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SCENE VllI

Les PRÉCÉDENTS, CATHERINE.

CATHERINE. Eh ! mais, Itladame, vos fleurs, votre parure, tout est prêt, et nous vous attendons.

EUDOXIE. C'est inutile; je ne m'habillerai pas; je n'irai pas au bal.

GOLOFKIN, lui prenant la main et à demi-voix. C'est bien. Madame, je vous remercie.

EUDOXIE. Viens, viens, Catherine, je n'espère qu'en toi. {Elle sort avec Catherine.)

m SCENE IX.

GOLOFKIN, puis LESTOCQ.

GOLOFKIN. Ah! monseigneur Lestocq, vous qui êtes un si habile médecin, nous verrons si vous avez le talent de vous sauver... (Se retournant et apercevant Lestocq.) Eh! le voilà, ce cher docteur; je vous demandais.

LESTOCQ. Est-il vrai. Monseigneur ? {À part.) Tâchons de savoir s'il atout entendu...

GQLOFEiN. Oui, ma femme était un peu indisposée.

LESTOCQ. 0 ciel !

GOLOFKIN. Rassurez-vous, cela va mieux; seulement, je crains qu'elle ne puisse ce soir aller au bal.

LESTOCQ. C'est donc grave ; et je cours auprès d'elle.

GOLOFKIN. Demain, si vous avez le temps, si vous le pouvez.

LESTOCQ, se promenant ainsi que Golofkin. Aura-t-on le plaisir do vous voir au balî

GOLOFKIN. Certainement. Croyez-vous, docteur, que la fête soit belle?

LESTOCQ, froidement. Superbe!

GOLOFKIN, souriant. Vous espérez vous y amuser?

LESTOCQ. Mais oui. Et vous, excellence ?

GOLOFKIN. Franchement, j'y compte ; et à moins d'événements qu'on ne peut prévoir.

LESTOCQ, froidement. Je n'en vois guère, et je crois que tout se passera à merveille.

GOLOFKIN, cessant de se promener. Moi aussi! Dite» donc, docteur, {S'appuyant sur son épaule.) j'ai observé ce jeune homme de ce matin, et vous aviez raison, je crois comme vous qu'il est amoureux de ma femme.

LESTOCQ, vivement. Je n'ai jamais dit que madame la comtesse...

GOLOFKIN. Je le sais bien, car j'ai fait encore une autre découverte ; je soupçonne qu'il y a une dame, une giando dame...

LESTOCQ. Qui est éprise du jeime officier, je le savais.

GOLOFKIN, riant. Et vous ne me le disiez pas : c'est mal. (En confidence.) Demain, docteur, demain nous causerons de cela.

LESTOCQ, à part. Est-ce qu'il Desaurait rien?

GOLOFKIN. Quand vous viendrez voir ma femme, et en

même temps je vous demanderai pour moi une petite consultation.

LESTOCQ, lui prenant la main. Sur le-champ, jo suis à vos ordres. [Lui tâtant le pouls.) Et si vous voulez permettre. .

GOLOFKIN. Gomment donc! dès que je suis entre vos mains, je suis tranquille.

LESTOCQ, à part, après avoir tàté le pouls. Dieu!., comme il bat avec violence ! (// regarde Golofkin en face bien attentivement. Golofkin détourne les yeux, et Lestocq, tenant totijours son pouls, dit à part.) h sait tout! {Haut, et froidement.) Le pouls est bon; il est calme; un peu de malaise, de plénitude; nous vous débarrasserons de tout cela.

GOLOFKIN, souriant. Je ne vous parle pas de ma reconnaissance,

LESTOCQ, de même. J'y compte et m'y attends. A ce soir. Monseigneur.

GOLOFKIN, sortant. A ce soir, docteur.

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