jusque dans CCI liitcl.
For.TiX..Tu;. C'est, z'use le diie, ma zére en ;.nl, oune inconsé picnco...
CHARLOTTE. Quc j'ai faite exprès, et doul je suis enchantée. (.Ivcc malice.) J'avais uu instant d'audience à demander il Monseigneur. .
LE DUC, troublé, à demi-voix. Ici!.. Charlotte, y pensez-vous?., et Henriette?
CHARLOTTE. M'est-ce que cela? je m'adresserai à ellemême jiour faire aposliller ma pétition... il me faut mon audie;:cc. Monseigneur.
lE DUC. De grâce... prenez garde!..
cuARLOTTE, à part, au duc. Vous me l'accorderez. .
LE DUC, de même, très-embarrassé. Oui, Charlotte, oui, ma s plus tard.
LA COMTESSE, se iecowf. Eh! quelle est donc celte femme?
MADAME BARNEK. Ne faites pas attention, madame la conilesse, c'est uue comédienne.
cu.iRLOTTE, se retournant avec fierté. Une comédienne! [Apercevant madame Barneken ijrandeparure avec une toque à plumes, elle part d'un éclat de rire.)
CUINTETTE.
CHARLOTTE, riant a.:xcc'ats.
Ah! ah! ah! ah! ah! ah!
TOUS
Qu'a-t-elle donc?
CHARLOTTE, riant plus fort et se soutenant à peine. • Ah! ,ih! ah! ah! ah! ah!
Je n'en puis plus! un fauteuil... ou j'evpire ! FORTi'NAïus, lui apportant un fauteuil.
Elle se trouve mal!
CHARLOTTE, Se jetant sur le fauteuil et se roulant à force de rire.
Ah! ah! ah! ah!
Je n'ai rien vu de pareil à cela!
TOUS
Et qui donc ainsi vous fait rire ?
CHARLOTTE, montrant madatnc Barnek Madame... avec sa toque à plumes!., ah: ah! ah!
LA COMTESSE
Outrager à ce point madame la baronne!.. CHARLOTTE, riant plus fort.
Baronne!., ah! ah!
LE DUC ET FORTUXATUS , bus, à Charlotte.
Au nom du ciel! vous tairez-vous?
CHARLOTTE, se tenant les côtés.
Que Madame me le pardonne!..
Je ne pois pas!
MADAME BARNCK.
Redouiez mon courroux!
IiHi.lente!
CUARLOTTE, se levant, Ah! vraiment! Madame était moins fiérc Lorsque autrefois elle jouait LcsPbilis!!!
TOUS
Les Philis ! ! !
LE Di'c ET FORTUNATus, fcfl!, à Charlotte.
Voulez-vous bien vous tiire!..
CHARLOTTE
Les Philis, et les Dug;uons... corset!!!
LE DUC, FORTUXATUS LT MADAME BARNEK.
Elle ne (leut se taire , Sa langue de vijicre Ici nous désespère Et va tout découvrir!
Non, non, rien ne r.iriéte, C'est pis qu'une tempête!
N'écoutant que sa télc, Elle va nous trahir!
CHARLOTTE
Je no veux jus me taire.
Lorsqu'avec moi, u;a chère, On veut faire la licre, On doit s'en repeulir!
Non, non, riai ne m'arrête, Redoutez la tempête!
L'AMBASSADRICE
ca
Je n'en fais ((u'.i ma IlMc Et veux tout (Jocouvrirl LA COMTESSE.
Qu'entuiids-'e? et (nul mys'crc!
0 soudiiiic lumiiTe!
Qui malgré moi m'éclaire Et mo f.iit ticssaillir!
. De sm'prisc muutle Je reste slU|.é!'aile 1
{A Charlotlf.) Que rien ne vous arrête, Je veux tout découvrir!
CHARLOTTE
Eh bien! vous saurez tout, m.idame la comtesse. (.17- ntrant madame Barnek ) La ijoljlc dame (juc voilà Au llié.'dre a g.igué ses quartiers de noblesse!
TOCS.
0 ci J I
CHARLOTTE
Et comme mol sa séduisante niéco, Avant d'èlrc duchesse , élait [irima donna !
LA COMTESSE
Vit-on jamais d'affront pareil à celui-là! (Avec force.)
Ou tel hymen est un oulroge...
Nous ne pouvons racccpler sans rougir!
Le roi doit s'opposer ;i votre mariage! Nous l'en supplirons tous.., LE DUC, montrant le papier qu'il tient à la main. Il vient d'y consentir!
{.i madame Barnek.) Tenez, portez à votre nièce Cet éirit qui contient sa royale promesse. {Sjariant.) Pour cetijymonje crois ipi'il ne uKUKpie plus rien!
LA COMTESSE
Que mon consenlemenl.,.
cuAULOTTE, à demi-voix.
Et pcut-iHre le mieti.