NADÈJE, LOUIS, TRIM
r^adigc entre vivement sans voir Louis et passe devant Trim qui entre au même instant à gauclic, d'où ellisort.
NADtJR.
Comment, monsieur Trim ! vous me refusez... Je viens vous gronder... je... {La porte se referme derrière Trim.) Eh bien! où va-t-il donc? LOUIS, descendant la scène.
Mademoiselle l
NADÈJE
Ah 1 monsieur Louis!
LOUIS
Oh! pardon ! celte rencontre que j'eusse payée de ma vie... ce n'est pas moi qui l'ai demandée, qui l'ai préparée...
KADfeJB.
Je vous crois , monsieur ; car si vous eussiez voulu me voir, me parler, c'est chez mon père dont le salon vous était ouvert...
LOUIS
Je ne le pouvais plus, mademoiselle, du mo-
ment que votre main ctaii promise à un autre... que votre cœur n'élait plus libre... il fallait vous fuir il fallait élouff«r de folles espérances...
Air de Spontini.
J'ai refoule' dans mon ame flétrie L'amour que j'avais fait serment De vous taire toute ma vie !
NADÈGE
Que failes-vous en ce moment?
LOUIS
Pour mon honneur et pour le vôtre Dans mon cœur du moins il mourra.
NADÈJE
Ail ! ticndrez-vons ce sermenl-l» Mieui que vous n'avez tenu l'autre?
Eh ! le pourrais-je î aussi je m'étais promis Ac ne pas vous revoir... et j'en veux maintenant à ce pauvre Trim qui a cru assurer mon bonheur... et qui n'a fait que m'exposer à votre colère peutêtre.
NADÈJE, vivement.
Mais non !
LOUIS
Vous ne lui en voulez pas I
NADÈJE , de même.
Au contraire; {se reprenant) c'est-à-dire, je lui pardonne, monsieur Louis... c'est un bon jeune homme, qui vous aime... et qu'il faut aimer et protéger... je vous en prie!...
LOUIS
Oh I maintenant., maintenant plus que jamais!... car enfin , c'est à lui que je dois le seul moment d'espérance qui m'ait été permis... puisque vous nous pardonnez à tous deux après l'aveu de mon amour.
NADÈJE
C'était à mon père de vous entendre, et c'est h lui de vous répondre...
LOUIS
En est-il temps encore, lorsque votre prochain mariage... Ah! Dieu m'est témoin que, si l'on vous eût choisi un époux digne de vous, j'aurais souffert en silence, et du moins l'idée de votre bonheur m'eût consolé... mais vous sacrifier à un fat, à un ambitieux, qui ne pense qu'à votre dot, au crédit de votre père... Oh! vous ne l'aimez pas , vous ne pouvez pas l'aimer.
NADÈJB.
Monsieur!...
LOUIS
Oh I dites-le-moi, mademoiselle, dites-moi que vous êtes malheureuse de cette union, et malgré ses épaulettes, malgré la hiérarchie qui le protège contre moi, je le provoquerai, je vous sauverai... ou j'y perdrai la vie.
TIADfeJE.
Taisez-vous ! taisez-vous I Et si vous m'aimez. ..
LOUIS
Si je vous aime! Eh! le puis-je? En al-je le droit? Pauvre orphelin sans naissance, sans fortune... fils d'un soldat...
LES KNFANS DK TROUPi:.
NADtjK.
Eh! que suis-je donc, moi I
LOUIS
Mademoigelle!
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