SCÈNE XII
Les MÊMES, AMÉDÉE.
AMÉDÉE *. Votre main , mon père ! votre
» Elisa, le Général, M"''' du Morin, Joseph.
maiii:'... ne me repoussez pas..,* car pour être digne de vous... {Apercevant Elim.) Ciel! Elisa! Ah! mon père... je suis encore plus coupable à vos yeux que je ne croyais...
LE GÉNÉRAL , sévèrement. Que venez-vous faire ici , monsieur?...
AMÉDÉE. Je viens vous dire que tout est fini entre moi et ce monde dont vous me reprochez les plaisirs et les folies... je ne serai plus un homme inutile... j'ai un aiTroat à effacer.
M"' DE MORIN. Comment!...
AMÉDÉE. J'ai vu le ministre de la guerre ; à votre nom il m'a accordé ce que je lui demandais... l'honneur de prendre du service... et je vous le jure , mon père. .. si je ne suis pas tué... je reviendrai du moins digne de vous... et d'elle... d'elle que j'aime plus que jamais...
ÉLISA. Et il part!
JOSEPH. Ah! mais dites donc... avant ça,.. M'"^ DE MORIN. Eh I... nous ne permettrons pas, . .
LE GÉNÉRAL. Je permets, moi!... Allez, monsieur , distinguez- vous, je le désire , je l'espère. .. ce que vous faites là est déjà bien. . . vous avez du cœur... de la résolution... je suis content. [Lui tendant son ruban.) Tenez, reprenez cela...
AMÉDÉE , lui baisant la main qu'il luitend. Ah ! merci , général , merci.
Air : J'aime Agnès.
Je le reprends, mais comme un gage.
Pour l'avenir qui commence aujourd'iiuil
Vous m'avez rendu mon courage,
Et vous me reverrez ici.
Digne de vous et digne d'elle aussi.
Par cette croix j'effacerai, j'espère,
L'affront que j'ai pu mériter;
Je veux que vous disiez, mon père,
Il est digne de la porter!
ÉLISA , étouffant de larmes et d'une voix suppliante. Ah! monsieur, vous resterez donc seul...
AMÉDÉE. Elisa!...
LE GÉNÉRAL. Seul!... non... puisque lu . me restes... ma fille.. . mon enfant...
ÉLISA. Ah!... ce n'est pas la même chose. ..
LE GÉNÉRAL, à Amédée avec émotion. Et quand vous aurez un état... un nom à vous. .. quand vous serez digne d'elle. . de la fille d'un brave officier , eh bien ! vous reviendrez , vous me demanderez la main de ma fille. ,. et je verrai si je puis vous l'accorder,..
AMÉDÉE, d'une voix éteinte. Oui, mon père !...
JOSEPH, attendri. Bien... bien... bien!...
ÉLISA, se soutenant à peine. Ah! mon Dieu !...
M"^ DE MORIN. A la bonne heure... mais vous n'irez pas jusque-là...
* Elisa, le général, Amédée, M"* de Morin, Joseph.
LE GÉNÉRAL, SB montant pcu à peu. Et qui m'en empêcherait?...
M"'" DE MORIN. Assez de folie?... quant au mariage. ..
LE GÉNÉRAL. Je le ferai si je veux...
M"" DE MORIN. Vous ne le ferez pas...
LE GÉNÉRAL. Mais si... si... si...
M""" DE MORIN. Mais non... non , non!...
LE GÉNÉRAL. Vous m'en défiez...
M™" DE MORIN. Certainement...
LE GLNÉRAL, hors dc lui, à Amédée. Eh ! bien... tiens... prends-la tout de suite... ne fût-ce que pour la faire enrager...
Il fait passer Amédée auprès d'Elisa.
AMÉDÉE. Mon père... se peut-il?...
ÉLISA. Amédée!... ah! monsieur...
JOSEPH, sautant de joie. Très-bien... trèsbien... très-bien...
M""'^ DE MORIN. L'accès va loin, général!...
LE GÉNÉRAL. Vous marierez votre baron comme vous voudrez... je marie mon fils comme je l'entends !... [A Elisa et à Amédée qui lui pressent les mains.) Merci!...
merci... il faut être homme d'honneur avant tout!...
JOSEPH, s'essuyant les yeux. Brave général, val \ivela vieille garde! et ma pauvre
M.^.GASIN THÉÂTRAL.
grand'mère... ah! que je suis content? [Il fond en larmes. ) J'ai envie de rire et je ne peux pas...
LE GÉNÉRAL. Eh bien ! toi qui danses làbas. . . drôle que tu es.. . c'est pourtant toi qui as fait tout cela... qu'est-ce que tu veux être?
JOSEPH. Moi, mon général... je veux continuer mon état, faire mon chemin , comme mon patron... qui est riche... décoré... député, marié... enfin, tout!... ça viendra... dam !... faut le temps...
Musique jusqu'à la fin.
LE GÉNÉRAL. A la bonne heure... mais pendant que je suis en train, je veux faire quel([ue chose pour toi... Qu'est-ce que tu voudrais?... voyons ..
JOSEPH. Je voudrais quelque chose qui me ferait bien du plaisir ; mais vous ne voudrez peut-être pas ?
LE GÉNÉRAL. Voyons , qu'est-ce quc c'cst? parle...
JOSEPH. Tenez, mon général, je voudrais vous embrasser...
LEGÉNÉRAL, luitendautlesbras. Eh! viens, mon garçon.
Joseph s'y précipite. Le rideau tombe.
FIN
Note essentielle aux directeurs de f foDî'ftj'*.
.To»p].Ii dpvnnt f.iraîlrc trcs-joiinf, ce rôle peut, au besoin, ôlre distribué à l'acfeur qui jouo Icî jfiirics prcmirrs, on même a l'emploi des Déjazet,
inipriiucrie de M»' V» Dondet-Uui'Rx, ruo SaiuULouis, 40, au r.'nraii.