‹ Pièces de théâtreChapitre 241 sur 575 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

Les précédents; MADAME BARNEK, entrant.

{Charlotte, assise «u fond, tourne h dos et se tient à

l'écart.)

madame darnek. C'est moi, Monseigneur, c'est moi ; on ne voulait pas m'ouvrir votre loge; on avait même avec moi un jietit air de mystère; par bonheur, j'ai rencontré une ouvreuse do loges de Munich, (pii m'a reconnue, madame Frédéric, une brave et digne femme, qui a presque fait sa fortune en petits bancs; je lui ai appris que c'était la loge lie mon neveu l'ambassadeur. —Est-il possible? — Et j'ai été obligée de lui conter comme ipioi j'étais votre tante; je lui ai dit que je la protégerais, que ma porte ne

lui serait jamais fermée, ce qui l'ait qu'elle m'a ouvert celle de cette loge.

LE DUC, avec embarras. Fort bien. Madame... et qui vous amène?

MADAME barnek. Une nouvelle, Monseigneur, une nouvelle fort extraordinaire : j'ai perdu ma nièce.

LE DUC. Comment? que voul.z-vous dire?

MADAME CARNEK, toujours soiis Voir Charlotte. Je veus dire que je ne sais plus ce qu'est devenue cette chère enfant; je l'ai cherchée dans tout l'h'Jtel ; pas plus d'Henriette que si elle avait été enlevée.

LE DUC. Enlevée?

MADAME BARNEK. AIoTs je suis accouruo à votre loge des premières... je me suis trouvée face à face avec madame la comtesse, votre sœur, qui m'a dit d'un air fier : « Elle n'est pas avec moi, je vous prie de le croire; voyez « aux baignoires, loge de l'avant-scène, n» 1 ; c'est là « qu'elle doit être avec M. le duc; » et elle a dit vrai... {.ipercevant Charlotte gui a le dos tourné.) La voici| cette chère Henriette.

CHARLOTTE, Se détournant . Pas précisément, madame Barnek.

MADAME BARNEK. Qu'est-ce quc je vois là?., mademoiselle Charlotte, ici! en tète-à-tétc avec monsieur le duc!

CHARLOTTE. Eh bien! où est le mal!

MADAME BARNEK. Je le dirai à ma nièce.

LE DUC, voulant l'apaiser. Madame Baruek, y pense»vous?

MADAME BARNEK. Oui, MoDsieur.,, oui, Mademoiselle,., moi, j'ai toujours été pour les principes.

CHARLoiTE. Vous vo} ez bien qu'elle radote... mai.s à son Age on n'a plus de mémoire,

MADAME BARNEK, furieuse. Mademoiselle, vous oublie* qui je suis!

CHARLOTTE. C'est vrai, vous êtes à présent dans les baronnes.

MADAME BARNEK. Et VOUS, dans les gcandos coquettes, à ce que je vois,

LE PARTERRE. Silenco dans la luge!

LE DUC. Mesdames, Mesdames, je vous prie, ne parlez pas si haut, la pièce est commencée depuis longtemps. (.1 ce moment, des bravos éclatent dans la salle,

CHARLOTTE, ai'cc colére. C'est la débutante! [Le duc, madame Barnek et Charlotte s'élancent pour regarder. Le duc baisse un store )

LE DUC, avec fureur. Qu'ai-jo vu?., c'est Henriette!,, (n relève le store.)

CHARLOTTE ET MADAME BARNEK, Henriette!

MADAME BARNEK, hors d'elle-même. Une ambassadrice sur les planches !

FINAL

ENSEMnLB.

LE DUC

Henriette! que faut-il faire?

Quelle houle! quelle douleur!

Ah! la sur]irise et la colère Ici se disputent mon cœur !

MADAME BARNEK.

Henriette! que duis-je faire?

Quelle honte ! quelle douleur !

Ma nièce, dont j'étais si lière.

Compromettre ainsi son bonheur!

CHARLOTTE

Henriette ! étranïe mystère!

La femme d'un ambassadeur!

De son rùle elle était si lière, Et prend le mien, c'est une horreur!

HENRIETTE, sur le théâtre, chantant le motif de l'air du trio du second acte.

C'est cn vain cpie votre puissance \'cut me retenir en ces lieux, « ViMS les rives de la France « Malgré moi se tournent mes veux.

L'AMBASSADP.ICR.

« Voguez, sultan joyeux,

« Vers les bords de la Soiiio.

« Lit s'offrent ;i vos yeux

« Les di.Hices des cieux;

« Et jour et nuit c'est là

« Qu'amour vous sourira.

« Là, des jeux et des ris

« La troupe vous enchaîne,

« Car le vrai paradis « Est à Paris. »

Buvons au sultan Mizapouf, Au descendant du grand Konlnur;

Il régne dans Maroc

Par droit de naissance.

Au combat aussi ferme qu'un roc, Et des amours bravant le choc,

Il est l'aigle et le coq Des rois de Maroc.

Versez les vins de France, Verstz Champagne et médoc. Buvons tous au sultan Mizapouf!

Tra, la, la, la, etc.

(On applaudit avec force au fond sur la fin de l'air.]

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