SCENE XII
GALUCHET, JEANNE, sortant de la porte à gaurhc.
JEANNE. Voici l'heure... Il doit m'attendre... Dieu ! quelqu'un est ici... C'est mon père!
GALUCHET, réfléchissant. D'ailleurs, et quand même j'y consentirais... est-ce qu'elles le voudraient... est-ce qu'elles pourraient se résoudre à me quitter... C'est impossible !
JEANNE, écoutant au fond du théâtre. Que dit-il?
GALUCHET, prenant une petite table où sont ses outils. Notre joie... notre bonheur à nous... c'est d'être ensemble... toujours ensemble!.. (S'asseyant devant la table.) Aussi, demain, quand je les aurai sous le bras, je veux qu'elles soient pimpantes et parées... elles le seront! Allons, à l'ouvrage!.. Elles doivent doimir maintenant... Et en travaillant comme ça pendant leur .sommeil..,
JEANNE, s'éloignant de la porte du fond. 0 ciel !
GALUCHET
Air de Lantara.
Par là j'ajoute à raa journée.
Ce que je puis diTober à ma nuit,
El o'esl une heure fortunée.
Que erlle où j' v.jilte ainsi sans bruit. \His.) En ce moment, votre iniaiie chérie, 0 mos enfants, vient encor me diarui r, Et le traviiil, ([ui double ainsi m>i vie, Double le temps où je peux vous aimer.
JEANNE, à part, avec attendrissement et se rapprochantdufauteuUoùestassissoH père. Mon bon père !
JEANNE ET JEANNETON
GALUCHET prend un briquet et allume une chandelle, en parlant. Le docteur dit que ça abrège les johrs... Qu'importe!., si c'est moi qui les quille... et si mes filles ne me quittent jamais...
.lEANNE, poussant un cri et tombant à genoux au milieu du théâtre. Ah!
GALUCHET, stupéfait. Jeanne ici !.. à cette heure... Et ce trouble, ces larmes, (.ipart.) Est-ce qu'elle aurait entendu la vieille marquise?.. {Haut, et la relevant.) Qu'as-tu, mon enfant? . que me deuiandes-tu ?
JEANNE. Grâce et [lardon... mon pcre... car je suis bien coupable!., car un iQStant... j'ai pu avoir ridée de vous abandonner.
GALUCHET. Toi !
jeanme Oui, n'écoutant qu'une tendresse insensée.. . j'allais fuir peut-être...
GALUCHET , poussant un cri de colère. Ah ! (.-l part.) Et moi qui cherchais... {Avec colère.) Ce n'est pas là mon sang... ce n'est pas là ma fille... C'est celle de la gi'ande dame.
JEANNE. Mais là, toutàl'hcure... jevous ai entendu... vous qui nous consacrez vos jours et vos nuits... et je me suis écriée ; « Je dirai tout à mon père... je resterai près de lui... et je n'aimerai que lui ! »
GALUCHET, la pressant dans ses bra^. Ah ! je la reconnus!., je la retrouve!.. C'est à moi!., c'est mon bien!., c'est elle qui est ma fille! (Se retournant vivement.) Hein?..