‹ Pièces de théâtreChapitre 35 sur 575 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

niMlTlU.ÉLlS.\BETM; GOLOFKIN, ilitn^ le c.ahhiH à droite.

TRIO

Éus.*iii.Til, au fond du Ihèàtft.

A cliaipic pas je. srns mon crenr Battre d'amour et de finjcnr.

(Apercevant Dimiiri ) Ah ! le voil.î, c'est lui-iuùmc , 0 moment ptein de ilouceur!

Mes danscrs même et mn terreur, Tout est plaisir, tout est boriheut.

iiiMiTiii, ri pari.

Quel contre-temps, hi-las ! mou cœur Bat de di5pit et de frayeur.

Ah! ([uand j'attends ce (pic j'aimû, Faut-il do[ic qu'un sort jalimx ViciMie tioubler un sort si doux, Et déranger mon rendez-vous!

eli5.\bi;tu, s'inançant vers Diinitri, De trouble et de bonheur que mou ibiio est saisie !

DiMiTRi, reyiirduiit autour de lui.

.\b ! que je crains de voir arriver Eudoxie ! (// veut faire un pas pour sortir et se trouve près d'£lisabcth.) ELISABETH , oft'C éinotion.

Dimitri... dés longtemps je voulais vous parler.

niMiTRi, s'inclinant.

Madame... un tel honneur...

ELISABETH, ù part , et se soutenant à peine.

.\h! je me sens trembler.

{Haut, à Dimitri.) Assejons-nous, de grâce.

DIMITRI, à part.

0 contre-temps funeste!

GOhorKm , à part , dans le cabinet.

Que ya-t-elle lui dire ? Ecoutons.

DIMITRI, avec désespoir.

Elle reslo.

ENSEMBLE

DIMITRI, à part.

O ciel ! elle ne s'en va pas.

Ah! je m • meurs d'inqiatience:

On va venir, l'heure s'avanre, Tout redouble mon cmtiarra».

A chaque instanl je crois, hélas I Entendre le bruit do ses pa-.

ELISABETH

Que j'aime ce doux endiarras !

Oui, par rcsiicct, en uia présence.

Il n'ose rompre le silence , Il veut parler et n'ose pas.

Malgré moi je partage, bêlas !

El son trouble et son embarras.

GOLOFKIN, à part.

Qui peut guider ici ses pas?

Oui, dans un tel lieu, sa présence Doit exciter ma déDance.

lïcoutons, et ne nous montrons pas.

A ma surveillance, ii mon bras.

Les traîtres n'échnpperiujt lias.

ÉUsABF.Tn, regardant Dimitri qui s'est assis près d'elle.

lA part.) . [Haut.)

Il se lait... c'est S illui de parler... et d'abord Il faut iprÉlisïihetli ici vous remercie Pli zèle ipii vous fait exjioser voire vie Pour défendre sa cause et parlairer son sort.

uiHirni , l'i'i'cmenf .

De moi, de mes sold.ds je tous réponds. Madame.

GOLOFKIN, à part.

Qu'enlends-jo?

DiMiTRl, de même.

Dans l'ardeur qui pour vous les enfl.immc, De la révolte attpndanl le signal.

Ils sont Imis prêts.

ooroPKls , à pari.

0 complot internai!

ËllsABETH , souriant.

Oui, LeslOdl tne l'a dil.

GOLOPRiK , n part.

Lui, Eeslo((|! ah! le traître!

ÉLI3A0ETU.

Il prétend qu'on penl croire a leur fidélité,

{Avec intention.) A la vôtre surloul...

blriltni, vivement et avec ckal-eur.

Vous pourrez la connaître Dés ce soir.

iLISABETU.

Ce soir!

DIMITRI, rf« mimé et rapidement.

Oui, le plan est arrêt ■.

Tous les princip.aux chefs, moi, Lsstucii et vingt antres , Nous devons ii minuit nous rendre tous d'ici

Alix quartiers Préobajenskl, Harauirner les soldats qui déjà sont les nôtres. Nous marchons à leur tète, et saisissons soudain La régente , Munich it surtout Golofkin.

GOLOFKIN, à part.

Grand merci ! d'un tel soin la récompense est prête.

DIMITRI, se levant.

Si tels sont les projets i\ue vous vouliez savoir...

ELISABETH , le retenant.

Ce n'est p.is tout encore !

DIMITRI, à part.

Ah! plus d'espoir, C'est fini, j'en perdrai la tète.

ENSEMBLE

DIMITRI, à pari.

0 ciel ! elle ne s'en va pas, Ah! je me meurs d'impatience.

Ou va venir, l'heure s'avance.

Tout redouble mon emb.irras.

A chaque instant je crois, hélas.

Entendre le bruit de ses pas.

ELISABETH, à part.

Que j'aime ce doux embarras!

Oui, par resiiect, en ma présence, Il craint de rompre le silence, H veut parler et n'ose pas.

Malgré moi je partage, hélas!

El son trouble et son embarras.

GOLOFKIN, à part.

De leurs coupables attentats.

Grâce au cicl,j'.ii diuic connaissance, Et j • bénis leur imprudence Qui vient les livivri mon bras.

Dans l'onilne je suiviai leurs pas:

Les traîtres n'échapperont pas.

ELISABETH

Je veux savoir encore...

LESTOCQ

DiMiTHi, Vivement.

Ah! je vous en conjure, Parlez vile!

ÉLISAOETU.

On prétend . c'ust Lcstocq qui Tiissuro, Qu'i tous ces noirs projets de conspiration. Vous vous êtes mêlé, non par ambition, Mais par amour, par excès de tendresse?

tlIMlTRI.

Ce Lestocq esl-il indiscret!

(Avec embarras.) Oser ainsi parler à votre altesse...

ÉLisADETH, le rcijarilant avec tendressi. C'est une trahison! c'est bien mal en cITut.

DiuiTKi, oiec impatience et chaleur.

Eh bien ! si vous saviz pour qui mon cœur soupire, Si vous savez par lui mes amours , mes projets , A quoi bon feindie encore? et s'il faut tout vous dire. Celle que j'aime et qu'ici j'attendais... {On frappe violemment en dedans du cabinet à gauche où est Lestocq. Dimitri et Elisabeth s'arrêtent étonne's.)

ELISABETH

Du silence!

DiuiTBi , à part.

0 terreur mortelle I ELISABETH, montrant te cabinet à gauche. C'est là, do ce côté!

DIMITRI , à part.

Grand Dieu ! si c'était elle !

{À Elisabeth.) Qui que ce soit, fuyez des regards indiscrets.

ENSEMBLE

DiMlTBi , à Elisabeth. On pourrait nous surprendre.

On pourrait nous entendre; Il est trop dangereux De rester en eus \h'U\.

Partez, parlez, de grâce.

Le danger vous menace.

Mais comptez sur ma foi , L'honneur m'en fait la loi.

ELISABETH

Oui , l'on peut nous surprendre,

On pourrait nous entendre ;

Il est trop dangereux

De rester en ces lleu.\.

Partez, partez, de gricc.

Le danger vous menace.

Adieu, pensez i moi,

Et croyez à ma foi.

GOLOFKiN , à part.

Ce que je viens d'entendre ,

Ce qu'il vient de m'apprendra.

Peut suffire à mes vœux.

Quittons, quittons ces lieux.

0 criminelle audace !

Point de pitié, de gràcej

Leurs secrets sont à mol,

Qu'ils pâlissent d'ell'roi !

{Elisabeth sort pur la porte du fond, et Golofhinsort du eabinetà droite où ilest, par laporle extérieure qui donne sur le parc.)

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