‹ Pièces de théâtreChapitre 57 sur 575 · LES SOLDATS · texte numérisé non relu

LES SOLDATS

Non, non, tu resteras.

[Le bruit redouble en dehors.) Enlendcz-vous mugir Les flots tumultueux de ce peuple en furie? Les portes du palais ont tombé sous leurs coups, Et leurs chants de victoire arrivent jusqu'à nous.

{En ce moment, le peuple se précipite sur le théâtre, mêlé aux soldats. Les fenêtres du fond sont ouvertes. On voit en dehors, à la lueur des torches, une des places principales de Saint-Pétersbourg.)

CHCEUR.

Vive l'impératrice Que proclament nos vœux; Que chacun obéisse A son nom glorieux!

Vive l'impératrice Que proclament nos vœux!

(Paratt Elisabeth, appuyée sur le bras de Lestocq, et entourée de tous les conjurés.)

DIMITRI

Que vois-je! Elisabeth?

LESTOCQ

Que le peuple couronne.

Et qui voit à ses pieds ses ennemis vaincus.

ELISABETH

Grâce pour eux, qu'on leur pardonne.

GrAce pour Golofkin.

{A Strolof.) Courez vite !

STBOLOF, froidement.

Il n'est plus.

DiHiTRi, à part, avec joie.

Ciel! il n'existe plus!

LESTOCQ, à Strolof.

En as-tu l'assurance?

STROLOF, froidement.

Je m'en étais chargé; je l'avais retenu : Un seul jour a payé vingt-cinq ans de vengeance.

ELISABETH

Je vous dois tout, Le.stocq,

(Montrant les autres conjurés.)

Ainsi qu'à leur vaillance.

{Apercevant Dimitri, elle fait un geste d'émotion, et

s'avance vers lui.) Et vous... vous dont le zèle à mon cœur est connu,- Que puis-je faire ici pour votre récompense?

DIMITRI

J'en veux une.

ELISABETH, tendrement.

Parlez.

DIMITRI, hésitant.

C'est... non pas maintenant...

Mais plus tard... de daigner... me protégeant vous-même, Vous employer pour moi près de celle que j'aime , Prés d'Eudoxie...

ELISABETH, chancelant, et s'appuyant sur Lestocq. 0 ciel!

{A Lestocq, avec un regard douloureux.) Vous m'avez trompée!

LESTOCQ

Oui!

Pour voir sur votre front briller le diadème ! (tut montrant les soldats qui hti portent les armes.) Votre règne commence.

ELISABETH, o part, regardant Dimitri, et essuyant une

larme.

Et les chagrins aussi!

CHCEDR.

Vive à jamais, vive l'impéntrice Que sur le trône appelaient tous nos vœux! Houra! houra! que chacun obéisse, Et que tout cède à son nom glorieux ! Vive l'impératrice Que proclament nos vœux!

{Les tambours battent aux champs, les trompettes sonnetxt, les cloches se font entendre, le peuple agite .ses chapeaux, ses mouchoirs, et les soldats leurs drapeaux. — La toile tombe.)

riN DB LESTOCQi

LES TREIZE

LES TREIZE

OPÉRA- COMIQUE EN TROIS ACTES Représenté, pour la première fols, à Paris, sur le théâtre de ropéra-romlqne, le IB avril ISS».

BN SOCliTB ATEC M. PlDl. DOPOAT.

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