‹ Pièces de théâtreChapitre 52 sur 575 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

LESTOCQ, seul, puis STROLOP et ses Compagnons.

LESTOCQ. Moi, j'y reste !,en ce palais, il m'aiipartient; je m'en empare, et malgré les dangers qui m'y environnent, si Strolof el ses amis sont exacts au rendez-vous... (// va ouvrir la feniire du fond. On apcri;oit en dehors Strolof el une douzaine de conjurés qui sautent de la fenêtre dans l'intérieur de l'appartement.)

Dans l'ombre et le silence,

L'hcui c de U Vtnge.inro

Va-t-elle enfin venir?

Que ton bras intréiiido

Nous dirige et nous guide ;

Il faut vaincre on mourir.

LESTOCQ, au milieu des ronjnrés.

Amis, vos cœurs sont-ils au-dessus de la cra^ntc? A braver \a trépas êtcs-vous résolus?

CHŒUR

Oui, tous!

LESTOCQ

Alors, on pei:t parler sans feinte.

On nous a dénoncés, nos projets sont coniiu.v .

TOUS

Ociel!

LESTOCQ

Eh bien! nous sommes tous (ierilu<:.

Je lo .sais, et pour fuir la mort qui nous menace, Quel péril peut alors arrêter notre audace? Je cunii.iis un moyen, désespéré, hardi. Mais qui peut tout sauver

TOUS

Ordonnez, nous voici.

CHCEUR.

'Sur notre obéissance Tu peui compter d'avance; Nous saurons te servir.

Que Ion bras intrépide Nous dirige et nous guide; Il faut vaincre ou mourir!

LESTOCQ, les rassemblant autour de lui. Il ne faut plus soiierr il nous emparer de Munich et de Golofkin, ils sont aveilis, et sans doute sur leurs gardes. Il fuit renoncera nous saisir du prince Ivan, il n'est plus au jialais. TOUS. 0 ciel!

LESTOCQ. Mais sa mèrfl, la régente, Anne do Courlande, y est encore; elle sort du bal et vient de rentrer dans ses appartements qui sont de co côté; voici la porte qui conduit chez elle...

STROLOF. Eh bien?

LESTOCQ. Il fuit y pénétrer; vous la trouverez, ou déjà endormie, ou entourée de ses femmes. A votre seul aspect, elle s'effraiera aisément, et, de gré ou de force, il laut qu'elle signe l'ordre d'arrêter Golofkin, Munich et Oslerman, et qu'elle me charge, moi, d'exécuter cet ordre; le reste me regarde. Je connais le soldat russe et son obéissance passive; je eommander.ii aux troupes mêmes de Golofkin, au nom de la régente, et aux nôtres, au imm d'Élisabelb; mais il faut qu'elle signe. (A Strolof.) Il le faut, lu m'entends?

STiiiuoF. Si elle résiste?

LESTOCQ, souriant. A la vue d'un poignard, c'est im- ]ios5ililc; elle est fc^mme et je la connais.

STROLOF. Et si l'on vient ii sou secours, si les gardes du palais attirés par ses dis...

LESTOCQ, arec insouciance. Alors, comme je vous disais tout à l'heure, cela revient au même; nous sommes perdus etnous ne risquons pas davantage à tenter l'entreprise. {Avec force.) Du reste, si l'on accourt à son aide, ou n'arriverait vous qu'après m'avoir tué; car je rè.ste ici à cette porte, dont je dé;endrai l'entrée. Vous, mes amis, vous m'avez compris.

CHŒUR

. Sur notre obéissance Tu peux compter d'avance, Nous saurons le servir.

Oui, ta voix intrépide ■ Nous dirige et nous guide; U faut vaincre un mourir [Ils entrent tou.i pur la pprle à deu.r battants qui est à droite, et l.eslorq reste debout devant la porte, un pistolet dans chaque main.)

LESTOCQ

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