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SCÈNE xin

BABET, LE RÉGKNT.

i!\uF.T. François, ali ! mon ami! je vuus r.vois, je vous retrouve...

i.E luxEM. Babel, qu'avez-vons?

B.MiKT. Sei'onrez-moi ! protégez-moi!

LE iiÉGENT. 1-t contre qui ?

nAiiEï. Contre le régent.

Li: iiÉCENT, « part. 0 ciel !

iiAiiET. Contre son ministre, ipii m'a, dit-on, livrée, vendue ! Oli I non, ce n"e4 pas po.sililc, je suis prés de vous, dans vos Liras, je suis tranquille, je ne erain> rien !

i.E iiÉGtM. Oui, Babel, oui, vous s rez deleudne, protégée parmon amour, nousnenousquilleronsplns.

«AUET. A la bonne lieure! je suis à toi, à loi seul, n'est-ce pas?'ils n'ont pas le droit de nous séparer; viens, parlons, (|uit(ons ce lalais, je ne peux pas y rester, j'y mourrais, allonf-nous-en.

i.E iiÉGE>T. Et si lu savais quels devoirs m'y retiiMuient...

iiAiiET. Renonccs-y, renonce à ta place, nous n'en avons pas besoin pour nous aimer.

LE iiÉcEM'. Oui, lu as raison, et s'il ne tenait (pi'à moi...iuais crois-tu qu'on te laissera q iiiterees lieux? erois-lu ipie eilui (pie tu redoutes pnisic se résoudre à te piTdre?

BAiiEi. Oui, je l'espère, oui, j'en suis sûre ; c'est un nidile prince, c'est un homme d'honneur, et me rcl( nir en ee piluis par la force ou par la ruse serait trop iniligne de lui. (Au réyent, qui se tléynge de .les Itras et [dit r/uc/f/ufs pas.) Eli bien ! tu feluignes de moi ; viens plutôt, ne me quille pas, j'irai me jeter à ses pieds, et quelipie méchant qu'il soit, il ne voudra pas (les pleurs et du déshonneur d'une pauvre lille. Mon bien! Ci'tte honte que je repousse, ii y en a laut (pii l'ambitionnent! et ce serait pour lui un regret, un remords éternel. Il comprendra cela, n'est-il pas vrai'!

LE nÊfiENT. Oui, sans doute, et son cœur le lui reproche d(''jà ; mais si lu savais comme moi à (jnel point il t'aime...

BAiiET. Qui te l'a dit?

LE KKGENT. Je iii: puiseii doulcr. Kl s'il t'offrait toiil ce i|n'il posséd(,' et d'honneurs el de forluni!, s'il le disait qu'il ne veut plus vivre ijne pour loi?..

iiABET, acec délire. Je lui répondrais (pie je l'aime, «pie tu es mon amant, mon mari; que, dans i|iieli|iie rail'.' (pie lu sois placé, je te préb're à tout.

LL iiE(,KM. E^l-il possible!

HAiiET. Mais (pie lui, (|ui veut me tromper et me si;duire, je l'abhorre, je le déteste; et, IdUl |irinee qu'il est, je le...

LE RiiGENT. N'achève pas. Si lu connaissais ses tour-

ments, si tu savais ce qu'il souffre, tu aurais pitié de lui.

BABET. (.U'f dis-tu?

LE RÉGENT. Qu'il u'cst poiiil tel qu'on te l'a représenté, qu'il est sensible et généreux, et loin de vouloir contraindre ta tendresse...

BABET, étonnée. C'est toi qui le difciuU!

LE RÉGENT. Il cst si malheureiix! pardoniie-lni, Babel, pardonne-lui.

BABET. 0 ciel! lu demandes grâce pour lui?

LE RÉGE.NT. Oui, gràce et pitié; mais non pour lui •seul...

BAHET. Qu'e.,l-ce que ça signifie?

LE RÉGENT, Se jetant à ses pieds. Que je suis aussi coupable, el i\w lui et moi ..

BABET, le regardant avecanxiétèet désespoir. Ali ! lai-;tiii .. tais toi, ce n'est pas possible, je ne puis croire, je me tnini|ie, ma raison s'égare, n'est-il pas vrai?..

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