‹ Pièces de théâtreChapitre 525 sur 575 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

TOIiNON, DLBOIS.

TOINON, arec une serviette devant elle, et remtuinl la pâte des crêpes avec une cuiller. La pâte vient tresbien. [Elle pose le saladier sur la table.)

DUR lis. Eh bien ! arrange cela, car je n'y entends rien; je ne suis pas bien fort.

TOINON, toujours retnuant la pâte. Vous ne savez pas une histoire?

DUBOIS. Quoi donc?

TOINON, o mi-voix. Je viens de l'apprendre à la cuisine. Il y a une grande dame, déguisée, au numei'o i. {Elle montre la porte de la diuhesse.)

Air ; De sommeiller encor, ma chère.

Elle est là, dil-on, en cachette.

DUBOIS

C'est quelque dame de la cour, C'ui viciil sans doute à la guiiigucfte Pour queltiue aventure d'amour.

LE MOULIN DE JAVl-LLE.

TOUfoiT. Silence! {Elh a*appT9eIu à pat de toupa de la forte et frappe t^gèrement^ — Acte 2, scène 8,

TOINON

Ces dames si prandcs, si l)eUcs, Donnent ici leur rcnck-z-vous...

Eh mais!., nous n'allons |ias rhez elles, Pom'quoi viennent-elles chez nous?

DUBOIS. C'est amusant! lit comment sais-tu que c'est une grande dame?

TomoN. Le petit Fritot, l'aide de cuisine, a vu, près du petit bois, une voiture, et puis, autour de la maison, cinq ou six hommes à cheval, enveloppés de larges manteaux.

DUBOIS. Cinq ou six?

TOiNOM. Peut-èlre plus; et comme l'un d'eux est venu respcctueusctaent recevoir ses ordres, il a pense que c'étaient des gens de sa suite.

DUBOIS. C'est juste: mais c'est original, cctle dame qui ne va en partie Une qu'avec un pi<|ui't de cavalerie. Qui dialjlc (j'a pout-il èlre? Si je regardais par le trou (Il la serrure...

TOiNOM. Comment! Monsieur...

DUBOIS. Pendant que tu lais les crêpes. (// va à la

porte du numéro i, et regarde par le trou de la Sfrrwv.) Tais-loi donc, elle est eu face de la porte.

TOINON, (i la table, et remuant la pâte. Les 1 v;iini s sont-ils curieux!

DUBOIS, à part. Que vois-jc ! la duchesse du Maine, déguisée! c'est impayable! et voila une aventure dont je réjouirai le régent et toute la cour.

TOiNON. Kst-ce que vous connaissez la dame?

DUBOIS. Justement, et beaucoup. (.'I Touwu , qui veut aller à lui.) Mais, silcncedonc, (pie je sache a^oc (pii elle est; avec le beau garde du corps Ancenis oi; le prieur de Saint-Martin... Hein!.. (ReijavJanl .) l'orto Carrero, le secrétaire d'ambassade! Ah! madame la .lueliesse, des liaisons secrètes avec rEs|)agiie. [Toinoii traverse le théâtre, et vient auprès de Dubois.] Et niv-i, uni les croyais occupés d'inlrigues galautrs.

TOINON. A mon tour , que je regarde. [Elle regarde par le trou de la serrure.)

DUBOIS. Non, elle n'tst pas curieuse! Eh bien! voistu le monsieur?

TOiNON. l.c monsieur! j'en vois deux.

LE MOULIN DE JAVELLE

DiTOis. Pas popsililo!

TOiNON, s\toiiimii:t de. la /,o)7c. Quel liixc ! on voit liieii (juo c'est uiR' tlii;'li(.'SSi'; c;ir, nous autirs bourgeoises...

rur.ois, qui, pcmitmt ce temps, a regardé aussi. Le duc (lu Mane, le iiiiu'j. «t tous trois réunis en secret et déduises. Danuiation ! c'est ce que je croyais, complot, Ciii.spir.iliiiii; et moi ijyi (loiMiais dans le piège comme un benèl.

TOiNeN; qui est revenue g,u>pfcs de la table. Eh bien! Jlmsieur, qn'avez-vous d/))l'' "■' connue vous voilà ln>ublL\

Durois. Moi, du tout.

TOI^o^, s'approchaiu du Diibois. Si, vraiinent, ytm^ m'avez dit que vous la cpnnaissic?, et c'est peut-ê'rs u;;o anc'cmie à vous?

Dcuois. Quelle Idée!

lOiNON. Et \ous êtes jalous 1

DLUOis, à demi-voix. P.is le moins dji mojifje; mais je voulus seulement savoir...

TOISON. Et moi, je ne le souffrirai pas, gt§) vous approchez seulement de celte porte,,,

uuBOis, à demi-voix. Silence, au (lOffl du cjgl!

ToiNON. Je ferai un tel bruit qii'd fagdl'4 \)W\ qu'tjjlù sorte.

DiiiJis. C'est ce qu'd ne faut pss j t'i je l'en pi'je, jg t'en fnpplie, ma pelite Tctinoi), |ft)sse=jiwi écoutai'.

TOI.^o^. Non, Monsieur, rciam'im à VOS Cfèpes, ^'ml moi seide qui dois savoir...

Dcuois, qui a été junidro sur la Udile le saladi-r OÙ est la pâte, et quipiisfe au aulieu du théâtre, pendant que Toinon reqcirdu à la P'ïïl" ''« numéro 4, Alï! .6) j'osais éclater! m-iis ce serait loijt perdrej gf. dans un moment pareil, être daijs les crêpes! crêpes funèbres que le diable emporte I Eh bien ! Toinon , eh bien !

TOINON, écoutant. Ils par)' lU d'un iiommi' Dubois, un de leurs domrsfKiges, sans doiilti,

lu COIS, s'eff'orçant de rire. Ah ! ah ! IJiibois!

TOISON, lis ont dit : « Un coquin, nii scélérat, un infâme ! »

inaiois, à part. Plus de doute, il s'a.îit de moi; les traîtres!

•lOI^o^^, écoutant, et répétant ce qu'elle entend. « Lui et son maître, nous les tenons. »

LiLiiois. s'approchant toujours, et tenant le saladier. Vraiiiu^iit!

ïoiNON. B lis ne peuvent plus nous échapper. »

iiuii'is. Dieu ! le piquet de cavalerie! je comprends nnmi aatit; pié^gc^, embuscade, ou sait que le régent est ici, la niaisoi) ust cernée... {Oubliant qu'il lient le scdadier, il baisse la main et répand tuule la pdtc.)

T0iN0>î. Eh bien! que laili'S-vous donc? les crêpes que vous reuvcrS' z...

umsois. C'est ma foi vrai. '.1 part.) On .serait retourné à miiiljs, et comnieiil prévenir le prince? couit ment le siuvcr surloul? Ah! Dieu soit loué, le voici,

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